Edito n°1375 : Expo

Depuis 1873, et l’Exposition universelle de Vienne, Monaco est toujours là. Très exactement 152 ans plus tard, la principauté prend part à l’Exposition universelle d’Osaka, au Japon. Sur l’île artificielle de Yumeshima, dans la baie d’Osaka, les pavillons des quelque 160 pays et régions participants ont été déployés sur plus de 155 hectares. Ils sont entourés par un « Grand Anneau » d’environ 2 kilomètres de circonférence et de 20 mètres de haut, réalisé avec d’énormes charpentes de bois brut, ce qui en fait la plus grande structure architecturale en bois du monde. Le coût d’organisation de cette Exposition universelle a grimpé à 1,4 milliard d’euros, provoquant l’incompréhension et les critiques de beaucoup de Japonais, très sceptiques. Au total, le Japon a accueilli trois Expositions universelles, alors que la toute première édition s’est déroulée à Londres, en 1851. Depuis le 13 avril 2025 et jusqu’au 13 octobre 2025, chaque participant s’exprime autour du thème des technologies d’avenir et de l’entente générale, dans un monde de plus en plus confronté à de multiples divisions. Trois ans après Dubaï [à ce sujet, lire l’interview d’Albert Croesi (1962-2023) : « Ce pavillon peut aider à la relance économique de la principauté », publiée dans Monaco Hebdo n° 1203 — NDLR], Osaka cherche à provoquer une réflexion qui tourne autour de « concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain ». Si l’Ukraine participe à cet événement afin de véhiculer un message de paix, la Russie a annoncé dès 2023 qu’elle ne serait pas présente. De son côté, la France a misé sur un pavillon réalisé autour de l’ « Hymne à l’amour », avec notamment des sculptures prêtées par le musée Rodin et une tapisserie d’Aubusson, le tout sur 1 560 m², dont 330 m² de jardin. Avec pour parrains l’actrice Sophie Marceau et le judoka Teddy Riner, suivis dans un deuxième temps par le rugbyman du Stade Toulousain Antoine Dupont et l’actrice Léa Seydoux, le pavillon de la France affiche également 200 m² d’expositions temporaires. Monaco s’est installé sur une parcelle de 860 m², ce qui lui a permis de déployer 680 m² de bâti, grâce à un budget de 17,5 millions d’euros. Derrière cette dépense, les objectifs sont multiples, comme l’explique la commissaire générale du pavillon de Monaco, Mireille Martini, dans l’entretien qu’elle a accordé cette semaine à Monaco Hebdo. Dans le désordre, on peut citer la volonté de mieux faire connaître la principauté, doper le tourisme, mettre en avant l’écologie, développer les relations économiques avec le Japon, et soigner les relations diplomatiques avec le pays hôte, ainsi qu’avec les autres pays. L’Expo 2025 Osaka Kansai espère attirer 28 millions de visiteurs, ce qui est très loin du record de 64 millions de visiteurs de l’Exposition universelle de Shanghai (Chine), en 2010. Monaco espère capter « a minima » 5 % de ces 28 millions de curieux, a indiqué à Monaco Hebdo Mireille Martini. Pour le moment, la principauté est au-dessus de cet objectif. En effet, alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 6 mai 2025, le pavillon monégasque avait accueilli entre 7 000 et 7 500 personnes par jour, ce qui représente environ 7 % de la fréquentation totale. De quoi être optimiste, à l’échelle de Monaco.

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