dimanche 19 avril 2026
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Me Nadia El Bouroumi sanctionnée ?

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L’avocate avignonnaise de deux des accusés du procès des viols de Mazan, Me Nadia El Bouroumi, qui a suscité une polémique après avoir multiplié les déclarations sur les réseaux sociaux, risque 18 mois de suspension, selon La Provence. Elle est passée devant le conseil régional de discipline des avocats de la cour d’appel de Nîmes le 19 février 2025, notamment pour avoir publié sur les réseaux sociaux des photos de salles d’audience entre 2021 et 2023, donc avant le procès des viols de Mazan, qui s’est déroulé du 2 septembre 2024 au 19 décembre 2024. D’après Le Figaro, c’est le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Avignon qui a sollicité des sanctions contre cette avocate, qui affiche près de 53 000 abonnés sur Instagram. Les avocats de Me El Bouroumi, Me Olivier Morice et Me Khadija Aoudia, ont mis en avant la liberté d’expression, tout en indiquant au Figaro que « les captations d’images n’ont pas été démontrées », et que, faute de preuves, le bâtonnier aurait abandonné les poursuites. La décision devrait être rendue le 23 avril 2025.

En parallèle, le conseil national des barreaux (CNB) s’est aussi ému que Me El Bouroumi ait créé des sociétés de coaching et de conseil juridique susceptibles de poser des problèmes de déontologie. « Sur ce point, le tribunal de commerce de Montpellier a donné gain de cause à Nadia El Bouroumi, a indiqué Me Morice au Figaro. C’est pour cela que nous sommes extrêmement sereins sur l’issue de cette procédure disciplinaire. » Cette question de la place des avocats sur les réseaux sociaux a été abordée dans Monaco Hebdo n° 1366. Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Monaco, Me Bernard Bensa, estime pour sa part qu’un « avocat ne peut pas être un influenceur ».

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Concernant Me Nadia El Bouroumi, Me Bensa a relevé qu’elle « s’est effectivement beaucoup exprimée pendant le procès Pelicot. Ce qui sous-tend tout cela, c’est de se faire de la publicité. L’objectif, c’est de se mettre en avant. Mais il faut savoir que ça n’est pas nécessairement recherché par les clients ». Me Bernard Bensa n’a pas écarté la possibilité de publier à Monaco un guide qui rappelle les grands principes de la profession en principauté, notamment vis-à-vis des réseaux sociaux et d’Internet. R.B.

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