vendredi 17 avril 2026
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Elections législatives : Vojetta facilement réélu, la gauche en tête, le RN finalement troisième

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La cinquième circonscription des Français de l’étranger a largement reconduit le député sortant, le divers droite – Ensemble, Stéphane Vojetta, avec près de 62 % des suffrages. Au niveau national français, le Rassemblement national a subi un échec, mais il a gagné des députés. Contre toute attente, si la gauche est devenue la première force à l’Assemblée nationale, elle doit désormais trouver des alliés pour espérer pouvoir gouverner la France.

On n’avait pas vu ça depuis 1981. Pour le second tour des élections législatives qui s’est déroulé le 7 juillet 2024, le taux de participation a atteint 66,63 % en France. A Monaco, pour le compte de la cinquième circonscription des Français de l’étranger qui regroupe l’Espagne, le Portugal, Andorre et la principauté, la participation a été beaucoup plus faible, à 38,57 %. Le deuxième tour opposait le député divers droite — Ensemble sortant, Stéphane Vojetta, à Maxime da Silva (La France insoumise (LFI) — Nouveau Front Populaire (NFP)).

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Il n’y a pas eu de suspense, puisque Vojetta a engrangé 61,47 % des suffrages dans cette 5ème circonscription des Français de l’étranger. A Monaco, il a même séduit 82,65 % des votants, qui se sont moins mobilisés que pour le premier tour, avec une baisse de la participation de 6 points. Au total, 2 067 Français installés à Monaco ont voté, sur un total de 5 359 électeurs. Elu sur cette circonscription depuis 2021, Stéphane Vojetta a donc largement convaincu les électeurs, améliorant de 5 points son score de 2022, et laissant seulement des miettes à son challenger, Maxime da Silva. « C’est perdu sur la 5ème circonscription des Français-es de l’étranger. Merci aux électeurs qui ont voté pour nous ! Vojetta, qui flirte avec le RN, est élu grâce à ses voix. Je reste mobilisé, au combat, pour les gens. Avec le NFP qui gagne ce soir ! », a écrit sur X Maxime da Silva, dans la soirée du 7 juillet 2024. « Cher Maxime da Silva, il me semble que vous avez oublié de mentionner le score. 62 % – 38 %. Passez le bonjour à Manuel Bompard de ma part », a ironisé Stéphane Vojetta, toujours sur X. Avant d’ajouter : « Bardella ne gouvernera pas la France. Mélenchon ne gouvernera pas la France. Mais la France n’est pas condamnée à l’immobilisme : une grande coalition est possible. Elle est même nécessaire. J’y travaillerai dès demain, à Paris. »

« Bardella ne gouvernera pas la France. Mélenchon ne gouvernera pas la France. Mais la France n’est pas condamnée à l’immobilisme : une grande coalition est possible. Elle est même nécessaire. J’y travaillerai dès demain, à Paris »

Stéphane Vojetta, réélu député pour la 5ème circonscription des Français de l’étranger sur X, dans la soirée du 7 juillet 2024

« Marée »

Il faudra effectivement trouver de quoi constituer une « grande coalition », et vite. Le RN était pourtant favori, suite à un premier tour très favorable, qui l’a vu obtenir son plus fort total de voix au premier tour d’une élection. Avec 10,6 millions de suffrages, le RN et ses alliés, étaient en effet qualifiés dans près de 300 circonscriptions pour le second tour. Par rapport à l’élection présidentielle de 2022, le RN a obtenu 2,5 millions de voix supplémentaires, et cela, avec une participation plus faible, la présidentielle de 2022 s’étant soldée par un taux de participation de 73,5 % au premier tour. Pour mémoire, au premier tour des législatives de 2022, le RN avait obtenu 4,2 millions de voix. La progression du RN est forte, puisqu’elle se rapproche du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2022. Marine Le Pen avait alors séduit 13 millions d’électeurs.

Pourtant, le second tour n’a pas été du niveau espéré par Jordan Bardella et Marine Le Pen. Alors qu’ils rêvaient d’atteindre plus de 289 sièges sur 577 pour disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale, le RN et ses alliés LR doivent finalement se contenter de 143 sièges. Mais, de 89 sièges en 2022 à 143 le 7 juillet 2024, le RN est sur une trajectoire ascendante, à seulement deux ans et demi de la prochaine élection présidentielle de 2027. « La marée monte, mais elle n’est pas montée assez haut cette fois-ci, a commenté Marine Le Pen. Mais elle continue à monter. Notre victoire n’est que différée. » A la surprise générale, c’est la gauche et le NFP qui ont fini à la première place, avec un total de 182 députés, devant la majorité présidentielle Ensemble, avec 168 fauteuils.

De 89 sièges en 2022 à 143 le 7 juillet 2024, le RN est sur une trajectoire ascendante, à seulement deux ans et demi de la prochaine élection présidentielle de 2027

« Refondation »

Mais 182 élus, c’est moins bien que la coalition macroniste qui s’appuyait sur 246 députés. Il faudra donc discuter, négocier, et passer des accords avec d’autres groupes. Car cette alliance est loin d’exister. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 9 juillet 2024, les prochains jours s’annonçaient décisifs pour savoir qui gouvernera la France. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a été claire : « La question maintenant est simple : qui, dans les forces républicaines, est prêt à soutenir notre programme ? » L’équation est loin d’être évidente. Au sein du NFP, on trouve notamment 74 élus insoumis, 59 socialistes contre 31 lors de la précédente législature, 28 écologistes (contre 23 élus en 2022), et 9 communistes. Dans le courant de la semaine, le NFP devrait proposer un ou une candidat(e) pour le poste de premier ministre, a indiqué sur franceinfo le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, tout en estimant que « ce vote doit ouvrir une refondation, il doit y avoir un avant et un après-7 juillet ».

Par ailleurs, une série de personnalités, dont Fabien Roussel, François Hollande et Olivier Faure, ont répété qu’il était exclu de présenter le leader des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, pour ce poste de Premier ministre. Jugé trop clivant, Mélenchon ne parvient décidément pas à faire l’unanimité à gauche. Refusant toute « alliance des contraires » ou tout « arrangement », les leaders de la gauche ont écarté toute possibilité de s’allier avec le camp d’Emmanuel Macron ou avec la droite. Quant aux macronistes, ils refusent de se rapprocher de LFI et de ses 74 députés. Pour Horizon, Edouard Philippe s’est prononcé en faveur d’un accord, mais sans le RN, ni LFI. Enfin, pour LR, Laurent Wauquiez a refusé de se mêler à « des tractations, des combinaisons, pour échafauder des majorités contre-nature ».

182 élus, c’est moins bien que la coalition macroniste qui s’appuyait sur 246 députés. Il faudra donc discuter, négocier, et passer des accords avec d’autres groupes. Car cette alliance est loin d’exister. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 9 juillet 2024, les prochains jours s’annonçaient décisifs pour savoir qui gouvernera la France

Vers un gouvernement technique ?

Le 8 juillet 2024, en début d’après midi, le président Emmanuel Macron a demandé à son Premier ministre Gabriel Attal, qui avait présenté sa démission en fin de matinée, de rester à son poste « pour le moment », afin « d’assurer la stabilité du pays ». L’Elysée a indiqué qu’Emmanuel Macron devait s’envoler le 9 juillet 2024 pour participer au sommet de l’OTAN à Washington, et qu’il était dans l’attente de la « structuration de la nouvelle assemblée » pour « prendre les décisions nécessaires ». Si Emmanuel Macron n’est pas tenu par un calendrier, il est en revanche obligé de répercuter le résultat de ces élections législatives sur le choix du futur premier ministre. S’il ne le faisait pas, une motion de censure pourrait être votée par l’Assemblée nationale dès sa première session, qui se déroulera le 18 juillet 2024. Cela déboucherait alors sur la chute du gouvernement Attal. Pour éviter de s’exposer à une motion de censure, le président de la République doit donc suivre l’avis de la majorité des députés.

Si Emmanuel Macron n’est pas tenu par un calendrier, il est en revanche obligé de répercuter le résultat de ces élections législatives sur le choix du futur premier ministre. S’il ne le faisait pas, une motion de censure pourrait être votée par l’Assemblée nationale dès sa première session, qui se déroulera le 18 juillet 2024

Si aucune majorité ne parvient à émerger sur les bancs du Palais-Bourbon, le risque d’un blocage institutionnel pourrait prendre de l’épaisseur. On pourrait ainsi se diriger vers la mise en place d’un gouvernement technique. Des ministres sans étiquettes politique seraient nommés pour gérer les affaires courantes de la France. Dans un tel contexte, seules des réformes consenties par une majorité d’élus pourraient avoir une chance d’aboutir. L’Italie a connu une situation de ce genre en 2018, avec un gouvernement technique piloté pendant plus d’un an par Mario Draghi. Seule certitude, il n’y aura pas de nouvelles élections législatives avant l’été 2025. En effet, l’article 12 de la Constitution française indique qu’il « ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections ». Les jours qui viennent s’annoncent donc décisifs pour la gouvernance de la France.

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