vendredi 17 avril 2026
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Amara Sy : « Le club est
de plus en plus ambitieux »

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En septembre, la Roca Team avait promis de confirmer ses ambitions. Après trois mois et seulement trois défaites encaissées, les basketteurs de l’AS Monaco dominent le championnat de Pro A et défendent leur place au niveau européen. Premier bilan avec le capitaine de l’équipe, Amara Sy.

Comment se déroule la saison ?

Tout se passe comme prévu, mis à part quelques pépins physiques pour Jamal Shuler, Brandon Davies et Sergii Gladyr. La trêve arrive au bon moment, car les organismes commencent à être un peu endommagés.

Votre bilan ?

Toutes compétitions confondues depuis le début de saison, nous comptabilisons seulement trois défaites. On a signé de grandes performances, notamment à l’extérieur. Les gens veulent notre chute. C’est ce qui nous maintient motivés et qui fait que l’on continue à travailler dur.

Un mot sur ces défaites ?

Contre Nancy (1), c’était vraiment un cadeau de Noël avant l’heure… Contre l’équipe de Banvit Bandirma (2) en Champions League, on perd de 15 points, mais cela ne reflète pas du tout la physionomie du match. En revanche contre Paris Levallois (3), notre première défaite à domicile, il n’y a pas de débat.

Vraiment ?

Ils nous ont dominés. Et à partir du troisième quart-temps, on s’est arrêtés de jouer. C’était vraiment mérité. Ils étaient vraiment meilleurs que nous ce jour-là. On encaisse 98 points. Alors que le record, c’était 70 points contre Gravelines-Dunkerque.

Comment se passe votre première saison au niveau européen ?

Je ne pense pas que notre statut ait changé. Il faut dire la vérité. Dans notre groupe, à part les trois favoris Banvit, Francfort et Aris Salonique, il n’y a pas de gros clubs. Dès le début, nous avons réussi à nous imposer, en réalisant de grosses performances. On verra si on passe le premier tour. Si on arrive à finir premier ou deuxième de notre groupe, ça deviendra un peu plus sérieux. Pour l’instant, ça ne reste que la phase de poule. C’est comme un round d’observation.

Satisfait des résultats obtenus ?

C’est dans la continuité de la saison dernière. Le club est de plus en plus ambitieux. Que ce soit en coupe d’Europe ou en championnat français, on a notre place. Maintenant, il va falloir la tenir. Ca va peut-être devenir de plus en plus compliqué, avec les blessures ou les adversaires qui vont nous voir autrement. Mais pour l’instant, on arrive à bien gérer la situation. On va tout faire pour que ça continue à aller dans ce sens-là.

Votre point fort ?

On est la meilleure défense en Champions League sur les 40 équipes et la meilleure défense en Pro A. C’est ce qui fait notre force. De mon point de vue, il n’y a pas d’autres moyens pour qu’on s’impose face à qui que ce soit.

Les coéquipiers qui vous surprennent ?

Sergii Gladyr nous fait un bien fou depuis le début de la saison. C’est le guerrier de l’équipe. Il ramène toute son énergie et son expérience. Il n’a pas peur et il nous a sortis de pas mal de situations déjà. Il a d’ailleurs été récompensé par une sélection au All Star Game (4).

D’autres joueurs vous ont surpris ?

Une petite mention spéciale aussi pour  : Zac Wright. Depuis la blessure de Jamal Shuler, il monte en puissance. C’est un joueur qui a un super état d’esprit. Il est épanoui et arrive à un âge où il a acquis beaucoup d’expérience. Aujourd’hui, c’est Monaco qui en profite.

Comment êtes-vous devenu capitaine ?

C’est la deuxième fois que je suis capitaine durant ma carrière professionnelle. À Monaco comme à Orléans, on ne m’a vraiment pas donné le choix. C’est comme si c’était une évidence.

Ça vous plaît ?

En général, quand on me donne le choix, je préfère ne pas être capitaine. Etre un peu comme un délégué de classe, toujours dans les pattes du coach… Ça ne m’intéresse pas. Je préfère être capitaine sur le terrain. En dehors, il y a beaucoup de choses à assumer. C’est juste le titre qui a changé, mais l’année dernière je fonctionnais exactement de la même manière. En tant que capitaine ou pas, je me suis toujours senti légitime dans un vestiaire.

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© Photo Philippe Lombard

Ce que vous apportez à l’équipe ?

Mon rôle par rapport à l’an dernier n’a pas changé. Dans tous les clubs où je suis passé, on m’a écouté. J’ai toujours eu cette personnalité. J’essaie d’utiliser cette parole à bon escient. Avec l’expérience, je sais quand il faut parler, pousser un coup de gueule, quand il faut laisser couler, prendre les gens à part pour les conseiller, etc. J’ai exactement la même attitude.

Et sportivement ?

Je me sens très bien physiquement et mentalement, un peu moins fatigué que le reste du groupe. Pas de mal de gens sont surpris par mon état de forme.

Vous aussi ?

Moi non, car j’ai anticipé. Pour moi, le sacrifice serait de ne plus jouer au basket. Je l’aime comme lorsque j’ai commencé.

Comment faire pour garder votre forme physique ?

Je fais très attention à mon hygiène de vie. A 35 ans, je sais que j’arrive à un âge où je ne peux pas me permettre de faire certains écarts. Car ma récupération sera plus longue. Cependant, je sais que je peux mieux faire. Monaco est un groupe où il y a beaucoup de talents et je veux répondre présent le plus souvent possible. Je suis en pleine possession de mes moyens pour ma 17ème saison chez les professionnels.

On vous surnomme l’amiral : Pourquoi ?

L’amiral, c’est le surnom qui m’a été donné par un ami lors d’un tournoi de basket de rue en 2003. Je ne pensais pas que ça allait me suivre. Cet ami m’a expliqué que c’était la première idée qui lui était venu par rapport à mon charisme. Sur le terrain, je suis le capitaine. En dehors, je suis l’amiral.

Et votre vie personnelle ?

J’habite à Beausoleil avec ma femme et mes deux enfants. Nous avons une petite fille de 3 ans et demi et un petit garçon 20 mois. Ma compagne attend notre troisième enfant pour le mois de mars. Dès que je peux, je retourne à Cergy-Pontoise dans le Val-d’Oise, ma ville d’origine. Là-bas, j’ai énormément d’amis et ma famille. Quand j’y vais, je me ressource.

Pourquoi avoir monté un camp de basket à Cergy-Pontoise ?

Depuis l’été dernier, j’organise effectivement un camp de basket de deux semaines. Il s’agit de perfectionner les jeunes de 10 à 18 ans. Dans la ville d’où je viens sont sortis pas mal de professionnels du basket. C’est une ville connue pour ça.

Votre objectif ?

À l’époque, on s’était débrouillés par nous-mêmes. Nous n’avions pas de professionnels pour nous donner des conseils et nous faire progresser. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être professionnel et d’avoir une carrière derrière moi. Donc j’essaie de faire partager tout ça. L’objectif sur le long terme, c’est de faire émerger de nouveaux professionnels.

(1) Pour le compte de la 7ème journée de Pro A, Nancy s’est imposé 76 à 71.
(2) Invaincu jusque-là, Monaco a enregistré sa première défaite de la saison en Basketball Champions League (BCL) le 15 novembre. Le score : 79 à 65 contre l’équipe turque de Banvit Bandirma.
(3) Comptant pour la 11ème journée de Pro A, Monaco a perdu sur son parquet face à Paris Levallois 98 à 83.
(4) La 14ème edition des All Star Game se déroulera le 29 décembre à Paris. Elle oppose les meilleurs joueurs français et étrangers du championnat français.

 

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Sergii Gladyr © Photo Philippe Lombard

Mitrovic, Ouattara et Gladyr au All Star Game

Le All Star Game 2016 se déroulera le 29 décembre à l’AccorHotels Arena à Paris. Cet évènement regroupe chaque année les meilleurs joueurs de Pro A. Deux joueurs de la Roca Team, ainsi que le coach, ont été sélectionnés cette année. Yakuba Ouattara en équipe des All Stars français, Sergii Gladyr en équipe des All Stars étrangers et Zvezdan Mitrovic comme entraîneur de l’équipe des All Stars français.

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