Dans un rapport publié le 12 septembre 2024, le groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Grevio) appelle le gouvernement monégasque à « adopter une stratégie à long terme pour prévenir et combattre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, à renforcer le soutien aux victimes et leur faciliter l’accès à la justice ». Le Grevio appelle aussi l’Etat monégasque à lancer des programmes de responsabilisation des auteurs de violence, afin d’éviter la récidive. Il préconise également l’ouverture d’une ligne d’écoute spécialisée pour les femmes victimes de violences, qui soit accessible 24h/24h et 7 jours sur 7, ainsi qu’un centre d’aide d’urgence spécialisé pour les victimes de violences sexuelles.
Le Grevio réclame aussi des mesures concrètes pour protéger les droits et les intérêts des victimes pendant les procédures judiciaires. La collecte de données sur ce type de violences doit aussi se poursuivre et s’intensifier estime le Grevio, qui milite pour que la formation des professionnels, magistrature et avocats y compris, continue. Les questions budgétaires sont aussi abordées par ce groupe d’experts du Conseil de l’Europe, qui souhaite que des budgets « suffisants » soient injectés dans les programmes et les mesures de prévention et de lutte contre les violences. Notamment pour renforcer « la capacité de détection systématique des cas de violence », tout en envisageant de « mettre en place un système d’accès prioritaire à un logement indépendant pour les victimes », et en augmentant « le recours aux ordonnances d’urgence d’interdiction et de protection ». Le Grevio souligne aussi que de « nombreuses femmes, notamment étrangères » victimes de violences à Monaco se retrouvent dans une situation de grande dépendance vis-à-vis de leur conjoint violent : « Elles sont particulièrement vulnérables aux violences économiques et/ou psychologiques, ce qui constitue l’une des tendances émergentes. »
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Ce rapport met aussi en avant les mesures « positives » prises par les autorités monégasques depuis l’évaluation du Grevio en 2017, avec notamment la réforme du code pénal, qui permet d’amender les dispositions concernant l’incrimination des agressions sexuelles, ou encore l’adoption d’une loi concernant la lutte contre le harcèlement et la violence en milieu scolaire. Le Grevio souligne aussi les efforts réalisés pour sensibiliser la population, ainsi que l’amélioration de la « communication entre les différents secteurs gouvernementaux et la société civile », ainsi que la « coordination des actions ».




