L’espoir aura été de courte durée. Les deux arrêts aux stands décidés par la fédération internationale de l’automobile (FIA) pour tenter de pimenter le Grand Prix de Monaco ont fait « pschitt ». L’après-midi du 25 mai 2025 n’a pas échappé à la procession habituelle, qui fait que, bien souvent, en principauté, la grille de départ ressemble très fortement à la grille d’arrivée. Sauf panne mécanique, météo capricieuse ou erreur de pilotage, les surprises sont rarissimes dans les rues de Monaco. Et les deux arrêts imposés aux pilotes n’ont pas changé la donne. Pire, certaines écuries ont même joué la carte des ralentissements. En imposant un rythme lent à l’une de leurs deux Formule 1 (F1), ces “pit stop” sont devenus une arme pour ralentir les concurrents. « Je pense que ces choses-là ne devraient pas être autorisées », a lancé Esteban Ocon (Haas) au micro de Canal+, juste après la course. « J’aurais pu apporter un oreiller et boire un café dans la voiture. C’était aussi très difficile de rester concentré en roulant si doucement. Je n’aime pas ça, ce n’est pas comme ça que nous voulons courir », a assuré Alexander Albon, interrogé par Nice-Matin. Même son de cloche du côté du patron de la Scuderia Ferrari, Frédéric Vasseur qui a loué cette tentative de la FIA, tout en souhaitant désormais que l’on n’insiste pas avec cet artefact qui a déçu. Pour le Grand Prix de Monaco 2026, il faudra donc trouver autre chose pour relancer l’intérêt de cette course, disent les pilotes et les écuries. D’une largeur d’environ deux mètres, ce qui est trop pour les rues de la principauté, les F1 version 2022-2025 ne permettent que de très rares dépassements à Monaco. A part une drastique cure d’amaigrissement des voitures, certains militent pour une modification du tracé du circuit monégasque, afin de permettre aux pilotes de doubler. Mais les possibilités ne sont pas légion, et il faudra se montrer sacrément inventif pour imaginer une solution réellement efficace. A Monaco, chaque m2 compte, et la largeur des routes ne permet pas toujours d’y ajouter une simple piste cyclable. Dans un tel contexte, les regards sont tournés vers l’évolution des F1, alors que les modèles 2022-2025 appartiendront bientôt au passé. A partir de 2026, l’objectif sera de rendre les voitures plus légères et plus maniables. L’empattement maximum sera de 3,40 mètres, contre 3,60 mètres actuellement, le poids minimum sera de 768 kg au lieu de 798 kg aujourd’hui, et les pneus seront moins larges de 25 mm à l’avant et de 30 mm à l’arrière. La donnée qui intéresse Monaco, c’est la largeur des futures F1 : elle sera réduite de dix centimètres, pour être fixée à 1,90 mètre. C’est mieux, mais c’est encore loin de la période 2000-2014, où la largeur était de 1,80 mètre. Le spectacle offert par le Grand Prix de Monaco 2026 sera-t-il de meilleure facture avec des voitures un peu moins larges ? Rien n’est moins sûr. « Une course vraiment horrible, désolé pour ceux qui ont dû regarder ça », s’est excusé Alexander Albon auprès d’Eurosport, dimanche dernier. Reste à savoir s’il pourra dire autre chose l’année prochaine.




