
Les artistes peuvent être d’une certaine utilité aux tyrans de tous bords, à condition que ceux-ci s’intéressent à la production de ceux-là. C’est ce qui ressortait des œuvres réunies à la Foire d’art contemporain de Marrakech, au Maroc, du 30 septembre au 3 octobre. Enfants en butte aux inégalités sociales de leurs pays, couples d’amoureux exprimant très fort leur désir de vivre leur amour au grand jour, foules demandant plus de libertés?: ces photos et vidéos avaient été prises dans le tout monde arabe avant que n’éclatent les révolutions tunisienne, égyptienne ou libyenne, et témoignaient d’un évident besoin de libération. Ah?! si nos amis dictateurs s’informaient de leurs productions artistiques locales, ils ne perdraient pas si vite leur trône?! Il leur reste à s’offrir un abonnement à Beaux-Arts Magazine… L’automne étant propice aux séjours irlandais, on ne saurait trop conseiller une visite à la Dublin Contemporary 2011, première manifestation internationale d’art contemporain là-bas. Là encore, beaucoup d’œuvres engagées socialement et politiquement. Et puis, avouons-le, nous avons décidé, dans notre grande bonté, d’aider les nécessiteux. Il se trouve que le budget total de la foire de Dublin correspond à peine à celui alloué uniquement à la communication de la Biennale de Lyon, soit sept millions d’euros. Profitons, tant qu’elles existent encore, de ces manifestations. Pour pallier les coupes claires exécutées dans les budgets des musées du monde entier, l’idée commence à naître que de nombreuses institutions, y compris parmi les plus prestigieuses, pourraient n’exposer qu’un seul chef d’œuvre dans leurs murs, ce qui leur éviterait des frais de personnel et d’accueil du public?!



