dimanche 25 septembre 2022
AccueilEconomieLes valeurs moyennes, un univers sans cesse renouvelé

Les valeurs moyennes, un univers sans cesse renouvelé

Publié le

stockage de produits pétroliers
Rubis, qui est spécialisé dans le stockage de produits pétroliers et la distribution de GPL, a réalisé en décembre une acquisition d'envergure venant renforcer de façon significative les positions qu'il a acquises depuis 2005 dans la zone Caraïbes.© Photo D.R.

Pour Daniel Fighiera, responsable de la gestion valeurs moyennes de Rothschild & Cie, les midcaps ont encore de beaux jours devant elles. Mais la sélection reste de rigueur.

Monaco Hebdo?: Les valeurs moyennes peuvent-elles encore faire mieux que les grandes valeurs au cours des prochains mois??

Daniel Fighiera?: Les indices composés de valeurs moyennes affichent depuis une décennie des performances boursières annuelles plutôt supérieures à celles des indices composés uniquement de grandes valeurs, exception faite des années 2004 et 2008. Ces sociétés ont gagné en crédibilité auprès des investisseurs en raison notamment d’une internationalisation croissante. Elles ont par ailleurs, en général, un profil industriel, et donc plus cyclique, qui leur permet d’amplifier les phases de reprise boursière, comme cela a pu être le cas en 2009 et 2010. Mais leur valorisation est désormais en moyenne supérieure à celle des grands indices boursiers, toujours pénalisés par la prépondérance des valeurs financières. Après deux années de fort rebond, il ne serait pas anormal que les valeurs moyennes progressent plus modérément à court terme, notamment comparé aux grandes valeurs. Mais leur histoire n’est pas finie.

M.H.?: Quelle est, selon vous, la dynamique de long terme qui porte ces valeurs en Bourse??

D.F.?: Au-delà des arguments traditionnels consistant à mettre en avant des modèles économiques plus simples à comprendre et un management très impliqué car souvent associé au capital, les valeurs moyennes constituent un univers d’investissement très vaste au sein duquel il y a toujours des histoires nouvelles qui émergent. Ces sociétés peuvent en effet, grâce à des acquisitions, souvent d’envergure, donner un nouvel élan à leur stratégie de croissance et changer de dimension. A l’inverse, dans les grands groupes mondiaux, l’intégration d’une nouvelle société est plus longue et plus risquée. L’impact des acquisitions en termes de croissance du chiffre d’affaires est aussi souvent plus dilué.

M.H.?: Pouvez-vous nous donner des exemples de « nouvelles histoires »??

D.F.?: Norbert Dentressangle, spécialiste du transport et de la logistique a annoncé, fin novembre, l’acquisition du britannique TDG. Cette société dégage un chiffre d’affaires qui représente près d’un tiers de celui de Norbert Dentressangle et va ainsi lui permettre d’accélérer sensiblement sa croissance sur le marché britannique. De même, Rubis, qui est spécialisé dans le stockage de produits pétroliers et la distribution de GPL, a réalisé en décembre dernier une acquisition d’envergure venant renforcer de façon significative les positions qu’il a acquises depuis 2005 dans la zone Caraïbes. Qui plus est, cette acquisition s’est accompagnée d’une augmentation de capital permettant aux actionnaires qui y ont souscrit de bénéficier de cette nouvelle dynamique. La société italienne Marr, un des leaders sur son marché domestique de la distribution de produits alimentaires pour l’industrie hôtelière et de la restauration, devrait également profiter de la concentration de son secteur, toujours très atomisé et régional en Italie, pour réaliser des acquisitions et ainsi accroître son profil de croissance tout en respectant sa traditionnelle maîtrise des risques en la matière.

M.H.?: Plus généralement, quel type de valeurs moyennes privilégiez-vous actuellement??

D.F.?: Nous recherchons des sociétés bénéficiant d’une stratégique de croissance pérenne sur le long terme, qu’elle soit axée sur les marchés domestiques ou internationaux. Nous sommes donc très attentifs aux positions concurrentielles, à la visibilité sur la croissance du chiffre d’affaires mais également à la qualité du management, le tout, bien sûr, à un prix raisonnable. Etant donné l’envolée des valeurs industrielles et cycliques ces derniers temps, nous privilégions désormais les sociétés au profil plus « défensif » qui n’ont pas encore profité pleinement du rebond des marchés, avec si possible un rendement attractif. Marr fait d’ailleurs partie de cette catégorie avec un rendement de 5,5 %. C’est également le cas de PagesJaunes qui offre un rendement de quelque 8 %. Même si le profil de croissance de cet éditeur d’annuaires est plus modéré, le risque lié à son endettement me semble désormais maîtrisé et la croissance des dividendes, en conséquence, sécurisée.

Un marché de l’immobilier de bureaux à deux vitesses
Les spécialistes de BNP Paribas IP mettent en avant l’évolution à deux vitesses du marché européen de l’immobilier de bureau. « Bien que les locataires hésitent à louer de nouveaux locaux en raison de perspectives économiques incertaines, ils sont conscients qu’il leur est possible de louer des bureaux de premier ordre à des loyers raisonnables, soulignent-ils. Sur les principaux marchés européens de l’immobilier de bureau, la hausse de la demande, associée à la faiblesse de l’offre nouvelle, soutiendra les loyers. » En revanche, la situation des actifs secondaires et des emplacements de second choix demeure difficile. « Les locataires étant plus intéressés par de nouveaux espaces modernes, de nouvelles baisses des loyers sont en effet à prévoir. »
La consommation américaine anormalement élevée fin 2010
Affichant un taux de croissance de 4 %, inconnu depuis près de 4 ans, la consommation des ménages américains a bénéficié au quatrième trimestre 2010 de la vague de renégociations des crédits immobiliers, provoquée par la baisse des taux longs. « Mais cette baisse sensible du taux d’épargne est ponctuelle, car peu justifiée par les fondamentaux », prévient Laurent Berrebi, directeur des études économiques chez Groupama AM. La consommation devrait, donc selon lui, retrouver un taux de croissance de 2 % d’autant que le marché de l’emploi continue à se dégrader.

Publié le

Monaco Hebdo