Dans peu de temps, la séquence consacrée aux océans va débuter. D’abord à Monaco, avec le Blue Economy & Finance Forum (BEFF), qui se déroulera au Grimaldi Forum, les 7 et 8 juin 2025. Puis à Nice, avec la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), du 9 au 13 juin 2025. Co-organisé par le gouvernement monégasque, l’Institut océanographique et la fondation prince Albert II de Monaco, avec le soutien de la France et du Costa Rica, le BEFF s’est donné pour objectif de pousser la finance à se mettre au service des océans. Pour cela, 1 500 acteurs du monde économique sont attendus à Monaco. Pendant 48 heures, il faudra parvenir à créer des ponts entre les entrepreneurs et les investisseurs, avec en ligne de mire l’objectif de développement durable 14 des Nations unies, qui vise à conserver et à exploiter de façon durable les océans, les mers et les ressources marines. Le directeur général de l’Institut océanographique, Robert Calcagno, a chiffré les besoins, et ils sont vertigineux : « On estime qu’il faudrait 175 milliards de dollars par an pour financer cet objectif. Aujourd’hui, seuls 25 milliards sont mobilisés. » Il y a donc au moins 150 milliards à trouver, et il ne sera pas simple de convaincre les investisseurs potentiels que l’océan est un marché dans lequel ils doivent injecter de l’argent. C’est pourtant ce pari que le BEFF va tenter de relever. Il s’agit donc de développer l’économie bleue, ce qui passe notamment par le transport maritime, la pêche, la protection des écosystèmes, et, bien sûr, la lutte contre la pollution, avec, en premier lieu, les déchets plastiques. Avant la conférence sur le climat de Belem (COP30), en novembre 2025, au Brésil, tous les regards seront ensuite tournés vers Nice. A partir du 9 juin 2025, la Conférence des Nations unies sur l’océan pourrait délivrer quelques avancées très attendues. A commencer par une déclaration de fin de conférence qui marque des positions fermes face aux Etats-Unis. Ou, au moins, des décisions ambitieuses pour lutter contre la pollution et la pêche illégale, par exemple. Mais entre la situation géopolitique et la fragilité économique, rien ne sera simple. Du côté français, le président Emmanuel Macron, qui sera en visite officielle à Monaco les 7 et 8 juin, cherchera peut-être à « remobiliser sur l’objectif des 30 % de protection de [s] océans » d’ici 2030, en militant pour la création de nouvelles aires marines protégées, comme il l’a évoqué lors du sommet SOS Océan, le 31 mars 2025. Pendant ce temps, le 24 avril 2025, Donald Trump a signé un décret qui permet l’exploitation minière des grands fonds marins. Face à cette décision, un moratoire sur l’exploitation des grands fonds marins pourrait aussi voir le jour lors de cette conférence à Nice. En amont, le One Ocean Science Congress se déroulera aussi dans la capitale des Alpes-Maritimes, du 4 au 6 juin 2025. Alors qu’environ 2 000 participants devraient être présents, une déclaration commune pourrait émerger, juste avant que ne débute l’UNOC. Objectif : peser sur les délégations et les chefs d’Etat présents à Nice. Pour que ces neuf jours de débats débouchent sur une série de décisions concrètes en faveur des océans.
Edito n°1379 : Décisions
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