2015, année de la Russie à Monaco. Pendant un an, 140 manifestations culturelles et artistiques vont se succèder. Un programme qui a démarré avec un événement phare : une représentation du ballet du Bolshoï sur une création de Jean-Christophe Maillot.
« Il n’y a pas de plus beau symbole que de voir des artistes collaborer sur un projet commun. C’est ça, la rencontre entre les peuples », résume le directeur des Ballets de Monte-Carlo. Les peuples ? Ceux de Russie et ceux de Monaco.
« Extraordinaire »
Le projet ? Une adaptation de La Mégère apprivoisée de William Shakespeare (1564-1616), par le ballet du Bolchoï, imaginée par Jean-Christophe Maillot. C’est par cette représentation qu’a été officiellement lancée l’année de la Russie, vendredi 19 décembre. Ce spectacle illustre parfaitement les bonnes relations entre la Principauté et la Russie. Pendant trois mois, Jean-Christophe Maillot a travaillé avec son homologue russe, Sergei Filin, afin d’aboutir à une première en juillet à Moscou, « qui s’est passée de manière extraordinaire. »
Baguette
Au Grimaldi Forum, c’était au tour de la Principauté de découvrir cette adaptation de la pièce de Shakespeare, avant qu’elle reparte en Russie. Une adaptation dont même la musique marque cette collaboration : le chorégraphe Jean-Christophe Maillot a construit « la partition musicale d’oeuvres diverses de Chostakovitch (1906-1975) », jouée par l’Orchestre philharmonique de Monaco (OPMC) sous la baguette d’Igor Dronov.

« Machistes »
La Mégère apprivoisée, c’est un projet que le directeur des ballets de Monte-Carlo a depuis longtemps en tête. Vingt-trois ans exactement : depuis sa rencontre avec la danseuse étoile, Bernice Coppieters (lire ci-contre). « J’avais envie de raconter cette histoire », assure Jean-Christophe Maillot, même s’il juge l’œuvre « clichée, avec des sentiments machistes. Toutes les femmes […] seraient offusquées du contenu de cette pièce ! » Alors, comme à son habitude, le chorégraphe dépoussière. Il a débarrassé le ballet de tout cet aspect-là, en gardant « l’idée simpliste de ces danseurs russes dominants. »
Amitié
En sort une œuvre mystérieuse, qui apporte satisfaction au directeur des ballets de Monte-Carlo, comme à celui du Bolchoï. C’est ce dernier, Sergei Filin, qui a proposé à Jean-Christophe Maillot de travailler avec les danseurs russes. Une rencontre faite il y a trois ans, et qui marque un tournant pour le ballet du Bolchoï. C’est la première fois qu’un chorégraphe étranger est invité à créer une soirée entière pour la compagnie russe. Aujourd’hui, une vraie amitié est née entre les deux hommes. Comme un symbole, s’il en fallait un, de cette entente entre les deux pays.
Expositions
Les échanges entre la Russie et Monaco vont se poursuivre pendant toute l’année 2015. Une manifestation supervisée par Jean-Sébastien Fiorucci, conseiller technique au département des Finances, en charge de l’année de la Russie avec l’ambassadeur Henri Fissore. Toutes les thématiques seront abordées : la culture, les spectacles et les ballets mais aussi les expositions. L’une d’entre elle, qui débute le 12 juillet, est l’un des points d’orgue de cette année. De Chagall (1887-1985) à Malevitch (1879-1935), la révolution des avant-gardes mettra en avant des « chefs d’oeuvre de cette période extraordinaire de 1905 à 1930 », explique le commissaire d’exposition Jean-Louis Prat. Il a obtenu des prêts de grandes institutions russes, comme le musée d’État russe de Saint-Petersbourg, le musée Pouchkine ou la galerie nationale Tretiakov de Moscou. Mais aussi françaises, comme le centre Georges-Pompidou de Paris.
« Lancement »
Près de 150 oeuvres qui seront présentées aux cimaises du Grimaldi Forum jusqu’au 6 septembre. Les autres thématiques comme l’histoire, l’éducation, le sport, les sciences, l’économie et même gastronomie seront également abordées. 140 événements en tout sont organisés dans le cadre de cette année de la Russie. Une idée qui remonte à 2013, lors de la visite officielle du prince Albert II au pays des tsars. Une façon de rendre hommage à plus de 150 ans de lien entre ces deux pays. Une idée désormais concrétisée, mais qui est loin d’être un aboutissement. Plutôt « une rampe de lancement », selon Henri Fissore, ambassadeur de Monaco, « qui devrait porter les relations bilatérales entre les deux pays à un niveau encore plus élevé. »




