
Bonne nouvelle pour Catherine Deneuve. Les musées américains font de plus en plus appel à des stars pour inaugurer leurs expositions. De quoi diversifier les activités des peoples aux fins de mois difficiles. La mode est partie de Californie où les tapis rouges sont désormais de toutes les inaugurations muséales, foulés par d’augustes célébrités. Les musées y gagnent bien sûr en glamour, et les stars y reçoivent une onction culturelle un rien plus costaude que lorsqu’elles inaugurent une boutique. Bonne nouvelle aussi pour Larry Gagosian, le plus célèbre galeriste du monde. Trois jours après l’inauguration de sa succursale parisienne, fin octobre, Monsieur Gagosian annonçait 15 millions d’euros de recettes provenant de la vente de tableaux de Cy Twombly, à l’honneur dans son nouveau fief situé près des Champs-Elysées. Mais les nouvelles sont moins bonnes pour le Chinois Ai Weiwei, l’un des artistes les plus cotés du moment. Son atelier installé il y a peu à Shanghai à la demande expresse du maire de la ville est en passe d’être rasé sur ordre du gouvernement de Pékin. Au motif officieux que Monsieur Weiwei prend trop bruyamment position contre les autorités de son pays. Cela lui pendait au nez depuis plusieurs mois, mais l’Exposition universelle de Shanghai interdisait d’intervenir plus tôt. Raison de plus pour aller voir ses œuvres à la Tate Modern de Londres, où, désirant « une installation sensorielle », il expose un tapis géant de graines de tournesol en porcelaine de 1?000 m2. On pouvait s’y prélasser à l’inauguration, ou faire crisser l’une de ces graines sous ses dents, mais la poussière dégagée par ce contact direct entre l’œuvre et le public avait un risque toxique… A la Tate, il n’est pas interdit de préférer à Ai Weiwei la formidable rétrospective Gauguin.



