mardi 28 avril 2026
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Séances plutôt calmes…
dans l’ensemble

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Lors des deux séances législatives des 28 et 29 juin, les tensions sont quelque peu retombées. Pour le moment.

Par Sabrina Bonarrigo et Raphaël Brun

 

Plusieurs élus l’ont déploré. Le Conseil national a perdu beaucoup de temps sur l’étude de l’extension en mer. Surtout lorsque l’on sait que ce projet comportait 150 pages pour le traité de concession… et 12 000 pages d’annexe ! Entre les lignes, c’est la méthode de l’ex-président du Conseil national, Laurent Nouvion, qui a été décriée. « Je regrette tout le temps perdu en palabres et excusez-moi le terme… en juridisme. Des discussions inutiles, bien éloignées des pouvoirs du Conseil national. Tout cela n’a rien apporté, et n’a rien apporté aux Monégasques. Pire… Vouloir discuter du projet en lui-même, de sa structure, de sa destination, une fois le contrat signé par l’Etat, cela décrédibilise l’institution. Cela donne une piètre image de la volonté de tous les élus d’aller de l’avant sur ce projet », a déploré l’élu de la nouvelle majorité Thierry Poyet. Tout en regrettant aussi le manque de concertation entre le gouvernement, les élus et le groupement en charge des travaux. Même colère du côté de Philippe Clérissi : « La haute assemblée s’enlisait seule dans un marécage technico-législatif poisseux, qui ralentissait l’élaboration du texte, nous empêchant par là-même, comme pour toute loi de désaffectation, de consacrer le temps nécessaire à l’étude approfondie des contreparties. » La frustration était grande aussi chez Jean-Charles Allavena : « Les élus n’ont été associés ni à la définition du projet, ni aux discussions sur le contrat entre l’Etat et le titulaire. Bien sûr, ce n’est pas strictement notre rôle. Mais une fois de plus, pourquoi cette vision étriquée de nos relations ? Il ne s’agit pas là d’un petit projet de square de quartier. Il s’agit du projet emblématique d’un règne. Il était toujours trop tard. Trop tard pour émettre un avis sur le projet. Trop tard pour émettre un avis sur le contrat… Dommage ». Hormis ces quelques piques, la séance publique du 28 juin s’est passée dans un climat cordial. Bien loin de l’ambiance glaciale qui régnait le 27 avril, lorsque Laurent Nouvion n’a pas été reconduit dans ses fonctions de président du Conseil national. Le nouveau président, Christophe Steiner, a d’ailleurs conclu la séance en saluant le travail des élus au sein des commissions, et ce, « quelle que soit leur appartenance politique ». Il les a aussi remerciés « pour les débats apaisés. »

« Ombre »

Le 29 juin au soir, l’ambiance était tout aussi calme. Les élus des rangs d’Horizon Monaco (HM) ont le plus souvent adopté des positions proches de celles défendues par la nouvelle majorité du président Christophe Steiner. Il faut dire que les textes à l’étude, le renforcement de la protection des personnes contre la diffamation et l’injure, ainsi que le télétravail (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 976), pouvaient difficilement générer du conflit. A commencer donc par la proposition de loi sur la diffamation et l’injure. « Il y a un élan unanime autour de cette proposition de loi », a indiqué l’élu HM Jacques Rit. Une loi fédératrice qui n’a d’ailleurs appelé que très peu de commentaires. « Ce texte traduit un état d’esprit, a lancé l’élu de la nouvelle majorité, Jean-Charles Allavena. Dans notre pays, on est attaché à l’éthique et à la morale. » L’instant d’après, une question a toutefois quelque peu douché l’ambiance générale, jusqu’alors très consensuelle. Alors qu’il remerciait l’élu HM Claude Boisson d’avoir soumis ce texte, « que des amis de la société civile lui avait transmis », Jean-Charles Allavena a questionné : « Nous n’avons pas compris, cher Claude [Boisson], que tu aies refusé d’être le rapporteur de ce texte. Quand tu nous l’a proposé, ce texte dépassait des courants politiques déjà bien séparés. Il aurait dû les dépasser encore aujourd’hui. C’est dommage. Ce refus est une petite ombre sur ce texte. Nous le regrettons. » La réponse est venue quelques minutes plus tard. « C’est vrai, c’est pour une raison politique que je n’ai pas voulu être rapporteur », a répondu Claude Boisson à Jean-Charles Allavena, tout en le « remerciant » de s’être souvenu qu’il avait contribué à faire émerger ce texte : « Sachez aussi M. Allavena qu’il y a d’autres vertus qui peuvent animer le comportement d’un politicien. Comme l’humilité par exemple… » Ce qui n’a pas empêché Jean-Charles Allavena de revenir sur le meeting du 14 juin organisé par le groupe politique Rassemblement & Enjeux (R&E), auxquels quelques élus HM participaient. Ce soir-là, « certains signataires de cette proposition de loi ont largement dépassé le cadre des propos de tribune, même passionnée, a estimé Allavena. Le ressentiment, puis les invectives, ont rapidement tourné à l’injure. Les noms d’oiseaux ont volé bien bas. C’est pourtant cette injure-là que vous souhaitez bannir avec ce texte. La loi ne sera pas rétroactive, mais le célèbre « faites ce que je dis, pas ce que je fais » a décidément encore de beaux jours devant lui… ». Le vice-président du Conseil national, Marc Burini, après avoir indiqué qu’il voterait ce texte, a regretté que l’on doive en arriver là : « Quand une société de contraintes prend le pas sur une société de responsabilités, qu’advient-il de l’apprentissage du civisme ? Ce type de loi consacre toujours un échec : celui de l’éducation. Je veux continuer de croire que l’évolution des sociétés et des mentalités se fait par les individus, l’ouverture sur le monde, la mixité et l’éducation, plus que par le vote de textes répressifs. »

 

Les premiers télétravailleurs dès septembre

Le 29 juin, les élus du Conseil national ont voté à l’unanimité les deux projets de loi autorisant le lancement du télétravail en Principauté. A l’origine de cette idée, un vœu émis par le Conseil économique et social (CES) en 2007. « C’est un texte historique », a jugé le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, Stéphane Valeri. « Ce texte important va nous aider à répondre aux défis sociaux, économiques et de mobilité », a estimé le ministre d’Etat, Serge Telle. Il aura fallu quatre ans pour parvenir à un accord signé le 18 mars 2014. Sous réserve d’un accord patron-salarié, les 41 000 Français qui travaillent à Monaco pourront télétravailler, sans dépasser « plus des deux tiers du temps de travail du salarié sur une période hebdomadaire de travail. » Les élus ont demandé au ministre d’Etat l’extension de ce texte à la fonction publique monégasque. Des discussions ont aussi débuté avec l’Italie, qui fournit environ 4 000 salariés à Monaco. R.B.
 

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