Depuis que la SNCF a indiqué qu’elle allait lancer des travaux pour un total de 20 millions d’euros sur la ligne Nice-Vintimille, le torchon brûle entre l’entreprise ferroviaire, Monaco et la Région Sud. Pour l’essentiel, ces travaux concernent l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduire en gare de Villefranche-sur-Mer, les caténaires entre Beaulieu-sur-Mer et Monaco, le tunnel de Saint-Laurent au niveau d’Eze, et enfin le pôle d’échange multimodal de la gare de Beaulieu-sur-Mer. Résultat, du 15 septembre 2024 au 26 juin 2025, les nuits de dimanche à jeudi, aucun train ne circulera entre Nice et Vintimille, de 21 heures à 6 heures du matin. Les abonnés de cette ligne ont été informés par le biais d’un e-mail qu’ils ont reçu le 5 septembre 2024. Cinq jours plus tard, le gouvernement monégasque a publié un communiqué pour exprimer son inquiétude pour les « répercussions significatives que ces changements vont avoir sur les déplacements de tous ceux, salariés en principauté, professionnels des événements, visiteurs, touristes, qui souhaiteront rejoindre ou quitter Monaco dans la soirée pendant cette période ». Avant d’ajouter : « Concrètement, à part la mise en place d’un « car exceptionnel au départ de Monaco vers Nice » réservé aux abonnés SNCF, aucune solution n’est proposée en particulier aux salariés qui font chaque jour le trajet entre Monaco et leur lieu de résidence dans le cadre de leur travail. » Dans le cadre de sa toute première séance privée avec les élus du Conseil national, le ministre d’Etat, Didier Guillaume, s’est dit « profondément choqué de lire que les trains ne s’arrêteraient plus à Monaco à partir de 21 heures. C’est inacceptable. […] Nous devons être respectés avec une certaine qualité de service, et ne pas seulement être considérés comme des bailleurs de fond ».
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De son côté, le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a réagit à son tour le 12 septembre 2024 pour « déplorer l’absence d’anticipation », tout en se félicitant de la réaction du ministre d’Etat. Se questionnant sur « l’absence totale de concertation préalable entre le gouvernement et ses interlocuteurs à la SNCF comme à la Région » et regrettant de ne pas avoir été informé, Thomas Brezzo a alors estimé que, « compte tenu de l’impact immédiat pour de très nombreux salariés, parfois très matinaux, ou terminant leur service en fin de soirée, cette situation doit être compensée par des mesures adaptées. Par ailleurs, la situation d’engorgement prévisible lors des grandes manifestations, ou de matchs de foot, à l’exemple du prochain Monaco-Barcelone le 19 septembre 2024, impliquant de nombreux supporters, est inenvisageable avec le seul recours à « un car exceptionnel réservé aux abonnés », tel qu’il a été indiqué ». Les élus ont donc réclamé le ré-examen du dispositif envisagé, un plan de transport de substitution sur l’intégralité du parcours concerné, un renforcement parallèle de la ligne de bus 600 dans les tranches horaires concernées, la suspension des restrictions pendant les grands événements qui se déroulent à Monaco, et enfin, un « plan de communication sur l’ensemble de la ligne Grasse-Vintimille, tant en gare que dans les rames, sur les applications des transporteurs et dans les médias locaux ». Le 14 septembre 2024, la SNCF a accepté de décaler « pour quelques jours » de 21 heures à 22 h 45 le début de la plage quotidienne des travaux. « Ce décalage ne rend nécessaire qu’une seule substitution à 23 h 30, mais il ne satisfait pas les attentes plus larges de la principauté » ont indiqué dans un communiqué commun la Région Sud et Monaco, tout en promettant de continuer à négocier avec la SNCF.
Le 16 septembre 2024, une nouvelle réunion a débouché sur l’interruption des travaux le 19 septembre 2024 à l’occasion du match de Ligue des Champions, Monaco – Barcelone au stade Louis II. Dans la soirée du 16 octobre 2023, à l’occasion des débats autour du budget rectificatif 2023, la conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement, et l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, avait jugé que le service rendu par la SNCF n’était « pas au niveau de ce que l’on paye ». Elle avait alors rappelé que l’Etat monégasque est « un financeur important de la ligne de TER ». Il verse chaque année 8 millions d’euros, par le biais d’une convention. Une nouvelle réunion aura lieu le 20 septembre avec SNCF Réseau, afin d’évoquer des scenarii alternatifs, capables de satisfaire Monaco et la Région Sud.
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