samedi 18 avril 2026
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Hooligan ou pas hooligan ?

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Un supporter du SC Bastia, soupçonné d’avoir frappé un policier français en septembre 2013, a été relaxé. En cause : une erreur de procédure.

Les 4 et 5 février derniers, la principauté recevait le colloque des correspondants hooliganisme. A cette occasion, la Sûreté publique, avec les responsables de l’AS Monaco, avait mis en avant ses bons résultats en matière de sécurité aux abords et dans le stade Louis-II. Cette vision n’a pas franchement été partagée par le tribunal, et en particulier le parquet, mardi 25 février. En cause, une erreur de procédure commise par la police monégasque après l’interpellation d’un supporter bastiais par deux policiers français, devant le stade Louis-II, le 25 septembre 2013 en marge du match Monaco-Bastia. Selon les témoignages des deux agents, la rencontre étant sur le point de commencer, le prévenu a voulu forcer l’entrée dans le stade. D’après les CRS, dans sa tentative de passage en force, il a asséné un coup de poing à l’un d’eux avant de se rebeller violemment lors de son interpellation. Les blessures consécutives à l’arrestation ont entraîné quinze et deux jours d’interruption de travail pour les policiers. « On a mis du temps à le maîtriser. On l’a menotté et on l’a remis aux collègues monégasques qui l’ont emmené au commissariat », a indiqué l’un d’eux.

« Lamentable »
Sauf qu’une fois confié à la Sûreté, le supporter n’a pas été placé en garde à vue mais a été entendu librement. Ses déclarations ont ainsi été inscrites dans un procès-verbal d’audition. Or, le prévenu ne s’est pas présenté de son plein gré dans les locaux de la police monégasque puisqu’il y a été emmené, menottes aux poignets. Cette exception de nullité soulevée par Me Sarah Filippi, avocate du Bastiais, a permis à celle-ci de faire annuler les déclarations de son client et par conséquent, l’ensemble de la procédure. Cette erreur de procédure a provoqué la fureur du parquet. D’autant plus que le supporter reconnaissait le coup de poing dans ledit procès-verbal. « La gestion des violences au stade Louis II par la police monégasque est lamentable et désastreuse. A cause de cette erreur, un autre hooligan bastiais va pouvoir échapper à une répression légitime. Dans la hiérarchie de la Sûreté publique, on ne sait pas ce que la procédure pénale veut dire. Cela m’agace d’avoir à le reconnaître devant le tribunal. J’espère que cette situation cessera définitivement. Les procédures doivent être valables. Les hooligans doivent être immédiatement placés en garde à vue », s’est emporté le substitut du procureur Jean-Jacques Ignacio.

Les policiers déboutés
« Je ne vais pas faire du racisme anti-corse. Il semblerait que cet individu ait fait l’objet d’une négociation. Si les supporters bastiais restaient calmes, il était remis en liberté. Si les circonstances avaient été différentes, je n’aurais eu aucun scrupule à requérir deux mois de prison ferme à l’encontre de ce hooligan professionnel », a ajouté l’avocat général. Réquisitoire auquel Me Filippi a rétorqué : « Ce dossier est un tissu de n’importe quoi. Les parties civiles tentent de donner de la consistance à un dossier qui n’en avait pas. Mon client avait des antécédents qui remontent à 1996 et on va dire que c’est un hooligan, qu’il mérite deux mois ferme. Le dossier est vide. » Le supporter bastiais a été relaxé et les deux policiers, qui avaient sollicité 6 000 et 1 200 euros de dommages et intérêts, déboutés de leurs demandes. « C’est la police de Monaco qui a mal fait son travail », a déploré, navré, le président du tribunal Jérôme Fougeras-Lavergnolle.

Double caisse à la piscine : prison avec sursis

Les trois fonctionnaires qui avaient mis en place un système de double caisse à la piscine du stade Louis-II entre 2011 et 2013 ont été condamnés à un mois de prison avec sursis. Une prévenue a été placée sous le régime de la liberté d’épreuve pendant trois ans. Ils devront chacun verser 1 500 euros de dommages et intérêts à l’Etat.//A.P.

Vol de mouvements de montres : 6 mois avec sursis

L’horloger de 51 ans, jugé le 4 février pour avoir volé des mouvements de montres à son ancien employeur entre 2011 et 2012, a été condamné à six mois de prison avec sursis. Il devra dédommager son ex-patron à hauteur de 15 000 euros.//A.P.

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