vendredi 20 mai 2022
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Duane Hanson à la villa Paloma

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Jusqu’au 28 août, le Nouveau Musée National de Monaco présente le travail de l’artiste américain Duane Hanson. Venues de la Serpentine Galleries de Londres, une dizaine de ses sculptures hyperréalistes et grandeur nature représente des Américains de la classe moyenne.

Depuis plusieurs jours, les panneaux publicitaires à Monaco et dans toute la Côte d’Azur interrogent le passant. Sous le nom de l’artiste américain Duane Hanson (1925-1996), on voit une femme afro-américaine poussant un chariot de ménage. Son jogging vert et son air désabusé laissent penser à une photo prise sur le vif. Pourtant, cette Américaine n’existe pas. Il s’agit de l’une des sculptures grandeur nature qu’a réalisée cet artiste. A la Villa Paloma, la scénographie pourra en surprendre plus d’un. Habilement installée dans l’un des couloirs, Queenie II, le nom attribué par l’artiste à cette œuvre contemporaine, donne l’impression d’être vraiment en train de faire le ménage. « The Serpentine Galleries de Londres nous a offert de reprendre l’exposition. J’ai mis quelques temps à réagir. Le jour où j’ai accepté cette proposition, les œuvres devaient retourner à New York » se souvient Marie-Claude Beaud, directrice du Nouveau Musée National de Monaco (NMNM). Dix œuvres sont à découvrir au sein de la villa Paloma : du cowboy au peintre en bâtiment, en passant par le bébé dans sa poussette et même un autoportrait de l’artiste. « Evoquant le mouvement pop art de l’époque, ses sculptures transforment la banalité et l’insignifiance du quotidien en matériel iconographique », expliquent les organisateurs.

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Vie quotidienne

« On voulait consacrer deux étages à Duane Hanson, car on s’était aperçu qu’ils avaient une intensité assez grande dans leur configuration pour faire un projet et que le troisième étage pouvait exister seul » explique Marie-Claude Beaud. Dans ces pièces blanches, les sculptures constituées de bronze ou de vinyle prennent toute la place. « Il y a une force de représentation incroyable. Dans une salle comme ça, ils remplissent tout », ajoute la directrice du NMNM. « Au début, dans les années 60-70, son travail était tourné vers un univers plus violent, qui parlait notamment des émeutes. Une période beaucoup plus politique. Avec ces sculptures, Hanson s’intéresse à la vie quotidienne. La société de l’époque était assez désintéressée. Le choix des magazines éparpillés autour des sculptures est très intéressant », souligne Cristiano Raimondi, chargé du développement et des projets internationaux au NMNM. Le travail d’Hanson évoque donc la représentation d’individus du quotidien. Un travail qui ne cherche pas à occulter les aspects satiriques de ces personnages. Comme cette femme au foyer, bigoudis sur la tête, cigarette aux lèvres et aspect général négligé, que ce sculpteur américain réalise en 1970. Duane Hanson montre le visage d’une société américaine de consommation qui lit paresseusement les actualités du monde. « Je m’intéresse avant tout à la forme humaine, en tant que sujet et en tant que moyen d’expression pour ma sculpture. Qu’est-ce qui peut susciter plus d’intérêt, de fascination, de sentiment de beauté ou de laideur, de joie, de tristesse, de surprise ou de mépris qu’un être humain ? », avait mis en avant Duane Hanson dans un texte écrit à Davie, en Floride, le 1er mars 1982.

 

« Vanités »

A proximité immédiate des œuvres de cet artiste, un dialogue s’instaure avec la vidéo d’Oscar Murillo, un “performer” colombien. Dans Meet me ! Mr Superman, 2013-2015, il montre une scène de rue à La Paila, sa ville natale, dans laquelle les gens bavardent, boivent et dansent sur une musique jouée en “live”. Agé de 29 ans, cet artiste sud-américain travaille sur des peintures, des vidéos et des performances liées à la notion de communauté. Celui-ci vit et travaille désormais à Londres.

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Enfin, le dernier étage de la villa est consacré à Roland Flexner. « Ses œuvres ne visent pas le sujet, mais interrogent les conditions d’apparition des formes dans l’espace de la feuille de papier » détaille Beaud. Ce Niçois, âgé de 72 ans, vit et travaille à New York depuis 1981. A Monaco, il présente près de 80 dessins issus de diverses séries. Des dessins « dont chacun peut être lu soit de manière individuelle, soit comme partie d’un ensemble » insistent les organisateurs. « Ces dessins sont issus d’une série que j’avais intitulée Figures et vanité qui comportaient des portraits et des figures et d’autre part des Vanités qui étaient un genre de la peinture hollandaise du XVIIème siècle », raconte Roland Flexner. Dans une autre salle, on découvre les dessins qu’il a conçus au graphite liquide. Il y a aussi ceux réalisés grâce à la méthode traditionnelle japonaise suminagashi, un mélange de gélatine et d’encre noire, qu’il a étudiée lors d’un séjour dans ce pays en 2004. Très prochainement, une œuvre de Jochen Gerner représentant un travail de réflexion sur l’image imprimée, aux frontières de la bande dessinée et de l’art contemporain, sera aussi exposée.

 

+ d’info sur www.nmnm.mc ou au + 377 98 98 48 60. Villa Paloma, 56 Bd. du Jardin exotique. Jusqu’au 28 août. Tous les jours de 11h à 19h. Tarifs : 6 euros. Gratuit pour les moins de 26 ans. Entrée gratuite tous les dimanches.

 

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Monaco Hebdo