Les élus du Conseil national Régis Bergonzi et Roland Mouflard ont annoncé leur départ de la majorité parlementaire monégasque dans un courrier daté du 7 février 2026, estimant ne plus partager la méthode de travail et l’orientation politique du groupe politique L’Union. Cette décision marque une recomposition au sein de l’assemblée et s’accompagne de la création du groupe indépendant « En avant Monaco », constitué avec Brigitte Boccone-Pagès, l’ex-présidente du Conseil national.
Dans une interview à Monaco-Matin publiée le 9 février 2026, ces élus expliquent avoir fait le choix de cette rupture après plusieurs mois de réflexion, invoquant un manque de sérénité dans les échanges internes, une place jugée insuffisante laissée au débat et des désaccords sur certaines prises de position publiques. Ils estiment que certaines déclarations et séquences parlementaires ont fragilisé le climat institutionnel et porté atteinte aux principes de respect et de responsabilité qui doivent encadrer l’action politique. Souhaitant retrouver une liberté de parole et d’initiative, ils souhaitent proposer tous les 45 jours une proposition de loi, pour améliorer le quotidien des Monégasques, notamment dans les domaines sociaux. Ces deux élus assurent que leur démarche ne s’inscrit pas dans une logique électorale à court terme, mais dans la volonté de mener à bien le mandat en cours. Ils excluent, à ce stade, toute alliance ou stratégie en vue des prochaines élections, qui se dérouleront en février 2028. Du côté de la majorité, dans un communiqué publié le 10 février 2026, le groupe parlementaire majoritaire du Conseil national, Union nationale monégasque « prend acte » de ce double départ et de la création d’un groupe minoritaire. Réfutant les arguments de Régis Bergonzi et Roland Mouflard, ce communiqué assure que « Thomas Brezzo a instauré des méthodes inédites de partage d’informations, de transparence et de dialogue avec tous ses collègues, et ce dès le premier jour de sa présidence », et que cela a permis aux élus de « faire valoir leur propre opinion et de l’exprimer avant chaque prise de décision commune. Prétendre l’inverse ne sert qu’à justifier une manœuvre politicienne, contraire aux discours tenus par les intéressés auprès de leurs pairs ces derniers mois ». Quant au nouveau groupe En avant Monaco, « nous espérons que [cette] création […] permettra de nourrir le débat démocratique autour du programme adopté par les Monégasques en 2023, sur lequel ils ont été élus, et dont ils se doivent d’être solidaires », ajoute les élus de la majorité, qui disent avoir découvert avec « étonnement » dans la presse le choix de ces deux élus, « sans l’ombre d’un échange préalable, ni avec le président, ni avec le groupe, ne serait-ce que par honnêteté et par courtoisie élémentaire ».



