Bâtiments roses, sensibilisations, dépistages… Le mois d’octobre en principauté est intimement lié à la lutte contre le cancer du sein. Cette année, l’association Pink Ribbon Monaco organise plusieurs des principales actions monégasques. Monaco Hebdo a rencontré la fondatrice de cette association qui lutte depuis 15 ans pour faire connaître les bons gestes face à la maladie.
Depuis le début du mois d’octobre 2025, le casino est coloré en rose, aux couleurs de la lutte contre le cancer du sein. Bientôt, ce seront au total 22 bâtiments de la principauté qui vont être concernés par ce programme de sensibilisation. Lancée il y a 15 ans par Natasha Frost-Savio, la fondatrice de l’association Pink Ribbon Monaco, cette action fait désormais partie du paysage automnale monégasque.
« La prévention, c’est le cœur de notre lutte »
Mais pourquoi est-ce encore nécessaire ? La fondatrice nous l’explique : « Il faut répéter sans cesse que la prévention est cruciale, c’est même le cœur de notre lutte. Un cancer repéré tôt a plus de chances d’être bien traité. » Pourtant, selon elle, les mentalités ont changé depuis 15 ans et les efforts sont faits de la part de la population : « Je me souviens, quand j’ai créé l’association, les mentalités n’étaient pas les mêmes. On parlait beaucoup moins d’autopalpation et de gestes préventifs. Il fallait expliquer comment faire, et pourquoi le faire. » Ces gestes, communs de nos jours, ont sauvé des vies grâce « à un élan de communication sur le sujet, estime Natasha Frost-Savio. J’essaye de faire comprendre aux gens que l’autopalpation est bénéfique pour tous, notamment parce que quand une personne a un cancer, ça impacte son entourage et sa famille donc nous sommes tous concernés. » Où en est Monaco aujourd’hui, face à ce cancer qui a touché 61 214 personnes en France en 2023 selon les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa) ? « Les mentalités évoluent, lentement mais sûrement. On le remarque, les femmes osent aller se faire dépister, cela devient presque automatique. Mais on peut encore aller plus loin », juge Natasha Frost-Savio, qui préconise « une normalisation » de ces contrôles. Pour elle, il faudrait que les gynécologues, à l’occasion des contrôles de suivi, exécutent également automatiquement une mammographie : « Je veux que ce contrôle devienne commun, comme le frottis. »
« Il faut répéter sans cesse que la prévention est cruciale, c’est même le cœur de notre lutte. Un cancer repéré tôt a plus de chances d’être bien traité »
Natasha Frost-Savio. Fondatrice de l’association Pink Ribbon Monaco

Première cause de cancer féminin en France
Le cancer du sein est le premier cancer féminin chez la femme en France, devant le cancer du côlon-rectum et le cancer du poumon. C’est le cancer qui a provoqué le plus de décès chez la femme, avec un taux de 14 % de décès par cancer en 2018. Aucun chiffre n’est cependant disponible pour Monaco. Seul un communiqué de presse datant de 2022 explique que « le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Il représente plus du tiers de l’ensemble des nouveaux cas de cancer chez la femme ». Si le nombre de cancers du sein n’a pas été rendu en principauté, la prise de conscience semble, elle, bien avoir eu lieu, selon la fondatrice de Pink Ribbon Monaco : « J’ai une amie qui a eu ce cancer. Elle avait entendu parler de l’autopalpation, et elle a pu repérer la boule dans sa poitrine, ce qui a permis de prendre en charge son cancer à temps. » Selon Natasha Frost-Savio, l’autre chose qui a évolué ces dernières années, c’est également la prise en charge des cancers qui sont mieux soignés : « Avec Pink Ribbon, on essaye de ne plus stigmatiser le cancer. On veut rassurer les personnes sur le taux de cancer bien pris en charge. Oui, le cancer ça se soigne, ce n’est pas définitif. »
L’INCa explique que « la survie nette à cinq ans standardisée sur l’âge s’améliore au cours du temps. Elle est passée de 80 % pour les femmes diagnostiquées entre 1989 et 1993, à 88 % pour celles diagnostiquées entre 2010 et 2015. Le taux de mortalité diminue d’année en année »
Un gala organisé le 11 octobre
Cette amélioration est également pointée du doigt par l’INCa qui explique que « la survie nette à cinq ans standardisée sur l’âge s’améliore au cours du temps. Elle est passée de 80 % pour les femmes diagnostiquées entre 1989 et 1993, à 88 % pour celles diagnostiquées entre 2010 et 2015. Le taux de mortalité diminue d’année en année ». Dans le même temps, l’institut affirme que ce sont désormais 60 % des cancers du sein qui sont diagnostiqués à un stade précoce. « Il reste du travail à faire et c’est pour cela que Pink Ribbon existe », soutient la fondatrice de cette association. Cette année encore, le gala de l’association aura lieu pendant ce mois d’octobre rose, le samedi 11 octobre 2025. Seulement 120 places étaient en vente et toutes ont été vendues rapidement. « On préfère faire un événement en petit comité, pour que les gens se sentent à l’aise », explique Natasha Frost-Savio. Pour faire monter les dons, l’association organise une vente aux enchères, avec à la clé des lots de prestige, comme une expérience VIP au Grand Prix de Monaco 2026, un maillot dédicacé de Paul Pogba, un casque de Formule 1 (F1) signé par Valtteri Bottas, et des œuvres d’art et des créations design signées Olivia Cognet et Carlo Bruton. L’ensemble des fonds récoltés lors de la vente aux enchères et de la tombola sera remis aux unités de recherche des cancers du sein du centre hospitalier princesse Grace (CHPG) : « En étant donnés à la recherche, ces fonds servent au-delà des frontières de Monaco, car les résultats seront bénéfiques à l’ensemble de l’humanité », se satisfait Natasha Frost-Savio.



