dimanche 25 septembre 2022
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Sylvie Petit-Leclair, procureur général de Monaco : « La justice
est sans cesse critiquée »

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Nommée depuis un an à la fonction procureur général de Monaco, Sylvie Petit-Leclair, dresse un premier bilan pour Monaco Hebdo.

Votre bilan, un an après votre prise de fonction ?

L’année a été dense. J’ai eu beaucoup de travail. D’avantage encore, parce que Hervé Poinot, procureur adjoint, est parti au mois d’avril 2019. Et depuis tout ce temps, nous ne sommes que quatre au parquet général. Nous avons plusieurs casquettes au parquet de Monaco. D’autre part, nous avions énormément de dossiers devant la chambre du conseil de la cour d’appel. Il y avait aussi des dossiers sensibles qui méritent beaucoup d’attention, encore plus peut-être que d’autres dossiers.

Quelles sont vos ambitions pour ces prochains mois ?

J’ai accompli beaucoup de tâches juridictionnelles qui m’ont interdit de faire un vrai travail de procureur général. Dans mes projets — et je l’ai annoncé dans mon discours — c’est d’abord la signature d’une convention avec l’hôpital. Peut-être aussi mettre l’accent sur la maitrise des frais de justice, parce que ça coûte extrêmement cher à la principauté, mais comme cela coûte cher à tous les États si l’on veut faire un travail de qualité. Enfin, ma dernière priorité sera sur le casier judiciaire, dont le fonctionnement doit être remis à la page.

Dans votre discours, vous avez évoqué le désamour des citoyens envers la justice : comment leur redonner confiance en l’institution judiciaire monégasque ?

Cela fait maintenant 40 ans que je suis magistrat. Et aujourd’hui, les critiques sont plus visibles. On les entend davantage, notamment par le biais des réseaux sociaux. La justice est sans cesse critiquée. Même dans des petits litiges personnels, il y a toujours un perdant et un gagnant. Fatalement, on n’est pas content. Vous êtes victimes, et là, bien évidemment, la justice ne sera pas assez sévère avec votre agresseur, ou, au contraire, vous êtes le prévenu, et vous trouvez qu’elle est trop sévère. C’est donc un exercice très compliqué, et je pense qu’il faut aussi faire abstraction de cela. Car on ne fait pas que des heureux, et on n’est pas toujours choyé par les citoyens.

Sur l’année écoulée, on constate une baisse du nombre d’affaires pénales : à quoi cela est-il dû ?

Déjà grâce à la police. Un gros effort est effectué dans les rues de la principauté concernant l’ordre public. Et ensuite des présentations à la justice plus nombreuses qui font, de fait, baisser les réitérations. Les gens sont peut-être d’avantage craintifs.

Un mot sur cette rentrée solennelle des tribunaux monégasques ?

C’est toujours un temps fort de la vie judiciaire. Tout comme en France. La rentrée judiciaire est importante parce qu’on fait le bilan de l’année précédente, et on essaie de donner des perspectives pour l’année suivante. Bien évidemment, ici, cela a pris un relief particulier, dans la mesure où un nouveau directeur des services judiciaires va arriver à la fin de ce mois.

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