Pendant que l’AS Monaco connaît les pires difficultés en championnat, l’équipe des moins de 17 ans, entraînée par Bruno Irles, réalise une excellente saison. Un espoir pour l’avenir du club pro??
Par Romain Renner.
La Ligue 2 se rapproche pour les uns, les victoires s’enchaînent pour les autres. Si les pros sont au plus mal, la relève, elle, se porte bien. Avec 50 points à leur actif, les moins de 17 ans de l’ASM pointent actuellement à la deuxième place de leur championnat derrière l’Olympique de Marseille et devant l’OGC Nice. Cette position flatteuse ne fait pas perdre de vue à Bruno Irles l’objectif premier de la formation?: « Ils sont là pour apprendre le haut niveau ». S’il ne pense pas à un éventuel titre, l’entraîneur des -17 est satisfait de son groupe. « Marseille finira peut-être devant mais il y a plus de futurs professionnels dans mon équipe », déclare-t-il, confiant.
Pour former ses jeunes pousses, Bruno Irles n’hésite pas, comme il le dit lui-même, à se mettre en danger. « Je change régulièrement les systèmes de jeu et je fais jouer beaucoup de garçons nés en 1995, mes plus jeunes », explique-t-il. Ancien « pro », l’entraîneur sait qu’il faut que ses joueurs apprennent un maximum durant leur formation?: « Trois années, ça passe vite. Ils n’ont pas le temps de s’égarer ».
Tout passe par le mental
Sur le terrain, les joueurs sont appliqués et l’envie dont font preuve ces jeunes sportifs pourrait bien servir d’exemple aux grands frères, pensionnaires de Ligue 1. Certes, quelques gestes superflus et autres errements tactiques viennent rappeler qu’ils ont encore beaucoup à apprendre mais on sent chez ces futurs pros – du moins, c’est ce qu’on leur souhaite – un véritable potentiel sublimé par une bonne cohésion sur le terrain. Il suffit d’assister à la célébration d’une victoire dans le vestiaire pour voir que les adolescents cohabitent parfaitement et sont réellement unis.
Cet état d’esprit positif fait partie intégrante de la formation inculquée par le club rouge et blanc. « Avant, on axait tout sur le physique ou la tactique. Aujourd’hui, ce qui compte c’est le mental », confirme Bruno Irles. « Un joueur qui peut me faire gagner le championnat mais qui n’a pas de mental ne m’intéresse pas », poursuit-il. Avant de préciser qu’aucun égo surdimensionné n’est à déplorer dans son groupe et que de toute façon, « s’il y en avait un, il serait mis à la porte immédiatement ».
Quel avenir pour ces joueurs??
Plein d’ambitions, les jeunes Asémistes aspirent tous à passer à l’étape supérieure et à évoluer un jour dans une équipe de haut niveau. Ils ne joueront d’ailleurs pas tous pour le club princier bien que le but de leur présence en -17 soit de les y amener. « Certains ne terminent pas la formation, vont à l’étranger pour gagner plus d’argent mais finissent par se perdre », déplore le coach. D’autres, parce qu’ils n’ont pas le niveau requis, rejoignent des clubs de plus bas standing ou arrêtent défintiviement. Bruno Irles relativise ce dernier cas de figure?: « Il n’y a pas que le foot dans la vie et s’ils réussissent ailleurs, nous sommes contents pour eux ».
Pour le formateur, certains de ses hommes ont un fort potentiel et devraient réussir à atteindre le très haut niveau. S’il ne donne pas de noms, on peut notamment penser à Morgan Kamin (17 ans) et Tafsir Chérif (15 ans) très influents dans le jeu et régulièrement buteurs. A l’image de Claude Puel, Emmanuel Petit ou, plus récemment, Nampalys Mendy, ces jeunes semblent bien partis pour perpétuer la tradition de formation du club.
De son côté, Bruno Irles travaille aussi son avenir. « Je suis en formation, comme mes joueurs », se plaît-il à rappeler. L’ancien pro passe actuellement ses diplômes d’entraîneur et se laisse le temps d’apprendre son métier avant d’éventuellement penser à passer à l’étape supérieure et prendre la tête d’un club de l’élite. Mais pour lui, comme pour ses hommes, « chaque chose en son temps ».




