L’été 2024 restera dans les livres d’histoire politique de la principauté. Dans un temps court, on n’avait jamais vu intervenir un aussi grand nombre de nominations dans les plus hautes fonctions de l’Etat monégasque. Les postes de ministre d’Etat, de secrétaire d’Etat à la justice, de conseiller-ministre pour l’intérieur, de directeur de la sûreté publique et même de directeur de l’éducation nationale ont accueillis de nouveaux arrivants. Au total, ces cinq postes ont été attribués à quatre Français et à un Monégasque. Avec l’aval de la France, le prince Albert II a redistribué les rôles en principauté. Sur le fond, ce sont des profils similaires qui ont été choisis. Tous présentent en effet une grosse expérience. A commencer par le nouveau ministre d’Etat, Didier Guillaume. Cet élu rural, familier du monde agricole, a débuté sa carrière dans la Drôme, où il est né le 11 mai 1959, du côté de Bourg-de-Péage. Il a ensuite pris la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, avant d’être nommé ministre de l’agriculture sous le gouvernement d’Edouard Philippe, de 2018 à 2020. Pendant cette période, il a notamment dû gérer des relations pas toujours au beau fixe avec la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), ou encore le suivi de la loi agriculture et alimentation (EGalim), un texte voté début octobre 2018, juste avant sa nomination, qui portait sur l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et sur une alimentation saine et durable. Après un passage du côté du comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), Didier Guillaume est arrivé à Monaco le 2 septembre 2024. Après avoir prêté serment au palais princier, il s’est vu remettre par le prince Albert II sa feuille de route, qui porte essentiellement sur les points suivants : « Poursuivre la transition énergétique et mettre en œuvre une « renaturation » de la ville, repenser l’urbanisme et la mobilité, adapter les politiques publiques de sécurité aux défis à venir, conforter la position de Monaco à l’international sur les sujets majeurs, et adapter la politique économique et budgétaire aux enjeux à venir en matière de finances publiques. » Pour la sécurité, Didier Guillaume pourra s’appuyer sur le nouveau conseiller-ministre pour l’intérieur, l’ancien préfet Lionel Beffre, mais aussi sur le nouveau patron de la sûreté publique, Eric Arella. Le poste de secrétaire d’Etat à la justice sera occupé à partir du 16 septembre 2024 par Samuel Vuelta Simon, et la direction de l’éducation nationale a été confiée au Monégasque Jean-Philippe Vinci. A l’international, il s’agira de convaincre le Conseil de l’Europe, et notamment Moneyval et le groupe d’Etats contre la corruption (Greco), concernant la lutte contre le blanchiment de capitaux et la corruption. Quant aux finances de l’Etat monégasque, elles passeront, en premier lieu, par le vote des budgets devant le Conseil national. Or, en juin 2024, les élus ont voté contre le premier examen du budget rectificatif de printemps. Sur bien des sujets, ce nouveau casting a devant lui une tâche immense.
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