mardi 28 avril 2026
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Visite d’Etat d’Emmanuel Macron : l’union sacrée autour des océans

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À l’aune de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3) le président Emmanuel Macron et le prince Albert II ont réaffirmé leur volonté de faire de la préservation des océans une priorité internationale. Coopération scientifique, financement de l’économie bleue, gouvernance en haute mer et moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds : les deux États maritimes appellent à une mobilisation accrue, face à l’urgence climatique et écologique.

Il fallait que ça soit historique. Il fallait marquer les esprits pour enclencher des engagements concrets. Déclarer, une énième fois, que les océans sont en danger, risquait malheureusement de ne provoquer qu’une vaguelette médiatique, vite dissipée par d’autres actualités. Pour mobiliser les investisseurs, et aussi « monsieur tout le monde » avec son épargne privée, Monaco a fait les chances en conséquence en mêlant du concret, un peu d’émotion, et un peu de grandeur, avec le Blue Economy and Finance Forum (BEFF), organisé les 7 et 8 juin 2025, mis en avant par la visite d’État officielle du président français, Emmanuel Macron. Une première depuis janvier 1984 et François Mitterrand (1916-1996). D’autres chefs d’États étaient de la partie : le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, alias « Lula », mais aussi le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves Robles, et le prince de Galles, le prince William, lui aussi acteur engagé dans la protection des océans. Car il faut de lourds moyens, financiers, pour préserver les océans : 175 milliards par an [153 milliards d’euros — NDLR] seraient en effet nécessaires pour atteindre l’objectif de développement durable de l’océan d’ici à 2030, selon un rapport du Forum économique mondial de 2022. Une première étape a été franchie à l’occasion de cet événement.

Monaco demande une pause dans l’exploitation des grands fonds marins, tant que les impacts environnementaux ne sont pas rigoureusement documentés et appellent à promouvoir des modèles fondés sur l’économie circulaire, en dialogue avec les acteurs industriels. De son côté, la France milite depuis 2022 pour une interdiction de l’exploitation des fonds marins. © Photo Frederic Nebinger / Direction de la Communication

Il faut de lourds moyens, financiers, pour préserver les océans : 175 milliards par an [153 milliards d’euros — NDLR] seraient en effet nécessaires pour atteindre l’objectif de développement durable de l’océan d’ici à 2030, selon un rapport du Forum économique mondial de 2022

Un engagement à plus de 5 milliards par an

Réunis à Monaco les 7 et 8 juin 2025, Emmanuel Macron et le prince Albert II ont solennellement réaffirmé leur engagement à œuvrer de concert pour la protection de l’océan, qu’ils considèrent comme un « régulateur essentiel du climat » et un « réservoir inestimable de biodiversité ». Les deux chefs d’État ont rappelé la responsabilité particulière qui incombe à des nations maritimes, comme la France et Monaco, dans la mobilisation internationale en faveur des écosystèmes marins. À l’occasion de ce BEFF, coorganisé par l’Institut océanographique et la fondation prince Albert II, avec le soutien du gouvernement princier et du comité français de l’UNOC3, les banques publiques de développement réunies dans le réseau Finance in Common, ont adopté une déclaration commune visant à renforcer la finance bleue. Cette déclaration porte sur un engagement de plus de 5 milliards de dollars d’investissements annuels. Objectif : structurer un financement durable de l’économie bleue.

© Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

Un appui clair a aussi été exprimé en faveur de la création du panel international International Panel for Ocean Sustainability (IPOS), destiné à améliorer l’interface entre science, société civile et décideurs politiques

Ratification de l’Accord BBNJ : leadership européen revendiqué

Ce n’est pas tout. La France et Monaco soutiennent l’adoption d’un « Plan d’action de Nice pour l’Océan », un des textes phares de l’UNOC3. Celui-ci entend lutter contre la pollution marine, l’acidification des océans, la pêche illicite, et renforcer la restauration des écosystèmes marins et côtiers. Les deux pays rappellent également leur engagement à mettre en œuvre les décisions de la COP28, notamment la sortie progressive des énergies fossiles et le développement des énergies marines renouvelables. Monaco et la France entendent, par là, accélérer l’entrée en vigueur du Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ), c’est-à-dire l’accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les eaux internationales. Pour rappel, Monaco a été le premier État européen à le ratifier, en mai 2024. La France a suivi en février 2025. Tous deux militent pour une mise en œuvre inclusive de cet accord, intégrant scientifiques, communautés locales et peuples autochtones, avec un soutien financier accru aux pays en développement. Soucieux des risques liés à l’exploitation minière des grands fonds, Paris et Monaco plaident ainsi pour une approche de « précaution stricte ». Monaco demande une pause dans l’exploitation, tant que les impacts environnementaux ne sont pas rigoureusement documentés et appellent à promouvoir des modèles fondés sur l’économie circulaire, en dialogue avec les acteurs industriels. De son côté, la France milite depuis 2022 pour une interdiction de l’exploitation des fonds marins.

© Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

Objectif 30 % d’aires marines protégées d’ici 2030

Dans le sillage du cadre mondial de biodiversité adopté en 2022, les deux pays ont réitéré leur volonté de protéger 30 % des océans d’ici à 2030. Ils ont appuyé le MedFund, un fonds méditerranéen de soutien aux aires marines protégées, tout en saluant la désignation du sanctuaire Pelagos comme zone maritime « particulièrement vulnérable » en Méditerranée nord-occidentale. Dans ce cadre, Monaco et la France multiplient les initiatives pour renforcer la recherche océanographique. Le programme tripartite Ramoge, avec la France, l’Italie, et Monaco, continue d’appuyer les efforts sur la gestion intégrée des zones côtières et la prévention de la pollution. Un appui clair a aussi été exprimé en faveur de la création du panel international International Panel for Ocean Sustainability (IPOS), destiné à améliorer l’interface entre science, société civile et décideurs politiques.

© Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

Les deux pays ont soutenu la création d’une « décennie de la cryosphère », annoncée à l’UNOC3. Objectif : alerter sur les effets du réchauffement dans les régions polaires

© Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

Lutte contre la pollution plastique et transport maritime propre

Les deux pays ont aussi défendu un traité contraignant contre la pollution plastique qui couvre tout le cycle de vie des polymères, ainsi qu’un mécanisme de financement pour soutenir les pays les plus touchés. Ils ont appelé à l’adoption de mesures « fortes » lors de la COP de la Convention de Barcelone, prévue en décembre 2025, tout en saluant les progrès des croisiéristes en Méditerranée via la charte « croisière durable ». La France et Monaco ont rappelé l’importance de la coopération scientifique sur les pôles. La France a souligné la position de la principauté contre l’usage du fioul lourd en Arctique. Enfin, les deux pays ont soutenu la création d’une « décennie de la cryosphère », annoncée à l’UNOC3. Objectif : alerter sur les effets du réchauffement dans les régions polaires.

© Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

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