samedi 18 avril 2026
AccueilCultureCaubère et les romans de sa vie

Caubère et les romans de sa vie

Publié le

En octobre puis en novembre, Philippe Caubère viendra jouer à Monaco sa Danse du diable puis Bac 68. Des pièces autobiographiques, où il reste seul en scène pour interpréter une pléiade de personnages.

 

Alors qu’il entame une tournée française de plusieurs mois, l’acteur-auteur Philippe Caubère se veut optimiste. Samedi 10 octobre, il propose la version 2015 de sa célèbre Danse du Diable, créée en 1981 pour le festival d’Avignon. « J’avais envie de faire revivre ces personnages. Pour cela, autant reprendre le premier spectacle, celui qui a donné naissance à tous les autres » explique t-il. Aujourd’hui âgé de 65 ans, Caubère a fait évoluer son jeu, même s’il n’a pas touché au texte initial. « Ce qui a changé, c’est moi, assume t-il. Le regard n’est plus le même. » Il en veut pour exemple le personnage central de la pièce, celui de Claudine, qui représente sa mère. « Quand j’ai créé ce rôle, j’étais presque dans la caricature. Ce n’était pas une vengeance, mais plutôt une revanche sur l’adolescence très difficile qu’elle m’avait fait subir. Aujourd’hui, c’est autre chose. Je suis bien plus vieux que l’âge qu’elle avait quand elle est morte ».

 

« Poétique »

Seul sur scène, il interprète des personnages aussi divers que le général De Gaulle (1890-1970), Ravi Shankar (1920-2012) ou François Mauriac (1885-1970). « La Danse du Diable est une pièce poétique et bourrée d’histoire » complète Caubère. A Monaco, il aura la chance de l’exécuter dans la salle Garnier de l’opéra de Monte-Carlo. Quelques semaines après, il investira le théâtre des Muses pour jouer Bac 68, une adaptation d’un épisode de l’Homme qui danse : « Il s’agit d’une sorte de chronique familiale qui aurait pu s’appeler « une jeunesse française ». Ça raconte comment 1968 arrive au sein d’une famille bourgeoise moyenne en Provence ». Jusqu’en février prochain, cet artiste provençal alternera entre les deux pièces. « Ce sont des romans vivants qui m’obligent à m’immerger dans la matière, le texte et la mise en scène. » Des pièces qui dépendent l’une de l’autre : « L’histoire du Bac 68 est une digression dans La Danse du Diable, une histoire dans l’histoire ».

 

Galabru

Il espère attirer aux représentations des gens de sa génération, aussi bien que leurs enfants et même leurs petits-enfants. « J’avais envie de faire une pièce sur le bac car c’est quand même un mystère français. Pourquoi suscite t-il tellement de peur, d’angoisse, d’adrénaline, d’enjeux ? En jouant le Bac 68, je joue le bac » souligne t-il. Il revit aussi une période charnière. « On vivait quelque chose de plus du tout adapté à l’époque, 68 a été quelque chose de violent. Mais 68 a sauvé la vie de ma génération », estime ce comédien. Sur scène, il souhaite donner cette impulsion et transmettre l’âme d’enfant qui l’anime. Son mentor, le comédien Michel Galabru, l’a beaucoup inspiré dans la poursuite de cette voie. « A 93 ans, il continue à s’amuser comme un enfant, à faire rire le public et à être le plus virtuose des comédiens ». A Monaco comme sur les autres scènes de France qui l’accueilleront, Caubère poursuivra l’introspection débutée sur la scène du festival d’Avignon, en juillet 1981.

 

Informations pratiques :

La Danse du Diable, salle Garnier de l’Opéra de Monte-Carlo, samedi 10 octobre à 20h. Tarifs : de 20 à 35 euros. Renseignements : + 377 93 25 32 27
Le Bac 68, théâtre des Muses vendredi 27 et samedi 28 novembre à 21h puis le dimanche 29 à 16h30. Renseignements : + 377 97 98 10 93

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail