vendredi 27 mai 2022
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Né dans la rue, cloîtré au musée

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Oui à l’art populaire?! Pourvu, seulement, qu’il se plie aux diktats des autorités?! Le Musée d’art contemporain de Los Angeles, le MOCA, inaugure une exposition consacrée au street art, les graffitis nés dans la rue. Première du genre dans un musée américain. Seulement voilà?: depuis quelques jours, dans les environs du MOCA, on assiste à une recrudescence de graffiti sauvages, sur des commerces, sur des lampadaires, etc. Jeffrey Deitch, directeur du musée, a donc chargé des agents de sécurité de patrouiller alentour, pas pour verbaliser les taggeurs considérés comme anarchistes, mais pour les inviter à venir voir l’exposition, et, ainsi, leur donner envie de gagner beaucoup d’argent en exposant un jour leurs œuvres dans un musée, eux aussi. C’est sûr, nos amis taggeurs vont adhérer… Enfin?! une conservatrice comprend la politique culturelle sarkozyenne?! Il s’agit d’Anne Baldassari, directrice du Musée Picasso, à Paris. L’endroit, fermé pour travaux jusqu’en 2013, en profite pour faire tourner ses collections, dans une exposition qui parcourt le monde entier. A la fin de sa tournée, Chefs d’œuvre du Musée Picasso, c’est son nom, aura rapporté seize millions d’euros. Il n’en restera plus que sept à trouver pour payer les travaux de réaménagement envisagés, vingt-deux autres étant pris en charge par l’Etat, heureux d’aider une partenaire si méritante. Reste que nombre des confrères de Madame Baldassari lui reprochent de participer à la marchandisation des collections nationales. A Paris, encore, direction le Musée de l’Armée, à l’hôtel des Invalides, pour une exposition, Sous l’égide de Mars – Armures des princes d’Europe qui propose les pièces maîtresses des plus grandes collections d’armures européennes et américaines. On succombe au glamour de la guerre.

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