Le centre de transfusion sanguine (CTS) fermera-t-il ses portes?? Le gouvernement n’a toujours pas tranché la question. Mais ce sont essentiellement des enjeux financiers qui décideront de son sort.
«Moi aussi je donne et vous?? ». C’est avec ce message que le prince Albert en personne a participé à une campagne audiovisuelle sur le don du sang diffusée sur la chaîne locale Monaco info depuis la fin du mois de janvier. Un clip auquel des anonymes et quelques personnalités de la place, dont le colonel Luc Fringant, le directeur des services judiciaires Philippe Narmino ou encore l’apnéiste Pierre Frolla, ont également participé. Une manière d’exhorter les donneurs à tendre le bras. D’autant que la « principauté n’est pas auto suffisante en produits sanguins », précise Jean-Pierre Aufeuvre, directeur du CTS. Le complément nécessaire à la satisfaction des besoins des malades est fourni par l’établissement français du sang Alpes Méditerranée ». 2?200 dons sont ainsi prélevés en moyenne par an et environ 1?000 patients sont transfusés chaque année en concentrés globulaires (1).
Coût de revient
Monaco doit-il ou non conserver une autonomie en matière de prélèvement, traitement et diffusion du sang?? C’est en substance la question qui fait débat actuellement au département des affaires sanitaires et sociales. L’avenir du CTS est en effet étudié à la loupe depuis des mois. Et la piste d’une fermeture également envisagée. En 2008, le gouvernement a d’ailleurs sollicité les services d’une société privée, indépendante du CTS, pour réaliser un audit. « Trois scenarii envisageaient la reprise en partie ou en totalité des activités du CTS par l’établissement français du sang (EFS) Alpes Méditerranée. Solutions à même de garantir à différents degrés, un haut niveau de sécurité transfusionnelle avec un coût de revient minimum », explique Stéphane Valeri, conseiller de gouvernement aux affaires sociales. Avant d’ajouter?: « Un scénario privilégiait aussi le maintien du CTS en tant qu’entité monégasque. Avec pour conséquence un coût de fonctionnement structurellement élevé compte tenu du faible niveau d’activité, sans certitude d’obtenir l’agrément de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de Santé (AFSSAPS) ». Ce sont donc manifestement des enjeux essentiellement financiers qui feront pencher la balance. « Il faut s’assurer que cet investissement permette d’obtenir le label de l’EFS et de l’AFSSAPS, seul moyen de rétrocéder aux hôpitaux français des produits sanguins préparés en principauté », rajoute le conseiller. Et si ce coût s’avérait déraisonnable, il pourrait alors être décidé de sous-traiter une partie des activités du CTS… Une question qui doit être vite tranchée, comme l’a souligné Alexandre Bordero, le président de la commission des finances en séance budgétaire, en décembre 2010. « La réflexion doit se faire rapidement si on veut l’intégrer dans le programme du nouveau CHPG », avait alors indiqué l’élu UP. L’emplacement du nouvel hôpital, devrait, a priori, être connu entre avril et mai…




