« Je vais te tuer. Je vais te casser les dents. Je vais te casser la tête. T’es un déchet de la société, t’as rien pour toi. Je vais te faire mal. » Voici une petite partie de la retranscription des amabilités laissées par un homme de 53 ans sur le répondeur téléphonique de son responsable hiérarchique. Quinze minutes d’enregistrement où il menace l’homme, mais aussi sa famille. Pendant l’audience, L.M. est encore très remonté. « J’ai pété les plombs » répète t-il. En cause : des rumeurs au travail qui circulaient sur lui et auxquelles son chef aurait eu le tort de ne jamais mettre un terme. Malgré ses propos parfois confus, Florestan Bellinzona, le président du tribunal, cherche à comprendre. Il entend dans la bouche de ce père de famille son désespoir et son mal-être. Une séparation, un enfant malade et une dépression. « Cette histoire-là, elle m’a brisé. Je vais m’en aller d’ici », poursuit le prévenu. En plus des menaces de mort d’avril 2016, il comparaissait aussi pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique en juin 2016. Deux pintes de bières ingurgitées au Mc Carthy’s qui n’ont pas fait bon ménage avec ses antidépresseurs. Pour cette « inflation de termes déshonorants et inadmissibles » prononcés dans un « état d’excitation et non un état normal », le substitut Zamphiroff demande une peine pédagogique et symbolique. Il est moins indulgent pour la conduite sous alcool et anxiolytiques qu’il réprouve. Finalement, ce Français sera condamné à deux mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende pour ses outrances verbales. Et un mois de prison avec sursis, ainsi que 45 euros d’amende pour l’alcoolémie au volant.
Il laisse un quart d’heure de menaces de mort sur un répondeur
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