lundi 20 avril 2026
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« Monaco aura
besoin d’un buteur »

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L’AS Monaco a terminé troisième de Ligue 1. Alessandro Grandesso est correspondant à Paris pour La Gazzetta dello Sport. Il suit le championnat français depuis 2001 et analyse pour Monaco Hebdo le parcours de l’ASM.

 

La saison 2014-2015

Avec une troisième place, Monaco a réalisé une bonne saison en Ligue 1 (L1), après des débuts compliqués. Difficile d’aller chercher le PSG et l’Olympique Lyonnais (OL). « C’est une excellente performance pour l’AS Monaco, estime le journaliste de La Gazzetta dello Sport, Alessandro Grandesso. Car le projet a changé et l’entraîneur aussi. » Monaco a aussi perdu des joueurs importants, comme Falcao ou James Rodrigues par exemple. Le travail de l’entraîneur, Leonardo Jardim, a aussi été déterminant. « Après un temps d’adaptation, il a donné une idée de jeu simple et efficace à son équipe : jouer les situations de contre-attaques à fond. Quand on regarde jouer l’ASM, on a l’impression qu’ils savent toujours quoi faire du ballon. Il n’y a pas d’improvisation », estime Alessandro Grandesso. Quant aux jeunes joueurs, ils ont su se responsabiliser : « Ils se sont affirmés aussi. Notamment Yannick Ferreira Carrasco, Bernardo Silva ou Geoffrey Kondogbia. » Du coup, est-ce que Leonardo Jardim aurait dû être sacré meilleur entraîneur de L1, comme l’affirment certains (voir l’interview de l’économiste du sport, Pierre Rondeau, publiée dans Monaco Hebdo n° 925) ? « Il aurait dû être dans les quatre finalistes. En 2013, Carlo Ancelotti et Christophe Galtier ont fini premiers ex aequo. Donc j’aurais bien vu l’entraîneur du PSG Laurent Blanc partager ce titre avec Jardim », estime le journaliste de La Gazzetta dello Sport. Serait-il plus difficile de décrocher ce titre de meilleur entraîneur de L1 si on est étranger ? Interrogée par Monaco Hebdo, l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) qui organise ces trophées, a été claire : « Il n’y a pas d’ostracisme par rapport à un entraîneur étranger. Il est insultant de pouvoir penser que les entraîneurs français puissent avoir eu ce genre de raisonnement », a indiqué Stéphane Saint-Raymond, directeur de l’information à l’UNFP. Un point de vue que ne partage pas Alessandro Grandesso qui estime que « quelque chose cloche. Souvent en France, on a tendance à faire du chauvinisme footballistique. Il existe une tendance qui consiste à pousser les Français si les conditions pour le faire sont réunies. On peut le comprendre. Mais parfois c’est déplacé. Considérer en début de saison que Yohan Cabaye doit être titulaire au PSG à la place de l’international italien Thiago Motta, c’est totalement ridicule vu le statut, le palmarès et le niveau technique qui sépare les deux joueurs. Ne pas voir dans les finalistes de l’UNFP l’entraîneur argentin de l’Olympique de Marseille (OM), Marcelo Bielsa ou Jardim, c’est étonnant. »

 

La Ligue des Champions

Comme beaucoup d’observateurs, Alessandro Grandesso a été surpris par le très bon parcours réalisé par l’AS Monaco en Ligue des Champions. Après avoir éliminé Arsenal en huitième de finale, l’ASM a finalement perdu de peu face à la Juventus de Turin en quart de finale. « Beaucoup de collègue qui ne suivent pas le championnat français, ne connaissaient pas du tout l’équipe monégasque. Ceci parce que le projet monégasque a changé, avec moins de stars et donc moins d’attention médiatique. Falcao, Rodrigues et Ranieri sont partis. Donc en Italie, on ne parle que du PSG ou de Marcelo Bielsa, à Marseille », explique Alessandro Grandesso. Face à la Juventus, il a manqué un attaquant de haut niveau à l’ASM, juge ce journaliste italien. Car même si les deux matches contre la Juventus ont été assez équilibrés, l’attaque a fait la différence. « Ce n’est pas un hasard si la Juve a recruté l’attaquant espagnol Álvaro Morata ou Carlos Tevez l’an dernier. Ils ont compris que c’était l’attaque qui faisait la différence en Ligue des Champions », ajoute Grandesso, tout en louant en parallèle la qualité défensive affichée par Monaco cette saison : « Il faudra voir s’ils sont capables de conserver cette solidité la saison prochaine. »

 

La saison 2015-2016

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP) a décidé de changer les règles du jeu. La LFP a voté le 21 mai le principe de deux montées et deux descentes entre la Ligue 1 (L1) et la Ligue 2 (L2) dès la saison prochaine. Jusqu’alors, trois clubs montaient en L1 et trois autres descendaient en L2. La même idée sera mise en place entre la L2 et le National, c’est-à-dire la troisième division. « C’est une décision importante pour l’avenir et la modernisation du football, a estimé Frédéric Thiriez, le président de la LFP, sur l’Equipe. fr. A la quasi-unanimité, cela a été accepté. L’idée est de dire que les investisseurs ont besoin d’un peu plus de sécurité. Trois montées, trois descentes, c’est trop. » C’est un faux-problème semble dire Alessandro Grandesso qui pense que la vraie évolution serait de passer à un championnat à 18 clubs, contre 20 actuellement : « En Italie, une réflexion est aussi engagée en Serie A. Les investisseurs étrangers regardent sans doute plus la fiscalité du pays dans lequel se trouve son club, ainsi que la question du fair-play financier lancé par l’UEFA. Parce que les montées et les descentes ne concernent souvent pas les acteurs économiques capables d’injecter beaucoup d’argent. »

 

Le recrutement 2015-2016

« Avant de recruter, il faudra déjà voir quels sont les joueurs qui partent. Pour être compétitif en L1, Monaco aura besoin d’un attaquant supplémentaire qui soit un vrai buteur. Bien sûr, Monaco possède Anthony Martial. Mais pour jouer les premiers rôles, ce ne sera pas suffisant. » Alessandro Grandesso redoute aussi les départs de joueurs importants, comme le défenseur Layvin Kurzawa ou l’attaquant belge Yannick Ferreira Carrasco : « Si une offre à 20 millions d’euros arrive pour ces joueurs, que fera le club ? » Difficile de savoir si la rumeur qui mène à l’attaquant international croate de l’Atlético Madrid Mario Mandžukić est sérieuse. Mais à 29 ans, l’expérience de ce type de joueur pourrait être précieuse, estime le journaliste de La Gazzetta dello Sport : « Cela pourrait aider Martial, qui aura du mal à tenir une saison entière. »

Il y a aussi les joueurs à conserver en priorité. Dans cette liste, Alessandro Grandesso mettrait le gardien Danijel Subasic, le défenseur international brésilien Fabinho, 22 ans, le défenseur italien Andrea Raggi qui à 31 ans « a encore deux ou trois belles saisons devant lui. » Sans oublier le défenseur tunisien Aymen Abdennour, 26 ans ou l’attaquant Anthony Martial, 19 ans seulement. « Le défenseur Wallace a encore une marge de progression, mais il a fait des matches intéressants. Le milieu portugais Bernardo Silva a été excellent », glisse Alessandro Grandesso pour qui Geoffrey Kondogbia est un élément « fondamental » de cette équipe de Monaco. A 28 ans, l’autre milieu portugais, Joao Moutinho, peut apporter son expérience dans les matches importants. « Il peut faire en sorte que son équipe ne panique pas », estime Grandesso, qui pense aussi que « la formule gagnante pour un club comme Monaco, c’est un mélange réussi entre de jeunes joueurs et des joueurs plus expérimentés. Une stratégie qui permet de faire une plus-value dès qu’un joueur se met en valeur. Par exemple, si Martial marque 15 buts, il faudra peut-être songer à le vendre. »

 

Le projet de Dmitry Rybolovlev

Après avoir avancé avec un projet très ambitieux et très coûteux, le projet monégasque a changé. Il s’agit désormais de davantage faire confiance aux jeunes joueurs. La star colombienne et tête de gondole de ce projet, Radamel Falcao a été cédé avec une option d’achat à Manchester United l’été dernier. « Miser sur les jeunes, c’était un pari risqué. Mais c’est un pari que Monaco a réussi à remporter. Ce virage a très bien été géré par l’ensemble du staff monégasque », souligne Alessandro Grandesso. Tout en expliquant qu’en Italie, les médias s’intéressaient beaucoup plus à l’ASM lorsque les millions coulaient à flots. Logique. « Les médias italiens ont continué à s’intéresser à Monaco lorsque le changement de cap a été expliqué, notamment à cause du coûteux divorce de Dmitry Rybolovlev. Mais une fois que tout cela a été passé, l’intérêt pour Monaco a disparu. Aujourd’hui, en Italie on ne s’intéresse pas au nouveau projet monégasque basé sur les jeunes », raconte le journaliste de La Gazzetta dello Sport. Vu depuis l’Italie, l’AS Monaco ne semble pas bénéficier d’un gros suivi de la part des médias, même s’ils sont spécialisés dans le football. « En Italie, l’ASM n’a pas une image médiatique comparable au PSG, à Marseille ou à Lyon », raconte Grandesso. Et pourtant, Monaco a travaillé avec beaucoup de joueurs italiens. On se souvient de Marco Simone (1999-2003, puis 2011-2012 comme entraîneur). Mais aussi de Christian Panucci (janvier à septembre 2001), puis de Marco Di Vaio (2006-2007) et de Christian Vieri (2006), avec Francesco Guidolin (2005-2006) comme entraîneur. Il y a aussi Flavio Roma arrivé à l’été 2001 (2001-2009, puis 2012-2014). Il y a aussi eu Claudio Ranieri (2012-2014). Et depuis 2012, le défenseur venu de Bologne, Andrea Raggi est le seul Italien de l’ASM. Son contrat vient d’être prolongé jusqu’en juin 2018. « Panucci, Vieri sont venus à Monaco en fin de carrière. Et les prestations de Di Vaio n’ont pas été inoubliables… Venu du Genoa, Francesco Guidolin ne fait pas partie des très grands entraîneurs italiens. Claudio Ranieri a un parcours plus connu mais il n’a pas de palmarès. Et on a découvert Raggi lorsque Monaco a joué contre la Juve. Car il ne fait pas partie de l’élite des défenseurs italiens », justifie Grandesso. Après deux bons matches contre la Juventus, certains estiment que le sélectionneur de l’équipe d’Italie, Antonio Conte, aurait un œil posé sur Andrea Raggi. « Ce n’est pas une priorité pour Antonio Conte. Mais dans un chantier ouvert comme l’est celui de l’Italie, on ne sait jamais. Mais en défense centrale, on retrouve un bloc de joueurs de la Juve contre lequel Raggi aura du mal à s’imposer. Ou alors, peut-être au poste de latéral droit ? Voir Raggi en équipe d’Italie, ce serait une reconnaissance pour sa longue carrière. Mais je ne crois pas que Conte soit ce type d’entraîneur… » Vraiment aucune chance pour Raggi ? « Pas pour son niveau, mais par rapport au contexte. » Plutôt que de s’intéresser à Monaco, l’Italie a les yeux rivés sur le PSG qui possède l’avantage d’aligner plusieurs joueurs italiens de très haut niveau : le gardien international, Salvatore Sirigu, les milieux de terrain internationaux Thiago Motta et Marco Verratti. Sans oublier les stars passées par la Serie A comme l’attaquant uruguayen Edinson Cavani ou l’attaquant argentin Ezequiel Lavezzi. « A Paris, il y a des stars, comme Ibrahimovic. Il y a de l’argent. Il y a aussi un projet très ambitieux, avec un actionnaire richissime. Ce qui fait peur aux clubs italiens. Donc on parle forcément du PSG en Italie parce qu’ils font partie de l’élite du football européen. C’est sur le PSG que j’écris le plus d’articles. Il est difficile d’écrire spécifiquement sur Monaco. Alors on parle de l’ASM lorsqu’il y a une actualité particulière. Comme un match de Ligue des Champions contre la Juve. Ou une rencontre contre le PSG. »

 

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