Créé en 2021 pour répondre à la pénurie de magistrats monégasques et aux difficultés rencontrées par les candidats aux concours juridiques, l’Institut monégasque de formation aux professions judiciaires (IMFPJ) poursuit son développement. Sous l’impulsion de sa chargée de mission, Delphine Lanzara, il multiplie les programmes, ouvre ses formations au-delà du cercle strict des juristes, et entend devenir un véritable centre de référence en principauté.
Créé en 2021 à l’initiative de Robert Gelli, alors directeur des services judiciaires, l’Institut monégasque de formation aux professions judiciaires (IMFPJ) s’impose aujourd’hui comme un acteur central du paysage juridique monégasque. Né d’un constat préoccupant — un taux d’échec élevé aux examens du barreau et un manque de candidats aux concours de la magistrature —, cet Institut visait dès l’origine à renforcer l’accompagnement des jeunes juristes et à répondre à la pénurie de magistrats nationaux. Jusqu’alors, le palais de justice fonctionnait avec une majorité de magistrats français détachés, solution précaire et dépendante de la bonne volonté de la France, elle-même confrontée à des besoins croissants. L’IMFPJ est venu pallier ce déficit, en créant un véritable centre de préparation aux examens et concours juridiques.
De la formation artisanale à une structure de référence
D’abord lancé grâce aux bonnes volontés d’avocats et de praticiens, l’Institut a rapidement gagné en ambition. Sous la direction scientifique de Yves Strickler professeur à l’université Côte d’Azur et membre du Haut Conseil de la magistrature, et avec l’appui opérationnel de Delphine Lanzara, anciennement au département de la santé et des affaires sociales du gouvernement monégasque, l’IMFPJ s’est structuré. Aujourd’hui, il propose des programmes complets de préparation aux épreuves écrites et orales sur près de 180 heures, incluant des enseignements de droit monégasque, des ateliers pratiques, et même un stage de théâtre organisé avec le théâtre des Muses, destiné à perfectionner l’aisance à l’oral. Une soixantaine de formateurs universitaires et experts participent aux enseignements, portant le réseau global à plus de 200 intervenants. « Notre objectif n’est pas de produire de l’information pour de l’information, mais une formation utile et pratique », souligne Delphine Lanzara.

Un institut qui s’ouvre aux professions non juridiques
Si l’IMFPJ a d’abord ciblé magistrats et avocats, son champ s’élargit désormais à d’autres professions intéressées par le droit : experts-comptables, assureurs, agents immobiliers, “family offices”… Des formations sur mesure sont développées en partenariat avec les ordres professionnels, pour permettre aux adhérents de bénéficier de parcours certifiants en droit monégasque. Cette ouverture répond également à la nécessité de mieux s’adapter aux recommandations d’organismes internationaux comme le Groupe d’Etats contre la corruption (Greco) ou le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique du Conseil de l’Europe (GREVIO), en proposant des formations thématiques : violences intrafamiliales, réquisitions judiciaires, droit du travail, urbanisme, etc.
L’Institut assure aujourd’hui près de 300 heures de formation annuelles, fait appel à plus de 200 conférenciers experts, et comptabilise plus de 1 500 inscriptions par an, tout en étant suivi par plus de 10 000 juristes en principauté et à l’international
Une offre académique et scientifique en plein essor
L’Institut assure aujourd’hui près de 300 heures de formation annuelles, fait appel à plus de 200 conférenciers experts, et comptabilise plus de 1 500 inscriptions par an, tout en étant suivi par plus de 10 000 juristes en principauté et à l’international. La rentrée 2025 marque une étape clé, avec le lancement de trois programmes phares : la préparation aux examens et concours (barreau, magistrature, lieutenant de police), une certification professionnelle en droit monégasque, et enfin un parcours d’initiation destiné aux professionnels non juristes. En parallèle, l’Institut a relancé une revue juridique monégasque, disparue depuis 2015. Publiée deux fois par an, elle adoptera un format accessible, avec dossiers d’actualité, portraits, interviews et analyse des grandes décisions judiciaires.
Jusqu’alors, le palais de justice fonctionnait avec une majorité de magistrats français détachés, solution précaire et dépendante de la bonne volonté de la France, elle-même confrontée à des besoins croissants. L’IMFPJ est venu pallier ce déficit, en créant un véritable centre de préparation aux examens et concours juridiques
Colloques et projets internationaux
L’IMFPJ organise également un colloque annuel. Après deux éditions consacrées au blanchiment et au droit des sociétés, le prochain rendez-vous est fixé à juin 2026. Organisé avec le département des relations extérieures et de la coopération, il portera sur les effets des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, un thème en lien avec la présidence monégasque du Conseil de l’Europe. En à peine quatre ans, l’Institut monégasque de formation aux professions judiciaires semble avoir trouvé sa place au cœur du dispositif juridique monégasque. En diversifiant ses formations et en renforçant son rôle scientifique, il ambitionne désormais de devenir un centre de référence, non seulement pour les juristes de la principauté, mais aussi pour l’ensemble des professionnels confrontés aux subtilités du droit monégasque.



