Les élus du Conseil national ont profité des vœux pour présenter les grandes lignes de leurs travaux en 2026. Entre dossiers brûlants comme le projet de loi sur la reconnaissance faciale ou bien le centre commercial de Fontvieille, les conseillers nationaux s’attendent à une année animée. Par Amaury Caillault
L’année 2025 aura été chargée pour le Conseil national. Sur la table des débats on a pu retrouver de grandes thématiques sociétales comme l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la lutte contre les stupéfiants et l’alcool au volant, la question des mobilités ou encore l’attractivité de la Principauté. Si toutes ces questions n’ont pas encore été réglées et que des projets de loi sont à venir, d’autres problématiques apparaissent déjà. En premier lieu, la volonté de la sûreté publique, de mettre en place des outils de reconnaissance faciale à Monaco. L’objectif pour la police est de se servir de son réseau de 1 387 caméras installées en Principauté, pour les adapter à la reconnaissance faciale, et donc de faciliter l’identification. Ce dossier soulève la question de la protection de la vie privée et de l’individu. Ce sera l’un des grands chantiers de cette année 2026 pour les élus du Conseil national, qui devront créer un cadre légal pour cet outil, tout en préservant les libertés individuelles. L’année 2025 aura été chargée pour le Conseil national. Sur la table des débats on a pu retrouver de grandes thématiques sociétales comme l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la lutte contre les stupéfiants et l’alcool au volant, la question des mobilités ou encore l’attractivité de la Principauté. Si toutes ces questions n’ont pas encore été réglées et que des projets de loi sont à venir, d’autres problématiques apparaissent déjà. En premier lieu, la volonté de la sûreté publique, de mettre en place des outils de reconnaissance faciale à Monaco. L’objectif pour la police est de se servir de son réseau de 1 387 caméras installées en Principauté, pour les adapter à la reconnaissance faciale, et donc de faciliter l’identification. Ce dossier soulève la question de la protection de la vie privée et de l’individu. Ce sera l’un des grands chantiers de cette année 2026 pour les élus du Conseil national, qui devront créer un cadre légal pour cet outil, tout en préservant les libertés individuelles.
Reconnaissance faciale : « C’est un texte qui est pleinement attentatoire aux libertés individuelles auxquelles nous sommes
tous attachés ici »
Thomas Brezzo. Président du Conseil national
« Pas rassuré »
Lors d’une conférence de presse, le jeudi 22 janvier 2026, le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a détaillé les points d’attention des élus : « Tel qu’il est fait aujourd’hui, ce texte donne trop de pouvoirs aux services de police et aux autorités. On n’a pas pu travailler sur ce texte-là jusqu’à présent puisqu’il fallait qu’on ait plus de données. Il y a énormément d’informations qui relèvent de la donnée personnelle, et tant que nous n’avions pas voté le texte sur la protection des données, il était délicat de travailler sur la reconnaissance faciale, sans avoir les tenants et les aboutissants. » Un travail législatif complexe qui peut potentiellement s’exposer à un passage en force du gouvernement monégasque, via des ordonnances souveraines. Thomas Brezzo l’a évoqué, en rappelant les échanges entre le gouvernement et les élus, lors des débats budgétaires de décembre 2025 : « Les derniers échanges qui ont eu lieu avec le gouvernement dans le cadre des débats budgétaires ne m’ont pas rassuré. Dans la mesure où on a eu un ministre d’État qui nous a confirmé la volonté de continuer à ne pas appliquer les textes de lois et, par le biais des ordonnances souveraines, à s’exonérer des obligations, et notamment du contrôle des informations. »

Reconnaissance faciale : le Conseil national veut un texte de loi « adapté »
La principale crainte du président du Conseil national concernant la reconnaissance faciale concerne l’aspect intrusif de cette technologie. « C’est un texte qui est pleinement attentatoire aux libertés individuelles auxquelles nous sommes tous attachés ici. C’est un sujet sur lequel il faut travailler, car il faut doter les services de police de moyens suffisants pour pouvoir opérer et travailler. Mais c’est un outil qui doit être utilisé avec une certaine maîtrise. » Le Conseil national s’est dit prêt à débattre sur le sujet pour arriver à un texte de loi « adapté » ont indiqué les élus. Selon Thomas Brezzo, vient maintenant le temps de la réflexion : « Je ne céderai pas à la pression de Monsieur Eric Arella [le directeur de la sûreté publique — NDLR] pour voter ce texte le plus rapidement possible. On le votera en temps et en heure, mais après avoir pris le temps suffisant pour l’étudier, et en tirant les leçons de ce qui a pu se faire ailleurs. »
Doper l’aide à l’entrepreneuriat à Monaco
Autre dossier sensible sur la table du Conseil national : le chantier du centre commercial de Fontvieille. Étudié, réétudié, modifié et modifié à nouveau… Ce dossier traîne. Mais l’année 2026 semble être l’épilogue de nombreux débats sur la question. Si les travaux de rénovation devraient commencer en 2028, les élus et le gouvernement semblent s’être mis d’accord sur la formule à adopter. Autre sujet de travail pour les élus en 2026, l’entrepreneuriat en Principauté avec plusieurs axes de réflexion. Pour cela, ils ont mis en place un groupe de travail sur la question baptisé « Entrepreneurs + ». Il s’agit d’une équipe animée par l’élu Roland Mouflard, le vice-président de la commission des finances et de l’économie nationale du Conseil national. Parmi les objectifs, le renforcement de la place du Monaco Boost dans le paysage local a été évoqué, avec une volonté d’augmenter la capacité d’accueil de ce site, tant en termes de surface que de durée. Le gouvernement a d’ailleurs donné son aval pour ce futur agrandissement [à ce sujet, lire notre article Monaco Boost : « De nouveaux locaux vont être disponibles », publié dans Monaco Hebdo n° 1407 — NDLR]. Les conseillers nationaux ont aussi proposé de garantir une durée d’accompagnement des jeunes entreprises jusqu’à cinq ans. Les élus ont avancé l’idée de favoriser les synergies entre Monaco Boost et MonacoTech pour permettre de mieux suivre le développement des entreprises participantes à ce programme. De plus, le Conseil national pousse pour doper l’aide à l’entrepreneuriat en élargissant l’éligibilité de l’aide à entreprendre à tous les enfants de monégasques, et en supprimant la limite d’âge actuellement fixée à 65 ans. De la même manière, ils proposent d’assouplir les critères d’accès à cette aide [à ce sujet, lire notre article Les élus veulent élargir l’aide à l’installation professionnelle, publié dans Monaco Hebdo n° 1407 — NDLR].
Autre sujet de travail pour les élus en 2026, l’entrepreneuriat en Principauté avec plusieurs axes de réflexion. Pour cela, ils ont mis en place un groupe de travail sur la question baptisé « Entrepreneurs + ». Il s’agit d’une équipe animée par l’élu Roland Mouflard

Une hausse de 20 % des entrepreneurs monégasques en dix ans
Les élus comptent également réduire les frais liés à l’entrepreneuriat avec moins de démarches contraignantes et une volonté affichée depuis maintenant quelque temps, de passer à des démarches complètement dématérialisées. Ce souhait a été répété le 22 janvier 2026 par Jean-Louis Grinda, qui souhaite un service administratif totalement numérique où les Monégasques et les salariés de la Principauté pourraient retrouver l’ensemble des démarches depuis un portail. La même logique s’appliquerait aux entrepreneurs. Cette volonté de simplifier la vie des chefs d’entreprises, et notamment des Monégasques, vise à pousser en faveur de la création d’entreprise. Les chiffres communiqués par les élus lors de cette conférence de presse semblent tendre vers l’optimisme. En effet, en 2015, ils étaient 702 Monégasques à avoir créé leur entreprise. En 2025 ils étaient 840, soit une hausse de 20 %. « De plus en plus de Monégasques deviennent des travailleurs indépendants. C’est une nouvelle qui me remplit de joie et d’optimisme. On a une jeunesse qui est peut-être un peu plus audacieuse que ses pairs et qui se tourne vers l’entrepreneuriat. C’est la raison pour laquelle il était important que l’on en prenne connaissance, et que nous favorisions cette transition », a estimé l’élu Franck Julien, membre du groupe de travail « Entrepreneurs + » et président de la commission des finances et de l’économie nationale du Conseil national.



