
Chaque semaine, en partenariat avec l’association des Monégasques de l’étranger, un expatrié monégasque ou enfant du pays témoigne de son expérience hors de la principauté.
Monaco Hebdo?: Présentez-vous, s’il vous plaît.
Sébastien Prat?: J’ai 29 ans, je travaille et habite à Luxembourg depuis sept ans. J’ai fait ma scolarité à Monaco, mes études en France et en Angleterre. J’ai effectué mon stage de fin d’études au Luxembourg chez Deloitte Consulting. J’y suis resté et occupe actuellement un poste de manager dans une équipe de consultants en stratégie et organisation, spécialisés dans la finance (gestion d’actif et banque).
M.H.?: Comment perçoit-on Monaco au Luxembourg??
S.P.?: A Luxembourg, les gens trouvent quelques similitudes avec Monaco. Ce sont des petits pays, qui se remplissent le jour et se vident la nuit, et qui comptent une grande part de non-nationaux parmi leurs résidents. Il y a également des ressemblances sur le confort de vie, la sécurité, la propreté. Pour beaucoup, Monaco n’est pas vraiment un pays indépendant et autonome mais plutôt une sorte de département rattaché à la France. Monaco est perçu comme un pays sans problème, sans pauvreté, où tout est cher. Sur un tout autre plan, on parle également des malheureux résultats de l’ASM.
M.H.?: Etre Monégasque, ça interpelle??
S.P.?: La plupart du temps les gens sont intrigués, ils me demandent tous pourquoi quitter ce paradis pour aller vivre dans le « nord ». Ensuite les gens s’intéressent rapidement au pays puis s’imaginent qu’on est tous des privilégiés, issues de familles aisées, qu’on a tous beaucoup d’argent, et que nous sommes des privilégiés.
M.H.?: Des inconvénients à travailler à l’étranger??
S.P.?: Ce qui est difficile quand on est Monégasque, c’est d’abord de payer des impôts sur le revenu, contrairement à 90 % de ses compatriotes. Travailler à l’étranger nécessite des démarches administratives en plus par rapport aux Européens (permis de travail, permis de séjour, etc.).
M.H.?: Quel lien gardez-vous avec Monaco??
S.P.?: Je m’intéresse beaucoup à l’actualité de Monaco. Je m’y rends souvent pour des raisons professionnelles et pour rendre visite à ma famille. Je travaille notamment sur des problématiques fiscales analogues entre les deux pays.
M.H.?: Parle-t-on du mariage princier au Luxembourg??
S.P.?: Les Luxembourgeois sont très attachés aux aspects monarchiques et donc respectent le mariage princier. On commence à m’en parler mais je suis persuadé que ça deviendra un sujet plus fréquent en se rapprochant du mois de juillet.
M.H.?: Votre avenir professionnel est-il à Monaco??
S.P.?: C’est mon objectif mais dans un horizon de temps inconnu à ce jour. J’espère bien un jour apporter ma contribution dans le développement du pays.
M.H.?: Pour vous, la principauté a-t-elle un rôle à part dans le monde??
S.P.?: Je crois qu’il faut choisir ses batailles, mais à mon sens il existe des niches non exploitée par la Principauté. Je pense par exemple au domaine financier et fiscal?: les opportunités et avantages que propose la convention fiscale signée avec le Luxembourg en 2009 pourraient présenter un grand intérêt pour les acteurs économiques des deux pays, et devrait séduire de nouveaux investisseurs. En règle générale, je suis certain qu’en exploitant des domaines clés on pourrait profiter d’avantages concurrentiels et jouer un rôle plus important dans le monde.



