Réunis début février à Monaco pendant trois jours, les délégations de vingt-cinq pays du bassin méditerranéen ont débattu de sujets sensibles : changements climatiques, flux migratoires, lutte contre le terrorisme…
Pour une instance de diplomatie parlementaire, le discours d’inauguration de la neuvième session de l’Assemblée pour la Méditerranée (APM) frôlait l’incident… diplomatique. Son ancien président, l’Italien Francesco Amuroso, a émis de vives critiques contre la France. Cette dernière aurait refusé de délivrer des visas aux membres de la délégation syrienne, qui n’ont donc pas pu entrer sur le territoire. Ces derniers faisaient l’objet de sanctions en France. En passant par la Suisse, deux d’entre eux ont tout de même réussi à être présents et à participer aux débats.
« Houleux »
Les débats, au sein de l’hôtel Hermitage, ont été « vifs et houleux », de l’aveu du nouveau président marocain de l’APM, élu à l’unanimité et pour deux ans, Mohamed Cheikh Biadillah — président de la Chambre des conseillers au Maroc. Première cause de dissensions, le conflit israélo-palestinien. Les délégations palestiniennes et jordaniennes ont demandé l’exclusion de la délégation israélienne, accusée de massacres dans la bande de Gaza. Hors de question. « C’est un espace de discussion, maintient le président de l’APM. C’est notre grande force : que tous les pays soient représentés autour de la table. »
« Homogénéisation »
Des ambassadeurs et législateurs de vingt-cinq états du pourtour méditerranéen discutent de « thèmes délicats lors de séances de travail », explique le secrétaire général, l’ambassadeur italien Sergio Piazzi. À l’issue de ces trois jours d’échanges, les membres ont dû s’accorder sur une stratégie politique globale à mener, qui a donné lieu à une série de recommandations. Il s’agit-là d’un des objectifs de l’APM : « Tendre vers une homogénéisation des lois des différents pays membres afin d’être plus efficaces », souligne Mohamed Cheikh Biadillah.
« Dialogue »
Si elles ont parfois été vives, les discussions ont été abordées « dans une ambiance de responsabilité et de franchise. Il faut aplanir les problèmes », estime Mohamed Cheikh Biadillah. Objectif : « Encourager le développement entre le Nord et le Sud et faciliter les processus de paix ».
« Vous avez le courage de toujours envisager le dialogue », confirme le président du Horizon Monaco (HM) du Conseil national et hôte de la session, Laurent Nouvion. Et même si les dialogues « peuvent être musclés, il est important d’avoir un forum de discussion », confirme Jean-Charles Allavena, président de la commission des affaires extérieures du Conseil national et élu HM.
Terrorisme
Après les attentats terroristes qui ont touché Paris et le siège du journal satirique Charlie Hebdo (voir Monaco Hebdo n° 908 et 909), impossible de ne pas évoquer la lutte contre le terrorisme. « Nous avons passé en revue le catalogue des nouvelles menaces, des nouveaux défis », confirme le président de l’APM. Des menaces terroristes en Occident, mais qui sont parfois des guerres sur d’autres rives de la Méditerranées. Nathalie Amoratti-Blanc, élue HM et présidente de la délégation monégasque pour l’APM, a fait de la protection des populations civiles en zone dangereuse sa priorité. « Des femmes et des enfants malmenés dans des conflits criminels », note Mohamed Cheikh Biadillah.
Écologie
Hormis les problèmes de conflits et de terrorisme, ou encore de gestion des flux migratoires, l’écologie a aussi été au cœur des débats. Réfléchir sur la « transition énergétique », indique le président de l’APM, en évoquant « les problèmes de la hausse de production de CO2, des déchets ou de l’eau. » Lors de l’inauguration, le prince Albert II a rappelé la mission environnementale de l’Assemblée, qui se doit de répondre aux enjeux du changement climatique, de la préservation des milieux marins et de leur biodiversité.
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@AymericBregoin



