« C’est par les actes que nous déterminerons si nous avons eu raison de vous accorder notre confiance et si nous la maintiendrons pour les échéances à venir. » C’est par ces mots que le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a clôturé le vote du budget rectificatif 2024, dans la soirée du 15 octobre 2024. Douze voix pour, six contre et trois abstentions, ce budget a été adopté sans parvenir à fédérer l’ensemble des élus du Conseil national. C’est donc une confiance relative dont bénéficie le nouveau ministre d’Etat, Didier Guillaume. Arrivé à Monaco le 2 septembre 2024, il mesure, près de deux mois après ses débuts en principauté, le poids des attentes des élus sur de nombreux sujets. D’ailleurs, lors de l’explication de ce vote, les conseillers nationaux ont souvent insisté sur la notion de « transparence », préalable nécessaire à l’instauration d’une confiance durable. Malgré ce contexte, Thomas Brezzo a préféré voir le verre à moitié plein : « Ce vote positif doit résonner comme un signal de confiance partagée, de volonté de travailler ensemble dans le cadre de ce partenariat institutionnel rénové, et vous devez entendre ce message comme une main tendue qui doit permettre de dépasser la culture de l’adversité qui s’est bien trop insidieusement développée entre nos deux institutions ces dernières années. » On l’a senti pendant les débats budgétaires du mois d’octobre 2024, cette « culture de l’adversité » n’est jamais bien loin, toujours prête à ressurgir, selon le dossier sur lequel porte les échanges entre conseillers nationaux et gouvernement. Mais c’est vrai qu’on part de loin. Après tout, les relations entre les deux institutions restaient sur un vote négatif en juin 2024, à propos du budget rectificatif 2024 de printemps.
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Pour le moment, Didier Guillaume bénéficie d’un crédit accordé par les élus, et donc, d’un peu de temps, pour tenir ses promesses. Cependant, les attentes sont fortes, notamment sur les dossiers à forts enjeux, comme le logement des Monégasques, la restructuration du centre commercial de Fontvieille, ou l’avenir de l’usine d’incinération, pour ne citer que ceux-là.
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Didier Guillaume sait qu’il marche sur une ligne de crête, et qu’il doit prendre d’extrêmes précautions pour ne pas risquer de décevoir les élus. Sans quoi, la confiance affichée pourrait bien disparaître aussi rapidement qu’elle n’est apparue.




