mardi 21 avril 2026
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Un ponton producteur d’hydrogène inauguré au Yacht Club de Monaco

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Dans le cadre du prochain Energy Boat Challenge, un ponton capable de produire de l’hydrogène a été inauguré au sein du Yacht Club de Monaco. « Une invention pleine de promesses », estime Patrick Ferri, chef de projet technologie chez SBM Offshore, qui a monté ce projet.

Depuis le lundi 19 février 2024, le Yacht Club de Monaco dispose d’un ponton capable de produire de l’hydrogène. Il a été installé par l’entreprise SBM Offshore, dans le cadre de l’Energy Boat Challenge. « Nous avons eu cette idée voilà quatre ans, se souvient Patrick Ferri, chef de projet technologie dans cette entreprise. SBM Offshore était déjà partenaire de la course et compétiteur. Nous souhaitions continuer à profiter de cet événement pour tester des solutions et des technologies que l’on estime pleines de promesses. Notre défi, c’était de trouver une façon de fabriquer notre propre hydrogène. Le projet de ponton modifié nous a vite séduits. C’est un prototype, mais il est déjà fonctionnel. » Concrètement, ce ponton s’appuie sur des capteurs solaires, qui vont capter l’énergie produite par le soleil, sur un système de batteries, pour une disponibilité de l’électricité 24 heures sur 24, et sur un électrolyseur pour la production de l’hydrogène. Ce dernier passe ensuite par un compresseur, pour faire monter la pression de 3 bars à 200 bars. « Notre électrolyseur est un appareil de laboratoire, précise Patrick Ferri. Il est capable de produire un litre d’hydrogène par minute de fonctionnement. Pour répondre aux besoins de l’Energy Tour Challenge, il est donc d’ores et déjà en marche, même si la course ne se déroulera qu’en juillet 2024. »

Ponton hydrogène Yacht Club Monaco
Ce ponton s’appuie sur des capteurs solaires, qui vont capter l’énergie produite par le soleil, sur un système de batteries, pour une disponibilité de l’électricité 24 heures sur 24, et sur un électrolyseur pour la production de l’hydrogène. Ce dernier passe ensuite par un compresseur, pour faire monter la pression de 3 bars à 200 bars. © Photo Martin Messmer / YCM

Depuis le lundi 19 février 2024, le Yach Club de Monaco dispose d’un ponton capable de produire de l’hydrogène. Il a été installé par l’entreprise SBM Offshore, dans le cadre de l’Energy Boat Challenge

Un bateau avec 70 % d’hydrogène

Car c’est bien entre le 1er et le 6 juillet 2024 que l’on mesurera pleinement les apports de ce ponton producteur d’hydrogène. « L’Energy Boat Challenge repose sur les valeurs de l’innovation et de la durabilité, rappelle-t-on au sein du Yach-Club de Monaco. Les participants sont incités à découvrir de nouvelles technologies, des matériaux novateurs et des systèmes de propulsion alternatifs qui minimisent l’impact sur l’environnement tout en préservant les performances nautiques. Cela implique l’utilisation de l’énergie solaire, de l’hydrogène, de l’électricité et d’autres sources d’énergie renouvelables pour propulser les embarcations. » Et SBM Offshore entend bien faire profiter l’ensemble des participants de son ponton nouvelle génération. « Notre bateau utilise 70 % d’hydrogène, pour 30 % d’électricité sur batterie, explique Patrick Ferri. Pour les autres, c’est un peu moins, 30 à 40 % d’hydrogène pour la plupart, même si un autre devrait parvenir à atteindre une part de 50 %. En se basant sur les capacités de production de notre ponton, il nous faudra environ deux mois pour remplir assez de bonbonnes. Nous avons donc de la marge, ce qui n’est pas un luxe lorsque l’on parle de technologies expérimentales. La mise à disposition de nos bonbonnes à tous les concurrents sera vertueuse sur plusieurs plans. Cela aidera notamment les équipes qui viennent de l’étranger à se fournir en hydrogène localement, ce qui peut être un véritable challenge pour elles. »

« Notre bateau utilise 70 % d’hydrogène, pour 30 % d’électricité sur batterie, explique Patrick Ferri. Pour les autres, c’est un peu moins, 30 à 40 % d’hydrogène pour la plupart, même si un autre devrait parvenir à atteindre une part de 50 %. En se basant sur les capacités de production de notre ponton, il nous faudra environ deux mois pour remplir assez de bonbonnes »

« Une belle promesse »

La mise en service d’un ponton capable de produire de l’hydrogène constitue en tout cas « une belle promesse » pour les équipes de SBM Offshore. Car s’il existe encore quelques limites à l’usage de l’hydrogène — au premier rang desquelles, la question du stockage et celle de la dangerosité de sa manipulation —, Patrick Ferri estime que « les technologies nécessaires à son développement sont en place ». Tout serait donc une question de temps. « De plus en plus de secteurs sont séduits par l’hydrogène, juge-t-il. On progresse dans de nombreux domaines : sur le stockage, par exemple, on arrivera bientôt à atteindre une pression de 700 bars. L’étanchéité des systèmes est aussi au point, rendant l’hydrogène aussi sécurisé que le gaz naturel, même s’il est plus explosif en cas de fuite. Bref, si tout n’est pas réglé, beaucoup de voyants sont au vert. » Au point de commercialiser la technologie du ponton producteur d’hydrogène ? « Ce n’est pas notre cœur d’activité, donc à court terme, la réponse est « non ». Cependant, cela reste un prototype capable de répondre à un important besoin. Nous avons, par exemple, été approchés par le port de Toulon. On a démontré que c’était faisable. Commençons par assurer la production nécessaire à l’Energy Boat Challenge. Et nous verrons par la suite ce qui peut être réalisable, et avec qui. »

Ponton hydrogène Yacht Club Monaco
S’il existe encore quelques limites à l’usage de l’hydrogène – au premier rang desquelles, la question du stockage et celle de la dangerosité de sa manipulation –, Patrick Ferri estime que « les technologies nécessaires à son développement sont en place ». © Photo Martin Messmer / YCM

Le 11ème Energy Boat Challenge, c’est du 1er au 6 juillet

Organisé tous les ans par le Yacht Club de Monaco, l’Energy Boat Challenge se déroulera en 2024 du 1er au 6 juillet. Il s’agira de la 11ème édition de cet événement, pendant lequel les bateaux sont répartis en différentes classes, en fonction de leur source d’énergie ou de leur approche technologique. Et ce, afin « d’assurer une concurrence équitable entre les participants ». Ainsi, les participants peuvent être intégrés, tout d’abord, à l’Energy Class. Dans celle-ci, les équipes fabriquent des systèmes de propulsion pour des coques de catamaran, fournies par le Yacht Club de Monaco et plafonnées à 10 kWh d’énergie embarquée. « Le défi, c’est de concevoir le cockpit et le système de propulsion le plus efficace et le plus durable, en utilisant des sources d’énergie alternatives renouvelables. » Autre option : la Solar Class. Les bateaux n’utilisent alors que l’énergie solaire. « Avec une batterie pleine au départ, les recharges pendant les courses se font uniquement à l’aide de panneaux solaires », explique-t-on au sein du Yacht Club. Enfin, une dernière catégorie, l’Open Sea Class, est ouverte aux exposants de la marina Yacht Club de Monaco et aux bateaux déjà sur le marché, ou sur le point de l’être. S’appuyant sur les modes de propulsion électriques ou à hydrogène, il a pour ambition de « montrer au public ce à quoi pourrait ressembler l’avenir de la navigation de plaisance ».

Ponton hydrogène Yacht Club Monaco
© Photo Martin Messmer / YCM

Recyclage des eaux grises : plus d’un million de litres d’eau traités

Dans le cadre de la démarche « Monaco, capital of advanced yachting », qui vise à promouvoir un yachting éco-responsable, le Yacht Club de Monaco est équipé depuis juillet 2023 d’un système de traitement et de recyclage des eaux grises — celles issues des lavabos, des baignoires, des éviers, etc. — développé par l’entreprise FGWRS. Ce système a été présenté lors de l’inauguration du ponton capable de produire de l’hydrogène, le 19 février 2024. Il a notamment été mis en place sur la piscine du Yacht Club. Issue du débordement ou des filtres, par exemple, l’eau est désormais récupérée et traitée, avant d’être réintroduite dans le bassin. Ce qui évite d’utiliser de l’eau potable. Résultat ? En un peu plus de six mois, plus d’un million de litres d’eau ont pu être économisés. Soit l’équivalent de la moitié d’une piscine olympique. Et FGWRS ne compte pas s’arrêter là : après la laverie, les eaux issues des vestiaires du Yacht Club de Monaco, en l’occurrence, des douches et des lavabos, devraient aussi être équipées de ce système de traitement des eaux. Là encore, elles seraient alors réutilisées sur place. « Cela témoigne du succès de la politique environnementale menée, qui, au travers de ce type d’actions tend à stimuler la réflexion et l’action, invitant chacun à considérer l’impact de ses choix sur l’environnement, commente-t-on au sein du Yacht-Club. Chaque goutte économisée, recyclée et préservée contribue, en effet, à forger un avenir où l’eau, symbole de vie, reste abondante et accessible pour les générations à venir. » Rappelons que le Yacht Club de Monaco entend, depuis quelques années, se montrer exemplaire quant à l’utilisation des ressources. Ainsi, la construction du nouveau club house a été réalisée dans une démarche haute qualité environnementale, comprenant des cellules photovoltaïques, un éclairage led basse consommation, des systèmes performants de gestion de l’énergie, des déchets et de l’eau, un chauffage et une climatisation par boucle thalasso thermique, ou encore le déploiement de bornes de recharge pour les véhicules et les bateaux électriques. Par ailleurs, de nombreux panneaux solaires photovoltaïques et thermiques ont été installés au sein des installations du Yacht Club.

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