Comme en 2019, le taux de participation à Monaco est resté faible, à seulement 22%, même s’il a progressé. Et comme au niveau national français, c’est la liste du Rassemblement national, conduite par Jordan Bardella, qui s’est imposée en principauté, avec 38% des suffrages exprimés.
En principauté, les élections européennes ne passionnent guère les Français de Monaco. En 2019, le taux de participation était de 15,79 %. Cette fois, il a atteint 22 %, mais il reste très en dessous du niveau français, qui a été de 52,5 %. Seulement 1 178 Français de Monaco sont allés voter le 9 juin 2024, sur un total de 5 354 inscrits sur les listes électorales. Comme au niveau national français, c’est la liste du Rassemblement national (RN), conduite par Jordan Bardella, qui est arrivée en tête, avec 38,65 % des suffrages exprimés. Derrière, on trouve Valérie Hayer (18,51 %) pour la majorité présidentielle, Marion Maréchal (12,94 %), François-Xavier Bellamy (9,51 %), Raphaël Glucksmann (8,14 %), et Marie Toussaint (4,11 %). En additionnant les voix recueillies par Jordan Bardella et par Marion Maréchal, l’extrême droite a réuni 51,59 % des suffrages exprimés à Monaco. Quant au parti d’Emmanuel Macron, alors qu’il était facilement en tête lors des élections européennes de 2019, il a donc assez lourdement chuté. Autour de Monaco, la situation est identique à Cap d’Ail, à Beausoleil et à Menton, avec Bardella, Hayer et Maréchal qui se sont à chaque fois adjugés les trois premières places. L’abstention a atteint 58,68 % à Beausoleil, 48,84 % à Menton, et 53,60 % à Cap d’Ail. Jordan Bardella a obtenu 41,37 % des suffrages exprimés à Beausoleil, 38,85 % à Cap d’Ail, et 45,13 % à Menton.
En additionnant les voix recueillies par Jordan Bardella et par Marion Maréchal, l’extrême droite a réuni 51,59 % des suffrages exprimés à Monaco

En revanche, à La Turbie, si Bardella (44,11 %) et Hayer (14,57 %) occupent les deux premières places, la troisième place échappe à Marion Maréchal au profit des Républicains (LR) et de François-Xavier Bellamy (10,64 %). A Roquebrune-Cap-Martin, où l’abstention a atteint 47,26 %, le RN et Jordan Bardella ont aussi fini premier, avec 43,26 % des suffrages exprimés, devant Valérie Hayer (14,06 %), Marion Maréchal (10,51 %) et Raphaël Glucksmann (8,04 %). A Beausoleil, à Roquebrune-Cap-Martin, mais aussi à La Turbie, et à Menton, Jordan Bardella est parvenu à obtenir plus de 40 % des suffrages exprimés. Dans les Alpes-Maritimes, l’abstention a été de 46,52 %. Sans surprise, Bardella a dominé avec 37,73 % des voix, devant Valérie Hayer (12,99 %), Raphaël Glucksmann (9,49 %), Marion Maréchal (9,14 %), François-Xavier Bellamy (8,87 %) et Manon Aubry (7,94 %). Malgré une forte implantation dans le département des Alpes-Maritimes, LR n’est donc pas parvenu à dépasser les 9 %.
Dissolution
Au niveau national français, avec une participation à 51,83 %, jamais les élections européennes n’avaient autant attirées les électeurs français depuis trente ans. En 1994, la participation avait atteint 52,76 %. Le RN et Jordan Bardella ont engrangé 31,36 % des voix, alors que la liste Besoin d’Europe de la majorité présidentielle a recueilli 14,60 % des suffrages. En troisième position, on trouve Réveiller l’Europe du socialiste Raphaël Glucksmann, avec 13,83 % des voix. La France insoumise est arrivée en 4ème position avec 9,89 %, suivie par Les Républicains de François-Xavier Bellamy (7,24 %), Europe Écologie (5,50 %), la liste d’extrême droite menée par Marion Maréchal (5,47 %), et le Parti communiste français (2,36 %). Ces résultats très défavorables ont conduit le président Emmanuel Macron a surprendre tout le monde, y compris une partie de son propre camp, en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives se dérouleront le 30 juin et le 7 juillet 2024. C’est un donc un véritable pari que tente Emmanuel Macron pour relancer son quinquennat. En cas d’échec, cela pourrait permettre au RN de s’installer à Matignon. Le score historique de Jordan Bardella, qui a obtenu plus du double de voix que Valérie Hayer, a donc poussé le président de la République à prendre ce risque. « C’est avant tout un acte de confiance. Confiance en vous, mes chers compatriotes, en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures », a indiqué Emmanuel Macron dans une allocution, tout en mettant en avant « une fièvre qui s’est emparée ces dernières années du débat public et parlementaire ». Cette dissolution sera donc l’occasion de voir si le parti d’extrême droite peut remporter ces élections législatives, et imposer une cohabitation à Emmanuel Macron.

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Ces résultats très défavorables ont conduit le président Emmanuel Macron a surprendre tout le monde, y compris une partie de son propre camp, en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives se dérouleront le 30 juin et le 7 juillet 2024
Savant équilibre
Ces élections européennes ont pour conséquence d’aboutir à la mise en place d’un Parlement de Strasbourg davantage conservateur. Mais, face aux conservateurs du PPE, l’extrême droite a fait mieux qu’en 2019. Résutat, elle occupe désormais plus du quart de l’hémicycle. Comme un symbole, pour la première fois le RN aura une trentaine d’eurodéputés. Même chose en Italie, où Giorgia Meloni et Fratelli d’Italia ont obtenus 24 élus, auxquels 7 autres pourraient venir s’ajouter, grâce à la Ligue du Nord de Matteo Salvini. Autre fait marquant : plusieurs pays, dont le Portugal, auront pour la première fois des élus nationalistes au Parlement européen. Mais ces droites nationalistes sont morcelées. Pour peser davantage à Strasbourg, elles devront parvenir à s’entendre, ce qu’elles n’ont pas réussi à faire, à ce jour. Néanmoins, des échanges ont déjà eu lieu et vont se poursuivre. Reste à savoir si un terrain d’entente pourra être trouvé entre des groupes nationalistes aux profils très disparates. A gauche, les sociaux-démocrates (S&D) affichent un statu quo, avec 139 élus, contre 140 auparavant. Le bon résultat de la liste de Raphaël Glucksmann, mais aussi du Parti socialiste espagnol et du Parti démocrate italien sont autant d’éléments qui ont permis de contrebalancer le recul du SPD allemand. Quant à l’extrême gauche, elle devrait disposer de 36 fauteuils, alors qu’elle en avait obtenu 37 en 2019. Au centre, les libéraux de Renew ont enregistré un net recul, avec une vingtaine de sièges perdus. Ils restent toutefois le troisième groupe en nombre de sièges, mais ils pourraient être dépassés, notamment si l’extrême droite parvient à sceller des accords.
Avec un total de 403 élus, la coalition qui regroupe le PPE, les sociaux-démocrates et les libéraux devrait perdurer. C’est sur cette base que Ursula von der Leyen travaille depuis 2019, mais cette coalition devra rester unie, alors que des sujets de dissension sont apparus
Autres grands perdants de ces élections européennes 2024 : les écologistes. Avec 52 eurodéputés, ils ont laissé échapper près d’un tiers de leurs effectifs, avec une nette baisse en France et en Allemagne notamment. Avec un total de 403 élus, la coalition qui regroupe le PPE, les sociaux-démocrates et les libéraux devrait perdurer. C’est sur cette base que Ursula von der Leyen travaille depuis 2019, mais cette coalition devra rester unie, alors que des sujets de dissension sont apparus ces derniers temps, comme, par exemple, sur l’immigration ou sur le pacte vert. Pour poursuivre sa mission à la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen doit d’abord recevoir l’appui d’une majorité de chefs d’Etat et de gouvernement.
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Ensuite, elle devra être investie par au moins 361 des 720 eurodéputés. Il lui faudra donc trouver un savant équilibre, en évitant de heurter les sensibilités des uns et des autres. Est-il possible de se rapprocher de Giorgia Meloni sans heurter les S&D et Renew, ou de séduire les Verts sans fâcher le PPE ? Pas simple.








