dimanche 8 mars 2026
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Commerces du Larvotto : 500 000 euros pour l’éclairage

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Lors de l’étude du budget primitif 2026, les conseillers nationaux ont évoqué les aménagements réalisés au Larvotto. La question du déploiement d’un nouvel éclairage, et sa facture, ont alimenté les débats.


L’aménagement du Larvotto se poursuit. L’élue Corinne Bertani a questionné le gouvernement à ce sujet, autour de 22 h 30, dans la soirée du 15 décembre 2025, lors des séances budgétaires : « Nous réclamons l’éclairage du Larvotto depuis trois ans. L’hiver, les commerçants sont dans la noir à partir de 16 heures. De plus, le budget est très élevé, puisqu’on en est à 500 000 euros, uniquement pour l’éclairage. » La conseillère-ministre en charge de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, a confirmé ce chiffre, en expliquant qu’il s’agit d’installer des LED « spécifiques, négociées et décidées avec l’architecte [Renzo Piano, en partenariat avec l’agence Olivier Deverini Architectes pour le suivi local et le paysagiste Michel Desvignes pour l’aménagement extérieur — NDLR], pour répondre à la demande de l’éclairage de cet endroit qui n’était pas prévu pour être exploité l’hiver, dans le cahier des charges d’origine ».

« Nous réclamons l’éclairage du Larvotto depuis trois ans. L’hiver, les commerçants du Larvotto sont dans la noir à partir de 16 heures. De plus, le budget est très élevé, puisqu’on en est à 500 000 euros, uniquement pour l’éclairage »
Corinne Bertani. Conseillère nationale

« Interministérialité… »

Sur ce point, Corinne Bertani a repris la parole : « Dès la convention d’occupation, il a été dit aux commerçants qu’ils devaient être ouverts toute l’année. Sans cela, ils ne pouvaient pas signer cette convention. Ce ne sont pas les commerçants qui se sont dit : « C’est bien, on va pouvoir travailler toute l’année. » Je tenais à préciser cela. » De son côté, Céline Caron-Dagion a assuré que « dans le projet urbanistique et architectural qui a été présenté, il n’y avait pas cette fonctionnalité. Je ne me positionne que sur l’évolution de ce projet architectural par rapport à des attentes fonctionnelles qui ont donc été intégrées, et qui sont en cours de mise en œuvre ». Ces mots on appelé un commentaire ironique du président du Conseil national, Thomas Brezzo : « Interministérialité… C’est un mot que l’on n’a pas entendu depuis un long moment », en faisant référence à la méthode de fonctionnement du précédent ministre d’Etat, Didier Guillaume (1959-2025). Avant d’ajouter : « Ce sont les fameuses ampoules que l’on ne peut pas changer sans l’accord de l’architecte… » En tout cas, l’installation de cet éclairage est en cours, et elle va se poursuivre pendant environ six mois a ajouté Céline Caron-Dagioni, « au gré des réceptions des commandes qui ont été lancées ». A la fin du premier semestre 2026, ce chantier devrait donc être bouclé. En ce qui concerne la protection maritime du Larvotto, deux îlots d’enrochement ont été réalisés. Le chantier a débuté du côté de la digue du Méridien, où la houle est plus forte. « Les résultats sont satisfaisants, cela améliore les choses, a assuré Céline Caron-Dagioni. Les commerçants qui étaient impactés nous ont fait état de leur satisfaction. Il y a moins de conséquences sur leurs plages et sur leurs équipements. » Les travaux vont donc se poursuivre jusqu’en avril 2026, avant la période estivale, avec le déploiement de deux îlots supplémentaires.

Posidonie

Quant à la question de l’impact sur l’environnement d’un tel chantier, il a été soulevé par l’élue Marie-Noëlle Gibelli, notamment concernant « les herbiers de Posidonie » situés dans l’aire marine protégée où sont installés ces enrochements. La conseillère-ministre en charge de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme a assuré que cet impact avait été pris en compte par les services de l’Etat : « Les enrochements ont été prévus en écoconception [une technique qui consiste à concevoir un produit en réduisant son impact sur l’environnement tout au long de son cycle de vie, de la production à la fin de vie — NDLR], pour permettre la nidification avec des matières, des formes et des reliefs qui permettent aux différentes espèces de s’y nicher pour s’y développer. Les mesures sont suivies attentivement par la direction de l’environnement, pour qu’il n’y ait pas d’impact sur les herbiers de Posidonie. »


Extension de l’héliport : Il faudra attendre 2027

La conseillère nationale Corinne Bertani a questionné le gouvernement monégasque à propos de l’extension de l’héliport, à l’occasion des discussions autour du budget primitif 2026, un peu après 23 heures, le 15 décembre 2025 : « La ligne budgétaire est à 4,4 millions d’euros. La rénovation des hangars ne semble pas avancer. » La conseillère-ministre en charge de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, a expliqué que « cette opération a été confiée à un architecte qui doit faire des études préliminaires. J’attends ces études pour la restitution sur les hangars à la fin du premier trimestre 2027, pour pouvoir présenter cette restitution sur le cahier des charges que l’on m’a confié pour refaire ces hangars. Il y a eu pas mal d’échanges avec les utilisateurs, et notamment avec les compagnies aériennes, qui ont souhaité changer certaines fonctionnalités. Nous avons donc pris le temps de voir quels sont les besoins. L’architecte a cette mission depuis quelques mois. Nous en sommes aux études préliminaires. »



Traitement des déchets : « La poubelle n’est pas une question de souveraineté »

Le projet de construction d’une nouvelle usine de traitement des déchets à Monaco a été relancé après l’abandon du projet Symbiose. Le gouvernement monégasque a annoncé cette décision le 10 juillet 2025, optant pour la démolition de l’usine actuelle de Fontvieille, et sa reconstruction sur le même site, avec une nouvelle unité de valorisation énergétique. Lors de l’étude du budget primitif 2026, le 15 décembre 2025, le conseiller national Christophe Brico a lancé : « Dans la mesure où plus de 80 % de nos déchets sont, de toute façon, traités à l’extérieur de Monaco, et ne pourront pas être traités chez nous, et notamment les déchets de chantier, on ne peut pas dire que la gestion des déchets est une question de souveraineté. Si on veut aller par là, commençons par parler de notre souveraineté alimentaire, monétaire, financière, militaire… La poubelle n’est pas une question de souveraineté. » Pour lui répondre, le ministre d’Etat, Christophe Mirmand, a avancé qu’ « aucun Etat dans le monde n’est totalement souverain. Pour un Etat, la souveraineté, c’est de pouvoir choisir ses interdépendances ». Avant d’ajouter : « Depuis plus d’un siècle, la Principauté traite ses déchets ménagers dans des incinérateurs successifs, le dernier étant installé à Fontvieille. Si Monaco n’assurait pas de façon autonome le traitement de ses 35 000 tonnes de déchets ménagers qu’elle produit annuellement, elle s’exposerait à une décision défavorable prise par une collectivité territoriale, qui ont la responsabilité du traitement des déchets en France. Même en cas de traité international passé avec la France qui autoriserait le traitement des déchets de Monaco en France de façon définitive, ce document ne pourrait pas obliger une collectivité territoriale d’accepter de le faire. C’est cette dernière qui décidera. » C’est par rapport à ce risque que la décision de juillet 2025 a été prise, a conclu le ministre d’Etat.

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