C’est l’une des conséquences du réchauffement climatique : la multiplication des tempêtes en mer Méditerranée. Ces coups de mer, de plus en plus réguliers, peuvent affaiblir l’économie côtière. Afin d’éviter l’impact de ces vagues sur les commerces situés en bord de mer, le gouvernement monégasque a lancé depuis 2024, des travaux au Larvotto, pour protéger les boutiques le long de la plage. Depuis octobre 2025, la dernière phase de ces travaux estimés à 9 millions d’euros a été lancée.
Les épisodes météorologiques extrêmes vont se multiplier tout au long du XXIème siècle et le bassin méditerranéen ne va pas y échapper. Provoqués par la hausse des températures et la modification des courants, ces épisodes peuvent se matérialiser notamment sous la forme de tempêtes marines, avec des houles particulièrement importantes. Ce fut le cas en 2018 avec la tempête Adrian, en octobre 2020 avec la tempête Alex, ou en novembre 2023 avec la tempête Domingos. Lors de ces événements météorologiques, les commerces en bord de plage au Larvotto ont subi des inondations et de nombreuses terrasses ont été ensevelies. Pour prévenir les futurs coups de mer, et ainsi éviter toute nouvelle inondation, le gouvernement monégasque a lancé des travaux depuis le début de l’année 2025, au large des plages du Larvotto. Cette opération fait suite à une première alerte, lancée par Corinne Bertani le 14 décembre 2023. Cette élue avait alors pris la parole au Conseil national pour alerter sur la situation : « Nous savons, malheureusement, que l’élévation du niveau de la mer, et le rythme accéléré des événements climatiques, sont inéluctables. »
Un abandon des digues sous-marines de 2021
En décembre 2023, la conseillère-ministre en charge de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni n’avait pas nié l’accélération des coups de mer et la nécessité de travaux : « Il faut que l’on protège un peu mieux certaines terrasses en s’assurant que ça [le mobilier — NDLR] ne reparte pas à la mer, en cas de coup de mer. » Un peu plus d’un an plus tard, le 2 janvier 2025, la première phase des travaux qui doit permettre une stabilisation du trait de côte a commencé. Le gouvernement a décidé de remplacer les digues sous-marines, alors installées en 2021, et qui n’ont pas eu l’effet escompté. Cette fois-ci, le gouvernement princier a opté pour des îlots artificiels, censés casser les vagues avant leur arrivée sur la plage, permettant ainsi de réduire leur force, et donc leur impact, sur les commerces. Cette option, avait déjà été suggérée, à l’époque, par Corinne Bertani, alors qu’elle était déjà élue au Conseil national : « Le gouvernement avait choisi l’option des digues sous-marines. On a perdu un peu de temps dans ce dossier, mais j’ai bon espoir que, dès la fin de ces travaux, les problèmes d’inondations dans les commerces du Larvotto soient de l’histoire ancienne. »
« Au Larvotto, ce sont les seuls commerçants de Monaco qui possèdent une concession qui les oblige à rester ouverts toute l’année. Il leur faut donc une protection accrue pour les épisodes automnaux »
Corinne Bertani. Conseillère nationale
« Je ne suis pas ingénieure, mais ça a l’air d’être efficace »
Pour cette élue, le plus important, c’est de protéger les commerçants : « Au Larvotto, ce sont les seuls commerçants de Monaco qui possèdent une concession qui les oblige à rester ouverts toute l’année. Il leur faut donc une protection accrue pour les épisodes automnaux. » Elle a bon espoir que la solution des îlots soit définitive : « Je ne suis pas ingénieure, mais ça a l’air d’être efficace pour casser les vagues. Et ce système est supposé prendre en compte des scénarios de forte houle. » En quoi consistent précisément ces nouvelles protections ? Est-ce que ces îlots seront suffisants pour protéger les commerces de la plage du Larvotto face à des épisodes météorologiques extrêmes ? Est-ce qu’ils peuvent contenir les puissantes vagues qui seront générées par un éventuel tsunami en Méditerranée [à ce sujet, lire l’interview de la directrice de recherche au CNRS au laboratoire Geoazur et responsable de l’équipe RISQUES, Damienne Provitolo : « La Côte d’Azur, dont fait partie Monaco, est exposée aux risques de tsunami », publiée dans Monaco Hebdo n° 1 273 — NDLR] ? Contacté par Monaco Hebdo, le gouvernement princier n’a pas donné uite à nos demandes d’interview. De leur côté, les commerçants du Larvotto ont confié leur hâte de voir se terminer ces travaux, pour éviter de possibles futures inondations.
Une baisse du chiffre d’affaires liée au manque de lumière
De son côté, Corinne Bertani espère une amélioration générale du cadre de travail des commerçants du Larvotto. Elle a profité des échanges avec le gouvernement sur les protections côtières pour remettre en avant la problématique du manque d’éclairage le long des commerces : « En hiver, ce manque d’éclairage n’incite pas les touristes à venir flâner au Larvotto. La perte de chiffre d’affaires se ressent alors dans les comptes de ces commerces. » À force de négociations depuis plusieurs années, notamment avec l’architecte du projet Renzo Piano, il y aurait désormais un accord pour la pose d’éclairage dans les prochains mois, dans ce quartier de Monaco. Ce projet devrait notamment être abordé lors des sessions budgétaires du mois de décembre 2025, au Conseil national. Désormais, les commerçants du Larvotto devraient donc être protégés de la mer et de la nuit.



