mercredi 29 avril 2026
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Proxénétisme : une condamnation en appel pour le Sass’ Café et ses patrons

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Après cinq années de batailles juridiques, les dirigeants du Sass’ Café ont été reconnus coupables pour des faits de proxénétisme. La décision a été prise par la cour d’appel de Monaco, le lundi 5 mai 2025. Il faut remonter en 2020 pour voir les premières démarches judiciaires lancées à l’encontre de cet établissement de nuit réputé de la principauté. A l’époque, plusieurs témoins anonymes dénoncent une organisation proxénète à Monaco, sans lien direct avec le Sass’ Café. Mais rapidement, un lien est établi par les équipes d’enquêteurs. Plusieurs prostituées avaient alors dénoncé un système organisé, rapportant de l’argent à l’établissement de nuit, avec notamment des plannings pour les travailleuses du sexe. Suite à l’enquête, un premier procès s’est conclu par la relaxe le 14 mai 2024, du gérant Samy T. et de son directeur de l’époque, Pascal C. Mais la cour d’appel de Monaco vient de condamner Samy T. et Pascal C. à un an de prison avec sursis pour proxénétisme. L’établissement a été également condamné à 18 000 euros d’amende. Pour l’accusation, l’organisation au sein de l’établissement de la prostitution était « un choix économique », rapporte Monaco-Matin : « La prostitution était gérée et encadrée via un logiciel, avec la lettre « T » pour « travailleuses », des quotas et des droits d’entrée. »

Me Antoine Vey, le défenseur de Samuel T., a indiqué à Monaco-Matin : « Tout le monde va être en droit de se demander pourquoi Samuel T. et le Sass’ ont-ils été poursuivis et pas les autres, alors même que la tolérance est institutionnalisée à Monaco, puisque la loi n’interdit pas la prostitution ? L’Etat de Monaco va-t-il maintenant se poursuivre et se condamner lui-même ? Cela n’a aucun sens et il est injuste que le Sass’ serve de victime expiatoire. Nous allons donc exercer tous les recours, à la fois contre cette décision, bien sûr, mais surtout contre ce système injuste et absurde. » Dans ce dossier, trois anciens employés ont aussi été condamnés, l’un à 3 000 euros d’amende et à 18 mois avec sursis pour avoir transporté des travailleuses du sexe au domicile d’un VIP du Sass’. Un autre à été condamné à 12 mois avec sursis et 2 000 euros d’amende pour avoir reçu des pourboires liés à la prostitution, et une dernière prévenue a été condamnée à 4 mois d’emprisonnement avec sursis et 1 000 euros d’amende pour avoir reçu de l’argent de la part d’escortes. Dans le même dossier, une femme d’affaire russe dans l’immobilier, sans liens avec le Sass’ Café, a été condamnée à 8 mois de prison ferme et 100 000 euros d’amende pour avoir loué sans bail et en espèces, plusieurs de ses logements à des prostituées. Elle a toujours assuré qu’elle ne connaissait pas le statut de ces femmes.

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