
Des levers aux aurores, des siestes dans la journée, une somnolence régulière?: le sommeil prend vite des allures de casse-tête avec l’âge. Si plus de 40 % des seniors s’en plaignent, nombreux sont ceux qui recourent aux somnifères pour trouver tant bien que mal le repos. Selon un sondage publié au printemps dernier, la moitié des personnes âgées souffrant d’insomnies en consommeraient régulièrement. Dans les maisons de retraites, 30 à 60 % des pensionnaires avaleraient des pilules pour dormir tous les soirs, selon les enquêtes des autorités publiques françaises?!
Cette accoutumance grandissante a de quoi inquiéter. Car ces somnifères entraînent des effets secondaires qui peuvent être particulièrement graves chez les consommateurs les plus âgés. Les benzodiazépines comme le Valium peuvent être à l’origine à plus ou moins long terme de troubles de la mémoire, vertiges et chutes avec fractures. S’ils n’affectent pas la mémoire, les hypnotiques comme le Zolpidem augmentent également le risque de chute, surtout la nuit.
Prescriptions abusives
Le constat est d’autant plus alarmant que ces prescriptions sont le plus souvent… inefficaces et abusives?! Dans 70 % des cas, les troubles du sommeil sont en effet d’origine comportementale – et non organique. C’est particulièrement vrai chez les seniors qui souffrent souvent plus d’un bouleversement de leur rythme de repos que d’une perte réelle de sommeil. Ils dormiraient en effet en moyenne 7h13 en semaine et 7h30 les week-end- ce qui en fait les champions de l’édredon avec les jeunes?!
Mais ce temps de sommeil s’espace, avec des somnolences et siestes en journée dont le besoin moyen est estimé à trois par semaine chez les 50-60 ans et six chez les plus de 80 ans. S’y greffe des phénomènes de solitude et d’isolement qui renforcent les insomnies?: 23,5 % de ceux qui se plaignent de sommeil troublé sortent moins d’une heure par jour de chez eux?!
Relaxation
La prise en charge suppose donc avant tout un bon diagnostic, une régulation des temps de repos et des exercices de relaxation. C’est rarement le cas (la relaxation n’est pratiquée que par 8 % des seniors insomniaques).
Faute de formation des généralistes. Faute également de centres spécialisés?: la France compte une centaine de consultations spécialisées dans les troubles du sommeil contre plus de 300 en Allemagne…
Le développement de ces cadres de prise en charge plus globale est pourtant indispensable pour rompre la spirale infernale des somnifères.



