
Plusieurs chercheurs européens réclament une taxe de 10 % sur les cabines solaires en Europe pour limiter une consommation d’U.V. artificiels qui serait à l’orgine de plusieurs formes des cancers de la peau.
C’est l’un des classiques de l’arrière saison estivale?: quelques séances de cabines de bronzage pour prolonger le teint hâlé de l’été. L’année prochaine, il faudra pourtant peut-être débourser plus cher pour son petit vice à U.V. Le bronzage artificiel pourrait en effet bien devenir le deuxième secteur d’activité soumis à une « taxe santé », après les boissons sucrées. C’est en tout cas la proposition que viennent de lancer plusieurs scientifiques anglo-saxons dans le très renommé British Medical Journal. A l’appui de leur appel?: une nouvelle étude scientifique qui révèle de nouveaux risques sévères liés à la pratique régulière du bronzage artificiel.
Risques de cancers
Classés comme cancérigène par l’OMS depuis 2009, les U.V. artificiels sont déjà connus pour être à l’origine de 5,4 % des cas de mélanones en Europe. L’étude qui vient d’être publiée, conduite avec les universités de Cambridge et Harvard, montre que le risque existe également pour les formes de cancer de la peau moins graves — carcinome basocellulaire et carcinome épidermoïde. Les chercheurs ont passé en revue une douzaine d’études sur plus de 80?000 sujets. Conclusions?? Les adeptes réguliers des cabines de bronzage ont 67 % de risques en plus de développer un carcinome épidermoïde et 29 % de risques en plus de contracter un carcinome basocellulaire. Plus inquiétant?: cette apparition de formes bénignes monte en flèche chez les accros des bans à U.V. débutant leurs pratiques avant 25 ans.
Recettes pour l’Etat à la clé
Fort de ce constat, un groupe de scientifiques internationaux de renom, mené par le docteur Simon Nicholas Williams de la Northwestern University of Chicago, vient d’appeler les pouvoirs publics en Europe à instaurer une taxe de 10 % sur l’ensemble des salons de bronzage et ventes de bans à U.V.. Les experts arguent qu’une telle imposition permettrait non seulement de limiter la fréquentation des salons mais ferait également financer en partie la prise en charge des cancers cutanés — estimée à plus d’un milliard d’euros par an — par les utilisateurs qui s’exposent volontairement. Rien qu’en Grande-Bretagne, une telle mesure pourrait rapporter 113 millions de livres sterling sur dix ans.
Interdit au Brésil
Aux USA, cet impôt U.V. — baptisé « tan tax » — existe depuis près de deux ans déjà. Instauré par l’administration Obama, il est promu comme l’une des sources de financement de la nouvelle couverture santé américaine. Les industriels du secteur, forts d’une clientèle de près d’un million d’adeptes quotidiens outre-Atlantique, n’ont pas manqué de monter au front, réclamant notamment que les industriels du tourisme et des croisières soient également taxés dans la mesure où ils font en toutes saisons la promotion d’une exposition au soleil. En vain… Plusieurs sociétés savantes de dermatologues aux USA réclament même désormais l’interdiction pure et simple de l’activité de bronzage artificiel — comme c’est déjà le cas au Brésil.
Internautes favorables
En France, qui fut l’un des pionniers de l’interdiction des salons aux mineurs en 2003 (mesure reprise depuis dans sept pays de l’Union européenne), une telle imposition pourrait recevoir un écho favorable de l’Etat en temps de crise… Et du côté de l’opinion?? Il y a deux ans, l’association Sécurité Solaire, centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait conduit un sondage en ligne sur le principe d’une telle taxation. 500 internautes avaient répondu et… plus de 80 % y étaient favorables. Un signe, même si l’enquête ne relevait pas d’une enquête d’opinion sur panel représentatif. « Beaucoup disaient qu’ils ne comprenaient pas pourquoi le tabac était taxé au titre de sa dangerosité et pas les UV artificiels », explique Pierre Césarini, directeur de Sécurité Solaire. Jusqu’à quand??



