Dans une lettre ouverte adressée au prince Albert II publiée le 11 avril 2025, l’ex-directrice des services judiciaires de Monaco, Sylvie Petit-Leclair, fait acte de candidature pour le poste de ministre d’Etat. « Même si la fin de ma mandature m’a laissé un goût amer du fait des agissements répréhensibles de vos conseillers, je garde un excellent souvenir de nos relations personnelles et professionnelles », écrit-elle. Elle a été licenciée le 16 septembre 2024, alors que son contrat se terminait le 31 mai 2025, ce qu’elle conteste devant la justice.
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S’appuyant sur des rumeurs faisant état de l’intérêt supposé du palais princier pour la piste qui mène à la sénatrice du Parti socialiste (PS) Hélène Conway-Mouret pour ce poste, elle ajoute : « Croyant savoir que vous souhaiteriez pouvoir nommer une femme d’expérience connaissant bien la principauté et ses arcanes, je pense qu’à l’évidence mon profil remplit cette précondition. »
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C’est ensuite sur le contexte international que s’appuie Sylvie Petit-Leclair pour motiver sa candidature surprise : « Alors que Monaco traverse une phase très difficile, avec la mise en liste grise, la corruption endémique dans l’immobilier et les affaires monégasques, je crois avoir la capacité et la volonté de pouvoir travailler efficacement à vos côtés pour mener à bien une politique active de changement, revitaliser l’Etat de droit, renforcer l’indépendance et l’impartialité de la justice qui semble avoir été malmenée ces derniers temps, et lutter contre cette corruption qui gangrène le pays […]. Cette approche est essentielle pour rétablir la réputation et l’attractivité de Monaco. Cela correspond à la vision inspirante que vous aviez exprimée lors de votre avènement, quand vous vouliez que Monaco devienne « une puissance de l’éthique » ». Se disant « adepte du dialogue et de la fermeté », Sylvie Petit-Leclair livre quelques-uns de ses objectifs : « Conduire le changement, développer des partenariats vertueux avec des collectivités locales en France et en Italie ainsi qu’avec d’autres pays, resserrer les liens avec l’Union européenne (UE) et le Conseil de l’Europe, nourrir une collaboration fructueuse avec le Conseil national, débloquer les grands projets en souffrance, et amplifier les politiques environnementales, culturelles et sportives. » Indiquant qu’elle allait « informer le président de la République française » de sa démarche, Sylvie Petit-Leclair termine cette lettre ouverte en assurant que sa candidature « n’est motivée que par la volonté de servir et de mener les changements indispensables ».



