Rendre les armes, ou plutôt les abandonner : la France l’avait fait en 2022. À défaut de revoir en profondeur le cadre légal pour la possession d’armes à feu qui date de la loi 913 du 18 juin 1971, et qui ne permet pas toujours d’en répertorier avec exactitude le nombre, Monaco et la sûreté publique envisagent à court terme d’organiser une campagne nationale d’abandon des armes et des munitions.
Selon la sûreté publique, 760 armes à feux, de défense et de chasse, sont en circulation à Monaco, pour 600 licences de tir délivrées. Mais c’est sans compter le nombre d’armes fantômes, qui ne sont pas déclarées, et qui sont donc détenues illégalement. Le chef de la division de police administrative, Rémy Le Juste, l’avait évoqué lors de la cérémonie des vœux de la sûreté publique, le 26 janvier 2024 : « Nos services interviennent encore chez des particuliers qui se retrouvent propriétaires, par voie successorale, d’armes non déclarées, qui datent de la Seconde Guerre mondiale ». Or, l’importation d’armes ou de munitions, sans autorisation, et quelle que soit la catégorie, constitue un délit à Monaco.
Ce projet de journée nationale d’abandon des armes et des munitions, trouvées ou héritées, a donc une portée préventive et pédagogique : « Nous encourageons les personnes qui se retrouveraient détentrices d’armes, bien malgré elles, à faire appel à nos services, pour les faire détruire ou pour les rendre impropre à leur usage, sans être inquiétées sur le plan pénal. Sous réserve de l’accord des autorités judiciaires », annonçait Rémy Le Juste lors des vœux de la sûreté publique. Depuis 2021, la sûreté publique a déjà fait détruire et neutraliser 119 armes, par l’intermédiaire de l’armurerie de Monaco. En France, l’opération lancée par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, fin 2022, avait parmi de collecter plus de 150 000 armes et près de 5 millions de munitions. Le tout, sans que leurs détenteurs ne risquent des poursuites judiciaires ou administratives.



