jeudi 19 mai 2022
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Rénovation du Café de Paris :
la SBM investit 40 millions

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La Société des Bains de Mer s’apprête à investir 40 millions d’euros pour transformer et rajeunir le Café de Paris. Située sur la place du casino, cette institution devrait rouvrir ses portes fin juin 2023.

C’est à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 11 mars 2022 que la Société des Bains de Mer (SBM) a présenté dans le détail son projet pour le Café de Paris. Annoncé à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires, le 24 septembre 2021, la rénovation du Café de Paris a été lancée. Malgré une perte de – 103,3 millions d’euros en 2020-2021, et une série de résultats négatifs, la SBM continue donc d’investir, avec pour objectif d’engranger des revenus supplémentaires, à moyen terme. Pour le Café de Paris, les travaux ont été estimés à 40 millions d’euros. « L’esprit des lieux sera respecté, avait souligné Jean-Luc Biamonti le 24 septembre 2021. Nous avons retenu un architecte des bâtiments de France, qui est celui qui a refait l’hôtel Balmoral et la terrasse des jeux du grand casino. Il a donc l’habitude de respecter les bâtiments tels qu’ils existent et de les améliorer, sans les transformer complètement. » Pour ces travaux, la SBM a décidé de faire confiance au duo d’architectes composé du Monégasque Alexandre Giraldi et du Français Alain-Charles Perrot. Ce dernier a déjà réalisé la terrasse du casino en plein air, du côté de la mer, et les résidences de l’Hermitage, également connu pour être l’ancien Balmoral. « On a toujours été content de ce qu’il a fait, donc on l’a repris, a souligné Biamonti. Il sait garder les choses dans leur jus, et ne pas faire du super moderne quand ça n’a pas lieu d’être. » Les images projetées à l’occasion de cette conférence de presse sont venues soutenir ces propos prononcés en septembre 2021. Le timing annoncé semble aussi respecté, pour le moment, avec le dépôt d’un permis de construire en octobre 2021, et une validation pour le premier trimestre 2022. « Les travaux viennent de commencer », a indiqué le président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti.

Malgré une perte de – 103,3 millions d’euros en 2020-2021, et une série de résultats négatifs, la SBM continue donc d’investir, avec pour objectif d’engranger des revenus supplémentaires, à moyen terme. Pour le Café de Paris, les travaux ont été estimés à 40 millions d’euros

Nouveau management

Les changements concernent aussi le management de ce lieu iconique. La direction du Café de Paris, avec sa grande terrasse et sa brasserie, a été confiée à Eric Gorjux, qui était jusqu’alors en charge du Coya. Afin d’assurer le passage de témoin, Eric Gorjux a commencé à travailler avec Stefano Brancato dès le 27 décembre 2021. Directeur du Café de Paris depuis 26 ans, Stefano Brancato est parti à la retraite en janvier 2022. Ce chantier devrait aussi permettre de disposer de plus d’espace. En effet, alors qu’il offre aujourd’hui 10 000 m2 « utiles », le Café de Paris sera agrandi. Grâce notamment à une surface supplémentaire du plancher de la brasserie à l’étage, et à l’extension du deuxième étage, il s’étendra fin juin 2023 sur 13 000 m2. Une terrasse d’une surface de 1 000 m2 sera également ouverte en dernier étage. « En ajoutant toutes les terrasses, on arrive même à une surface de 14 000 m2 », a précisé Jean-Luc Biamonti. Pour continuer à faire fonctionner ce lieu malgré les travaux, depuis le 10 mars 2022 la brasserie du Café de Paris a été transférée à la salle Empire. Seules les boissons sont toujours servies, pour le moment, au Café de Paris, mais sous une tente.

Jean-Luc Biamonti conférence SBM Café de Paris
« Le samedi soir, chez Coya, pendant le Grand Prix de Monaco 2021, le prix moyen par couverts a été de 964 euros. » Jean-Luc Biamonti. Président-délégué de la SBM. © Photo Yann Sasportas Images

800 m2 de nouvelles boutiques

Ce chantier prévoit aussi l’ouverture de nouvelles boutiques. Des magasins seront déployées sur une surface de 800 m2 dans l’allée François Blanc, qui descend en direction du Buddha Bar, une chaîne de restaurants-bars “lounge” créée en 1996 par le Franco-Roumain Raymond Visan et le Franco-Tunisien Claude Challe, et qui est la propriété du groupe George V Eatertainment. « Pour certaines de ces boutiques, nous parlons avec des marques qui ne sont pas encore installées en principauté », a ajouté le président-délégué de la SBM, sans donner plus de précisions. L’objectif est de livrer ces boutiques « brutes » d’ici la fin de l’année 2022 aux différentes marques, afin de leur laisser le temps nécessaire pour réaliser les aménagements nécessaires, et espérer ainsi une ouverture fin mai 2023, pour le Grand Prix. En bas de l’allée François Blanc, se trouve aussi la salle le Grand Siècle, qui est l’une des salles du casino du Café de Paris. « Les deux escalators qui mènent à cette salle seront supprimés, une dalle sera construite, et les machines de jeux de cette salle seront remontées. Ce qui permettra de dégager de l’espace pour des commerces en bas, soit pour deux boutiques, soit pour une seule grosse boutique », a détaillé le président-délégué de la SBM.

La terrasse d’Amazónico devrait être utilisable environ six mois dans l’année. « Mais je ne vous dis pas les week-ends de Grand Prix, ce que ça va être… À mon avis, on se paye les travaux en deux week-ends de Grand Prix » a jugé le président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti

Amazónico

Enfin, le dernier étage du Café de Paris, qui abrite actuellement le salon Bellevue, sera occupé fin juin 2023 par Amazónico, un restaurant qui disposera donc d’une terrasse de 1 000 m2. « C’est un concept qui a démarré à Madrid, dans lequel l’entreprise qui est propriétaire de Coya, a pris une participation. Ils sont aussi à Dubaï, et à Londres. Ils font un carton partout, a assuré Jean-Luc Biamonti. C’est un concept brésilien, davantage tourné vers la viande que Coya, qui est plutôt poisson. Le concept d’Amazónico, c’est qu’il y a plusieurs ambiances dans le même restaurant, grâce à de petits coins. En plus du bar, il y aura aussi un jazz bar. C’est très festif. » La terrasse d’Amazónico devrait être utilisable environ six mois dans l’année. « Mais je ne vous dis pas les week-ends de Grand Prix, ce que ça va être… À mon avis, on se paye les travaux en deux week-ends de Grand Prix », a glissé avec gourmandise Jean-Luc Biamonti. Avant d’ajouter, afin d’étayer ses dires : « Le samedi soir, chez Coya, pendant le Grand Prix de Monaco 2021, le prix moyen par couverts a été de 964 euros. » Enfin, le concept Amazónico est toujours décliné avec une boîte de nuit, appelée Speakeasy, qui sera réservée aux clients de ce nouveau restaurant.

  • Café de Paris à Monaco maquette
  • Café de Paris à Monaco maquette
  • Café de Paris à Monaco maquette
  • Café de Paris à Monaco maquette
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« On fera du mieux possible, mais il y aura un peu de nuisances, a reconnu Jean-Luc Biamonti. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de démolitions. Donc il n’y aura pas le bruit et la poussière de la démolition. Il n’y a pas non plus de fondations à faire, on rajoute sur de l’existant. Mais il y a aura un tout petit peu de gêne… »

Souvenirs

La SBM continue donc de multiplier les marques et les concepts. Jean-Luc Biamonti assume, évoquant une tendance du marché actuel. « Ces grandes marques que sont Nusr-Et, Zuma, La Petite Maison notamment, agissent comme des aimants pour la clientèle. Chez Amazónico, j’aime l’idée de multiplier les petits coins. Cela permet d’avoir beaucoup d’ambiances différentes dans un même lieu », a justifié le président-délégué de la SBM. Enfin, tout n’étant pas encore définitivement décidé, la question de l’emplacement de la boutique de souvenirs reste posée. Mais son avenir semble assuré, comme l’a assuré Jean-Luc Biamonti : « Il est certain qu’on refera une boutique de souvenirs qui sera très bien placée. Il y aura toujours la possibilité d’acheter des journaux et des cigarettes quelque part autour. » Reste en tout cas à assurer des travaux sans multiplier les nuisances, dans un quartier très symbolique de la principauté, qui attire beaucoup de touristes. L’opération s’annonce extrêmement sensible, alors que les élus du Conseil national se sont régulièrement plaints d’une baisse de la qualité de vie à Monaco à cause de la multiplication de chantiers trop bruyants. « On fera du mieux possible, mais il y aura un peu de nuisances, a reconnu Jean-Luc Biamonti. L’avantage, c’est qu’il n’y aura pas de démolitions. Donc il n’y aura pas le bruit et la poussière de la démolition. Il n’y a pas non plus de fondations à faire, puisqu’on rajoute sur de l’existant. Mais il y a aura un tout petit peu de gêne… »

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Monaco Hebdo