mercredi 29 avril 2026
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« Nous les ambitieuses » – Virginie Atlan Linari : « Notre objectif est de sensibiliser de manière bienveillante et positive »

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L’association Nous les Ambitieuses, qui dispose d’un relai à Monaco, présentera la pièce Vivantes en principauté, le 29 novembre 2024, à la cinémathèque. Écrite et réalisée par Elie Chouraqui, cette pièce veut sensibiliser le public sur les violences faites aux femmes. La Niçoise Virginie Atlan Linari, présidente de cette association, nous raconte. Interview.

Quelle est l’histoire de votre association ?

L’association a été créée en 2020 en plein démarrage du Covid, par un groupe d’amies. Nous avions toutes envie de nous engager, mais il n’y avait pas encore de régularité dans notre engagement. Il a donc suffi d’impulser et de créer une cohésion dans le groupe pour qu’on se mette d’accord sur l’idée de formaliser une association dans laquelle chacune aurait vraiment une expertise à partager dans son périmètre, avec une volonté de créer des ponts entre le rural et l’urbain.

Quelle est votre méthode pour sensibiliser les populations ?

Notre objectif est de sensibiliser de manière bienveillante et positive. Que ce soit pour la préservation des océans ou la lutte contre les violences faites aux femmes, nous voulons toucher le public et susciter une prise de conscience collective, grâce à des œuvres artistiques et des expériences immersives, accessibles à tous. Tout ce que nous mettons en place est offert au public, pour que chacun puisse y accéder sans barrière.

Votre périmètre d’action est étendu sur tout le territoire français, et à l’international ?

Nous étions toutes convaincues que Paris n’était pas la France, et qu’il fallait qu’on s’ouvre aux territoires et que nous valorisions les actions positives. C’est ce qui nous unissait toutes. Agir avec bienveillance à l’heure où la tendance consiste plutôt à stigmatiser et à valoriser tout ce qui ne va pas. Nous voulions casser les codes, valoriser des actions positives dans des lieux et des quartiers tout le temps stigmatisés.

« Que ce soit pour la préservation des océans ou la lutte contre les violences faites aux femmes, nous voulons toucher le public et susciter une prise de conscience collective, grâce à des œuvres artistiques et des expériences immersives, accessibles à tous »

D’où ce nom : « Nous les ambitieuses ? »

Oui, car il ne s’agit pas d’une ambition pour nous, mais d’une ambition pour la réussite collective. C’est notre credo.

Quel a été votre parcours, avant de lancer cette association ?

J’ai travaillé pendant 17 ans dans le privé, dans un grand groupe d’assurance dans lequel j’ai eu une carrière formidable. Tout allait très bien, mais j’ai saisi l’opportunité de travailler dans le domaine public, à l’endroit d’un territoire. C’était l’aboutissement d’une expertise et l’aboutissement d’une carrière professionnelle que d’apporter ma vision et mes bagages à un territoire et à des citoyens. Aller vers encore plus de noblesse dans l’activité professionnelle, et pas le gain d’argent. Ma volonté n’était pas de gagner plus, mais de trouver plus de sens à mon activité, professionnellement et dans l’engagement associatif, pour partager et créer de la cohésion.

Pourquoi avoir crée « Nous les Ambitieuses » ?

L’association est arrivée à un moment donné où, dans mon parcours professionnel, j’étais passée du domaine international à une dimension de territoire, au périmètre d’action plus restreint. J’ai donc crée cette association pour combler ce « vide », puisqu’elle s’ouvrait sur le monde, sans barrière. J’avais un terrain de jeu et des réseaux encore plus importants, avec des référents à l’international.

Virgine Atlan Linari Nous les ambitieuses
« Nous sommes en train de créer un dôme en réalité augmentée, où les visiteurs vivront une expérience immersive. Nous espérons qu’après cette expérience, le public aura envie de préserver ce qu’il a vu. À l’extérieur de ce dôme, nous afficherons les noms des 100 lauréats mondiaux du concours, accompagnés de magnifiques images des océans et des espèces marines. » Virginie Atlan Linari. Présidente de l’association Nous les Ambitieuses. © Photo DR

Vous êtes toutes bénévoles ?

Cela fait quatre ans que nous existons, et nous sommes allées vite et bien, grâce au réseau de bénévoles qui s’est engagé dans l’association. Toutes ces bénévoles ont un réseau et un métier sympathique, dans le domaine politique, public ou privé.

Vous comptez aussi quelques personnalités parmi les ambassadrices et les ambassadeurs ?

Il y a les ambassadrices et ambassadeurs nationaux, et d’autres par territoires. À Monaco, c’est Carla Fadoul Shechter, la fondatrice et présidente de Monaco Liver Disorder (MLD), qui fait notre relai [à ce sujet, lire notre article À Nice, trois services pédiatriques rénovés grâce à Monaco Liver Disorder, publiée dans Monaco Hebdo n° 1185 — NDLR]. Elle est connue sur le territoire. Elle a une force de frappe pour faire savoir que nous sommes présentes et pour faire recueillir les personnes qu’il faudrait qu’on valorise. Au Canada, nous avons le danseur et chorégraphe Jean-Marc Généreux.

Que font ces ambassadeurs ?

Toux ces gens formidables avancent à nos côtés, parfois sur des projets plus inopinés comme Jarry qui nous a fait une bande-dessinée intitulée Une famille éco-responsable, dans le cadre de notre concours d’écriture et de dessin. Ou bien Marc Levy, avec qui nous avons réalisé un livre, Le monde des petites personnes (1). Ces ambassadeurs se mobilisent et agissent généreusement à partir d’actions mises en commun, qui nous ont permis d’être identifiées aujourd’hui par des grandes institutions.

Un exemple ?

Notre concours d’écriture et de dessins, qui est l’un de nos plus grands projets à animer chaque année, bénéficie du patronage de l’Unesco. Il est également porté par le prince Albert II. Chaque fois que des nouvelles personnes viennent nous soutenir, ce sont des personnes reconnues dans leur domaine. Sur notre prochain concours, par exemple, dont le thème sera la préservation de nos ressources et de l’océan, il n’y a pas meilleur disant et surtout faisant que le prince Albert II sur cette thématique. Cela vient renforcer, au fil du temps, tout ce que nous pouvons mettre en œuvre avec l’association.

Quelle est la particularité de ce concours ?

Ce concours est international, mais en langue française. Sa particularité, c’est qu’il accueille tous les modes d’expression, pour n’exclure personne : photo, bande dessinée, texte, art de manière générale. Nous faisons évoluer nos modes d’expression, car certains participants ont souligné que la langue française pouvait être un obstacle à l’international. Si l’outil est bon — il est utilisé dans les écoles à travers le monde et il est en accord avec les programmes scolaires par tranche d’âge —, le fait de privilégier le français peut limiter la participation de certains étudiants. C’est pour cela que nous avons ajouté cette année un atelier de “recycle art” où les participants créent des œuvres à partir d’objets recyclés. Ces créations, photographiées, seront ensuite jugées par un jury présidé par l’artiste Ylan Anoufa, dont l’une des œuvres a été inaugurée par le prince Albert II en juin 2024, lors de nos ateliers.

Quelle est l’ambition de ce nouvel atelier ?

Notre ambition est que cet atelier devienne le mode d’expression unique des prochaines éditions. Cela supprimerait la barrière de la langue et cela permettrait à tous les étudiants de participer, sans exception.

Quels sont les événements à venir pour ce concours ?

En juin 2025, à Monaco, nous organiserons des ateliers similaires à ceux de juin 2024, consacrés à la préservation de l’océan, en lien avec le sommet mondial de l’océan, qui se déroulera les 7 et 8 juin 2025. Nous annoncerons les lauréats du concours à cette occasion et nous proposerons divers outils interactifs et ludiques pour sensibiliser le public à cette cause, de manière positive et constructive.

Quel genre d’outil, par exemple ?

Nous sommes en train de créer un dôme en réalité augmentée, où les visiteurs vivront une expérience immersive. Nous espérons qu’après cette expérience, le public aura envie de préserver ce qu’il a vu. À l’extérieur de ce dôme, nous afficherons les noms des 100 lauréats mondiaux du concours, accompagnés de magnifiques images des océans et des espèces marines. Nous avons pour partenaires la NASA et le Centre national d’études spatiales (CNES), et nous serons en liaison directe avec un satellite capable de renvoyer en temps réel des images des fonds marins. Des données précises seront ainsi partagées de manière bienveillante et positive.

« La pièce de théâtre Vivantes, écrite et mise en scène par le réalisateur et scénariste Élie Chouraqui, est basée sur des témoignages que nous avons recueillis, en collaboration avec Alexandra Fechner, productrice et ambassadrice du projet. Cette pièce sensibilise aux violences faites aux femmes »

Quel est le lien entre votre projet et Monaco ?

Le prince Albert II est le parrain de notre concours de dessins. Un autre de nos grands projets est la pièce de théâtre Vivantes, écrite et mise en scène par le réalisateur et scénariste Élie Chouraqui. Elle est basée sur des témoignages que nous avons recueillis, en collaboration avec Alexandra Fechner, productrice et ambassadrice du projet. Cette pièce sensibilise aux violences faites aux femmes et elle s’appuie sur les récits recueillis par des associations telles qu’Excision, Parlons-en, La Voix de l’Enfant et La Maison des Femmes.

Comment avez-vous sélectionné les témoignages de ces femmes ?

Nous avons reçu de nombreux témoignages spontanés sur les réseaux sociaux et sur une boîte e-mail dédiée. Pour garantir leur véracité et respecter les victimes, nous avons collaboré avec des élus en charge de ces questions à l’Assemblée nationale et des associations de soutien. Ces femmes avaient souvent déjà écrit leur histoire comme une étape de leur reconstruction. Nous avons veillé à leur anonymat et les témoignages ont été mélangés pour protéger leur identité. C’était essentiel pour nous que ces personnes soient accompagnées et protégées.

Quelles sont les prochaines étapes pour la pièce Vivantes ?

La pièce Vivantes est jouée par une dizaine d’artistes reconnus (2) et elle a été montrée pour la dernière fois à Paris, au Palais Royal, en septembre 2024. Une captation a été réalisée, et elle est actuellement en montage. Cette version sera diffusée le 29 novembre 2024 à la cinémathèque de Monaco. La projection est gratuite pour le public, entièrement financée par notre association et nos partenaires.

1) Le monde des petites personnes de Marc Levy et Virginie Atlan (Petit Kiwi Jeun), 176 pages, 18 euros.
2) Les actrices et acteurs de la pièce sont Rebecca Azan, Sébastien Azzopardi, Nicole Calfan, Christian Chametant, Michaël Cohen, Danièle Evenou, Mark Grosy, Stéphane Guillon, Gabrielle Lazure, Florence Thomassin, Benjamin Golberg et Solal Golberg. Le musicien est Sylvain Temin.

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