dimanche 19 avril 2026
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L’AIAP, « c’est comme une auberge espagnole »

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Depuis 60 ans, le comité monégasque de l’association internationale des arts plastiques (AIAP) fait la promotion des artistes de la Principauté au travers de nombreuses expositions.

 

Dans la salle d’exposition du quai Antoine Ier, la Russie est l’invitée d’honneur. Le comité monégasque de l’association internationale des arts plastiques (AIAP) consacre chaque année son grand salon à des artistes internationaux. De fin novembre à fin décembre, Culture(s) : l’essentiel oscille entre peintures, photos et sculptures. « Beaucoup de diversité dans les expressions, les techniques, les origines », note Marie-Aimée Tirole, la présidente de cette association. Depuis son arrivée à la tête de l’AIAP monégasque il y a vingt ans, elle n’a cessé de poursuivre cette philosophie de « promotion de la culture et de l’art » et « d’ouverture très large à tous les modes d’expression et à toutes les cultures. » Cette association, qui a soufflé fin mai sa soixantième bougie, est placée sous l’égide de l’Unesco, l’institution internationale pour l’éducation, la science et la culture.

 

« Cosmopolite »

Une collaboration internationale qui est au cœur des expositions. « Le but est de faire des échanges », souligne la présidente. Liechtenstein, Tunisie, Espagne… De nombreux pays ouvrent leurs portes aux artistes monégasques. Des rencontres artistiques sont aussi organisées depuis de nombreuses années avec le Japon ou l’Allemagne. « On s’est attribué le rôle de faire voyager des artistes siglés Monaco », sourit Marie-Aimée Tirole. Les 120 adhérents de l’AIAP Monaco affichent souvent les œuvres aux cimaises de prestigieux événements. Comme la cinquantième Biennale de Venise 2003, ou la Biennale d’art contemporain de Pékin en 2003, 2005, 2007. Cette association y retourne cette année avec huit adhérents. Deux représentent Monaco, les six autres leur pays d’origine : France, Irlande, Danemark, Allemagne… « Une spécificité cosmopolite » propre à Monaco et un atout pour l’association.

Mais pas besoin d’aller aussi loin pour découvrir leur travail. Des expositions sont organisées une à deux fois par mois dans les locaux de l’AIAP-Unesco, sur le quai Antoine Ier. « Quand un membre a envie de faire une exposition, il a son show-room. Et on prépare un vernissage », explique Marie-Aimée Tirole. Chaque année depuis cinq ans, ils exposent également au Jardin exotique. Des événements qui permettent de fédérer les artistes et de les faire se rencontrer et échanger. « Une association, c’est comme une auberge espagnole. Chacun trouve ce qu’il y apporte », s’amuse Marie-Aimée. Et pour que l’auberge soit de qualité, les nouvelles demandes sont toutes étudiées. Les artistes ne se limitent pas aux deux kilomètres carrés, mais viennent « du Var à la Riviera italienne. » Pour rentrer dans cette association, ils doivent présenter leurs œuvres à un jury de professionnel. Avec un soupçon de préférence nationale : les Monégasques et résidents monégasques peuvent être acceptés sur dossier.

 

Exigence

Élitiste, l’AIAP ? « La sélection peut paraître très dure, mais elle a permis de faire beaucoup travailler et évoluer ses adhérents », assure cette ancienne professeur d’arts plastiques. Marie-Aimée a exercé vingt ans au lycée Albert Ier. Elle essayait « de développer la créativité de ses élèves. » Même principe à l’AIAP. « Plus on est exigeant, plus on a des œuvres de qualité qui ressortent. » Depuis son arrivée, la présidente a bataillé pour que son association fasse petit à petit ses preuves. En instaurant notamment « plus de régularité dans nos activités au sein de nos locaux. » L’AIAP-Unesco monégasque est aujourd’hui une institution dont la qualité du travail de ses membres est reconnue. « Qu’ils soient amateurs ou professionnels, il y a un investissement de soi, une recherche, une tentative d’apporter quelque chose », explique la présidente, fière de cette évolution. « On a eu des opportunités. On nous a fait de plus en plus confiance. » Une situation qu’elle exposera en octobre à Pilsen, en République Tchèque, pour l’assemblée générale des 80 antennes de l’association.

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