Le syndicat monégasque des caisses de la Société des bains de mer (SBM) a décidé de s’affilier à l’union des syndicats de Monaco pour mieux peser dans les négociations avec sa direction. Les membres de ce syndicat réclament un rééquilibrage des salaires, et menacent de faire grève lors du Grand Prix de Monaco, s’ils n’obtiennent pas gain de cause.
Le syndicat monégasque des caisses de la Société des bains de mer (SBM) s’est affilié à l’union des syndicats de Monaco (USM). Il devient ainsi le 43ème syndicat de cette organisation qui fête ses 80 ans cette année 2024, et le 10ème membre affilié des 14 syndicats de la SBM. La raison ? Leurs membres estiment avoir besoin de renfort — juridique, logistique et administratif — pour faire valoir leurs revendications. Ils réclament notamment l’équité salariale, pour l’ensemble des salariés de ce service, alors que des écarts de moitié existeraient, selon eux, entre des salariés des caisses, à compétence et temps de travail égal : « Des Monégasques gagnent moins que des étrangers, des femmes gagnent moins que des hommes, à condition de travail et heures de travail égales, et des cadres gagnent moins que des subalternes, assure Luigino Bonomelli, secrétaire général de cette association, et délégué du personnel. On note des écarts de moitié parfois entre certains salariés. Ces différences, ce n’est plus possible. On ne voit ça dans aucun autre service de la SBM. » Ces disparités existeraient depuis la refonte des conventions collectives de la SBM, soit depuis 2012. Ce syndicat n’étant pas signataire de ces dernières conventions, il demande à ce qu’une convention collective, propre aux caisses de la SBM, soit conclue pour garantir l’équité salariale et la stabilité des conditions de travail. Ils refusent, toutefois, de révéler le montant des salaires actuels de leur profession à la SBM, par souci de « pudeur et de sécurité ».
« Des Monégasques gagnent moins que des étrangers, des femmes gagnent moins que des hommes, à condition de travail et heures de travail égales, et des cadres gagnent moins que des subalternes »
Luigino Bonomelli. Secrétaire général du syndicat monégasque des caisses de la Société des bains de mer (SBM) et délégué du personnel
Équité salariale
Dans ce service composé d’un peu moins de 90 salariés, dont 80 % sont syndiqués selon ce secrétaire général, les responsabilités seraient grandes : gestion des jetons, administration client, et lutte anti-blanchiment. « Nous sommes pénalement responsables en cas de problème », explique Cédric Culotto, trésorier du syndicat des caisses. Or, depuis l’offensive russe en Ukraine, entamée le 24 février 2022, et depuis que Monaco est sous la pression de Moneyval, la charge de travail aurait considérablement augmenté pour ce service de la SBM, alors que les effectifs seraient restés constants : « La mission anti-blanchiment s’est ajoutée progressivement à notre fiche de poste. Elle est très chronophage et demande beaucoup de professionnalisme, notamment envers la clientèle russe à qui on doit expliquer qu’elle ne peut pas toucher ses gains du casino, à moins de justifier une attestation de résidence en dehors de la Russie, depuis que la guerre a éclaté », explique Luigino Bonomelli. Mais ce n’est pas cette charge de travail qui pose problème aux yeux de ce syndicat : « La surcharge de travail fait partie de notre travail, nous l’assumons, ajoute le secrétaire général. En revanche, nous voulons l’équité salariale. Cela fait trois ans qu’on en parle sérieusement avec la direction de la SBM, et on nous répond à chaque fois qu’il n’y a pas assez d’argent pour le permettre. » Un rendez-vous a été fixé le 17 avril 2024 avec la direction de la SBM. Si aucun accord n’est conclu à cette date, ce syndicat menace de faire grève lors du Grand Prix de Formule 1, du 23 au 26 mai 2024.
« La mission anti-blanchiment s’est ajoutée progressivement à notre fiche de poste. Elle est très chronophage et demande beaucoup de professionnalisme, notamment envers la clientèle russe »
Menace de grève : la direction de la SBM réagit
« Il a été porté à notre connaissance la tenue d’une communication envers la presse de trois représentants du syndicat des caisses de la SBM. Il est pour le moins étonnant que ces nouveaux dirigeants s’adressent à des journalistes avant de demander à rencontrer les responsables de leur entreprise. En effet, la direction des ressources humaines les a elle-même conviés à une réunion d’échanges, qui aura lieu le 17 avril 2024, afin de faire leur connaissance. Nous précisons que ce service a été réorganisé en 2019 et 2020, avec une revalorisation significative des grilles de salaires. Nous tenons aussi à rappeler que la Société des Bains de Mer (SBM) a construit pour l’ensemble de ses salariés, au fil des années, un véritable modèle social envié de tous, qui repose sur de nombreuses mesures, souvent qualifiées d’exceptionnelles, tant elles confèrent des avantages importants à nos salariés. Ces dispositions n’ont pas d’équivalent pour ce métier des jeux également, dans tous les casinos concurrents. »



