Confronté à la pire crise de ces 10 dernières années, le tourisme d’affaires sur la Côte d’Azur tente de réagir. Reste à savoir si les aménagements des centres de congrès seront suffisants pour faire revenir la clientèle.
Depuis 15 ans les pro du tourisme font la chasse aux congressistes. Pour plusieurs raisons : d’abord drainer une nouvelle clientèle. Ensuite remplir un carnet de commande bien vide par rapport au tourisme individuel dans les mois creux, c’est-à-dire entre novembre et mars. Enfin parce que le touriste de congrès est une manne. Notamment celui qui vient en région Paca. D’ailleurs, une étude TNS Sofres réalisée entre mars et décembre 2009 dans 22 centres de congrès à la demande du comité régional du tourisme (CRT), du convention bureau de la Côte d’Azur et du Prides, un pôle de compétitivité centré sur le tourisme d’affaires. Profil type d’un congressiste : un homme de 45 ans, actif, français et venu seul. Il reste un peu plus de 4 nuits dans la région contre 6 pour le touriste de loisir. Mais il dépense en moyenne 152 euros par jour pour son hébergement, ses déplacements et sa restauration. Soit environ trois fois plus que son alter ego du loisir… Bref, c’est un client qui a de l’argent et qui le dépense. Du coup, il est très recherché. Mais la crise est passée par là.
Baisses
Le constat est le même à Monaco, à Nice et à Cannes : pour ces villes qui possèdent toutes un centre de congrès, l’année 2009 a été terrible. A Cannes, le palais des festivals génère 50 % de l’activité tourisme d’affaires. L’autre moitié étant générée par les hôtels eux mêmes. Le chiffre d’affaires du palais a baissé de 10 % : 38 millions d’euros avant la crise, 34,5 l’année dernière. Le tout nouveau directeur commercial et marketing du palais qui est aussi directeur du tourisme de la ville de Cannes, Bertrand Salama, se console comme il peut : « Ailleurs, la baisse a atteint 20, voire 30 %. »
Un chiffre que mettent en avant tous les directeurs de tourisme de la Côte d’Azur sans que l’on sache exactement à quoi il correspond.
Reste à savoir qui a enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 30 %. Pas Monaco en tout cas. Car si la part du tourisme d’affaires a aussi diminué en Principauté, c’est dans des proportions équivalentes. En 2008 il représentait 28 % des nuitées. « On en est aujourd’hui à 19 % » dit le directeur du tourisme, Michel Bouquier. Un chiffre qui intègre les congrès, les expos, les séminaires, les conférences, incentives ou salons.
A Nice, c’est plus flou. « Aujourd’hui on est capable de faire un baromètre mensuel de l’activité touristique de Nice. Notre problème c’est de l’affiner, pour faire le distinguo tourisme d’affaires et loisir », explique le directeur du tourisme de la ville, Denis Zanon. Avant d’ajouter : « Le recensement des opérations tourisme d’affaires lui-même est difficile. Pour les congrès, on a le calendrier d’Acropolis. Mais il y a beaucoup de petits congrès de 200-300 personnes qui se déroulent dans les hôtels ou des salles hors circuit commercial, les universités, les hôpitaux… Aujourd’hui Acropolis héberge une quarantaine de congrès par an (38 en 2008 ndlr). Ce qui représente entre 20 et 25 % du tourisme total. L’année dernière son chiffre d’affaires a baissé de 10 %, pour plafonner à 15 millions (contre 16,5 millions d’euros en 2008 ndlr). » Ce qui fait dire à Zanon qu’Acropolis s’en tire beaucoup mieux que ses homologues. Etonnant, alors que cette baisse semble toucher tout le monde.
D’ailleurs, Cannes, qui profite des 300 000 visiteurs uniquement avec les activités du palais des festivals a enregistré une baisse du chiffre d’affaires du palais de 10,8 % en 2009. Des proportions équivalentes à Monaco et Nice.
“Agressive”
« Tout type de tourisme confondu, alors que le tourisme d’affaires représente 20 % du tourisme en général, la clientèle a diminué de 24 % sur la Côte d’Azur. La Côte recevait plus de 50 % de clientèle internationale. Aujourd’hui certains marchés se sont effondrés comme la Grande Bretagne ou l’Italie » affirme la directrice générale par intérim du CRT Riviera Côte d’Azur, Eveline Brusa-Priebe qui se console comme elle peut : « En Europe, les pertes sont de 30 à 40 %. » Reste encore à savoir de qui on parle. Des nouveaux lieux de tourisme d’affaires qui se sont installés en tête, comme Barcelone ? Ou qui émergent aujourd’hui comme Berlin, Vienne et qui imposent une concurrence rude à la Côte d’Azur, avec une politique marketing « agressive » selon Bertrand Salama. Sans oublier les pays de l’Europe de l’est aux tarifs alléchants, comme Budapest ? Difficile de le savoir car il n’existe pas de chiffres clairs et précis sur le tourisme d’affaires, même pour une grande ville comme Nice. Alors en Europe…
Pourtant, plusieurs organismes essaient de regrouper un certain des données. Notamment l’office de justification des statistiques (OJS), qui regroupe l’ensemble des organisateurs de salons. Mais aussi l’association des agences de communication événementielle (Anae), l’association France congrès ou Provence Côte d’Azur events qui vient d’ailleurs de publier l’enquête TNS Sofres. « Les statistiques sont souvent des extrapolations de panel, estime Denis Zanon. Dans le tourisme d’affaires, au niveau national, on n’est pas capable de connaître exactement le poids des congrès, des séminaires, ou des salons, les uns par rapports aux autres ou par rapport au tourisme de loisir. A Nice, on a deux observatoires. Le premier, c’est Sirius, un observatoire économique de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI). L’autre est piloté par le CRT Riviera Côte d’Azur avec lequel on a passé une convention pour extraire les données sur Nice. Il fait des calculs sur les arrivées à l’aéroport et les données dans les hôtels. Mais il faut voir s’il est évolutif pour arriver à un bon niveau de précision. Si c’est pas le cas, on l’améliorera. Ou on étudiera une autre solution, comme celle d’un partenaire privé. D’ailleurs, un projet pourrait bientôt se dégager. »
“Crise”
Une certitude, malgré la crise, la plupart des organisateurs de grandes manifestations sont restés sur leur lieu habituel. Exemple : Cannes a gardé le marché international des professionnels de l’immobilier (le Mipim) et le marché international de la musique (le Midem) malgré la baisse des ventes de disques. Mais aussi un congrès comme le Tax free world exhibition, Gartner, ou l’international luxury traval market (ILTM). Mais le nombre d’exposants a baissé. Tout comme les surfaces d’exposition et le nombre de visiteurs. Pourtant Cannes reste optimiste et vise un stand by pour 2010 et une progression pour 2011 selon les prévisions. D’ailleurs, Cannes a annoncé la signature de cinq événements qui devraient attirer entre 1 200 et 2 500 délégués. Notamment le Getis, un nouveau salon des technologies et énergies vertes. Et un symposium international d’ostéologie pour l’année prochaine. Un créneau assez faible par rapport aux capacités d’accueil cannoises, mais avec la crise, pas question de négliger la moindre opportunité.
A Monaco, l’European Petrochemical Association (EPCA) qui venait depuis une quarantaine d’années est parti. Mais il devrait revenir en 2012. L’Anti aging congress, qui réunit près de 4 000 personnes, se déroulait en Principauté tous les deux ans. Il aura désormais lieu chaque année. Et pourtant, 2009 a été une année noire. A cause de la crise bien sûr. D’ailleurs, toute la Côte a souffert de son image luxe et soleil qui était pourtant un sacré atout. Mais les entreprises sont devenues frileuses. Pas question de s’afficher en congrès sur la Riviera. « Pendant la crise il y avait obligation morale des entreprises qui licenciaient par exemple, de ne pas s’afficher dans ce genre de destination, reconnaît Bouquier. Il y a eu avalanche de résiliations chez les 60 % de nos clients fluctuants dans le domaine des congrès. Mais les organisateurs ont payé la totalité des pénalités sans discuter. Certains sont allés vers des destinations pourtant plus chères que Monaco. Comme Berlin ou Budapest, voire même Saint Etienne ! Mais les 40 % fidèles, on les a tous gardés. »
« Il y a eu deux types de réaction, selon Anne Hobon la responsable réceptif et logistique du convention bureau du CRT Riviera Côte d’Azur. Tout ce qui a été signé a eu lieu, mais les budgets ont été restreints. Et certains congrès non signés ont été annulés souvent pour des questions d’image. »
Autre conséquence de ce passage à vide « la préparation des congrès de plus en plus longue, les prises de décision de plus en plus tardives, selon Salama. Pour les gros congrès, il faut se préparer entre 12, 18 ou même 24 mois à l’avance. Pour les réunions plus petites, les conventions d’entreprises de 2 ou 5 nuits de 2 000 participants, on a déjà des contacts pour la fin d’année. Mais ils sont encore à l’état prospects. »
A Nice, on a l’impression de mieux s’en tirer qu’ailleurs. C’est en tout cas ce qu’affirme Denis Zanon : « Quand on dit qu’on s’en tire mieux à Nice c’est parce que Monaco et Cannes sont plus versés sur le corporate, le monde de l’entreprise, séminaires, lancements de produits, opérations incentives et que nous, on donne la priorité aux congrès qui irriguent de manière beaucoup plus large l’économie locale. Or le corporate, ce pan du tourisme d’affaires lié à l’entreprise, a été directement impacté par la crise, avec 25 à 30 % de baisse. A Nice sur les entreprises, on a pris la même gifle… » Résultat, Nice compte toujours sur le Congrès Cardio Stim (5 000 personnes le mois prochain), Télémanagement (3 000 personnes mi-mai) ou le sommet France Afrique les 31 mai et 1er juin. De plus, la ville a aussi signé pour le congrès de la Mutualité française l’année prochaine. Un congrès qui devrait réunir 3 500 personnes.
Yalta
Reste à savoir comment se positionnent les villes de la Côte d’Azur dans le tourisme de congrès par rapport aux principaux concurrents nationaux, notamment Paris. Mais aussi internationaux. Avec comme symbole Barcelone et son centre de congrès de 350 000 m2 d’exposition. En tout cas, il n’y a pas eu de Yalta du tourisme d’affaires entre les principaux acteurs du mouvement, Monaco, Nice et Cannes. Chacun se partageant le territoire selon ses compétences et ses possibilités bien sûr. Mais au fur et à mesure du développement des activités, chacun commence à trouver sa place. Même si tout le monde n’est pas d’accord sur les termes à employer en matière de congrès. « La définition du congrès par l’International communication association (ICA), c’est la réunion d’un panel d’intervenants qui vient disserter sur un thème en face des spécialistes du monde entier qui s’inscrivent individuellement pour venir l’écouter. En revanche, les réunions corporate, c’est tout ce qui est lié à la vie de l’entreprise : les assemblées générales, les séminaires de direction, les séminaires de motivation et les “incentives”. Mais le Mipim à Cannes, c’est pas un congrès. C’est d’abord un salon professionnel qui réunit des pro dans un secteur. » Congrès ou salon, Cannes mise aujourd’hui sur des manifestations qui regroupent, en moyenne, entre 10 000 et 15 000 personnes. Avec quelques figures de proue, comme le Midem, le Mip TV, le Mipcom, le Mipim, ILTM le salon du tourisme de luxe, et Gartner, le salon des nouvelles technologies et de l’informatique. « Des congrès de 3 000 ou 4 000 personnes, nous on ne prend pas. Ça n’a pas de sens. Nous, c’est de 5 000 à 15 000. Mais au-delà on ne prend pas non plus. Car on ne peut pas accueillir un congrès qui veut se déployer au-delà de 35 000 m2 » explique Bertrand Salama.
Résultat, Cannes est donc la ville qui, pour l’instant, a atteint le maximum de ses capacités d’accueil. Avec une menace : voir s’expatrier des congrès en pleine croissance qui ont grandi sur la Croisette et ont profité de sa renommée. Exemple : le congrès GSM, un gros congrès mondial qui regroupe les acteurs mondiaux de la téléphonie et qui est parti pour Barcelone. « Ça a été un véritable traumatisme. Car on a eu l’impression d’avoir perdu par incapacité à répondre à la demande », raconte Eveline Brusa-Priebe. « On ne l’a pas perdu, précise Bertrand Salama. Il est parti parce qu’on ne pouvait pas le garder, faute de place. Regardez le salon du jeu vidéo, l’Idef, qu’on accueille à présent. Il se développe. Mais on ne sait pas jusqu’où il pourra grandir, car le jeu vidéo devient plus important que le cinéma. » Du coup, pas sûr que ce genre de salon reste à Cannes. Une certitude, dans l’état actuel des choses, il n’ira pas dans une autre ville de la Côte d’Azur. Si ce salon grandit trop et trop vite, il se délocalisera à l’étranger. « D’un point de vue national, explique Salama, on est en concurrence avec les autres villes de la Côte. D’un point de vue international, on est complémentaires. On a des offres différentes. On peut mener des actions Côte d’Azur et la concurrence se fera sur le choix final de la destination. Monaco a raison de jouer son jeu comme les autres villes. » Pour la Principauté, Michel Bouquier estime avoir « une capacité d’accueil de congrès de 3 000 personnes. Au-delà on ne sait pas faire. Certaines opérations sont nées à Monaco. Mais on n’a pas pu les garder faute de place. Et ça pose un problème. Mais les 11 bureaux de Monaco à l’étranger ont pour mission majeure d’aller chercher le touriste d’affaires. C’est purement du marketing, de la com’, et de la vente. Il vaut mieux que la Côte d’Azur se positionne sur le marché mondial du tourisme d’affaires et qu’on soit sur l’écran radar des organisateurs de congrès. En tout cas, on préfère perdre un groupe pour une autre destination Côte d’Azur plutôt qu’il aille à Berlin. Si la Côte d’azur renforce son offre, c’est bon pour nous. D’ailleurs, on a d’excellents rapports avec le CRT et chacun gère ses affaires. » Eveline Brusa Priebe reconnaît que « Monaco joue le jeu mais est à part. La Principauté garde son côté exclusif, recentré, “resort”. Bref, une station à part entière, où tout est imbriqué. Mais Monaco ne peut rien faire sans la Côte d’Azur. »
Pour Zanon, « Cannes a un positionnement très haut de gamme dans le domaine du “corporate”, très saisonnier. Monaco a un positionnement très exclusif, très haut de gamme, luxe et ultra luxe. Nice a une vocation plus annuelle que les deux autres villes. C’est une destination globale, avec luxe et ultra luxe complétée par toute une autre gamme d’offres. » Et Nice aujourd’hui veut reprendre la main dans un créneau plus important. Objectif : regagner des salons et des congrès qui pourraient être décentralisés faute de place pour s’organiser.
Travaux
Il y a quelques années, pour tenter de doper sa clientèle de tourisme d’affaires, les trois sœurs ennemies de la Côte d’Azur ont misé sur une politique de lifting de leurs centres de congrès. Voire d’agrandissement en ce qui concerne Nice. Mais avec la crise, les choses se sont compliquées.
Aujourd’hui, à Monaco la priorité c’est de conserver sa part du tourisme d’affaires. D’ailleurs, la Principauté n’a pas lancé de projets de constructions nouvelles sur ses centres de congrès. En revanche, les hôtels améliorent leurs infrastructures. Quant au navire amiral des congrès de la Principauté, le Grimaldi Forum, qui fête cette année ses 10 ans, il vient de lancer pour 15 millions d’euros de travaux. Objectif : redécorer le bâtiment sur trois ans, de 2011 à 2013, améliorer la signalétique et le son dans la salle des Princes et encourager les événements écolo. D’ailleurs, depuis quelques années, le Grimaldi adopte une politique plus éco responsable dans l’activité événementielle. Déjà certifié Iso 14 001 depuis 2004, pas question de ne pas miser sur un management environnemental dans son fonctionnement de tous les jours. En demandant aux salariés et aux clients de trier les déchets, recycler le papier, les moquettes et les bâches signalétiques, d’acheter des produits eco labellisés et d’utiliser un éclairage basse tension.
Une politique que revendique aussi le Palais des Festivals à Cannes qui s’affiche comme le premier centre européen triplement certifié qualité (Iso 9 001), sécurité-santé (OHSAS 18 001) et environnement (Iso 14 001). Mais pour voir plus grand, le Palais avait prévu en 2002 une politique de modernisation en deux volets. Une rénovation qui n’est pas remise en cause. Les travaux d’embellissement et de mise à jour des moyens technologiques, avec un agrandissement du grand auditorium de 300 places d’ici 3 ans, ont commencé. Montant de l’opération : 57 millions d’euros, financés par l’Etat à hauteur de 20 millions entre 2009 et 2013.
En revanche, ce sont les 83 millions d’euros de travaux d’extension qui sont remis en cause. Des travaux qui devaient débuter en 2012 avec 20 000 m2 créés en sous-sol du bunker et sous les jardins attenants qui sont reportés. Le conseiller général UMP des Alpes Maritimes, premier adjoint du maire de Cannes et président de la société d’économie mixte pour les événements cannois (Semec), David Lisnard, a toujours dit que le projet serait activé ou pas en fonction du marché. « On attendait le Mipim et le Mip Tv pour nous prononcer. Or, il semble bien que les deux congrès soient encore touchés par la crise et qu’ils ne souhaitent pas s’étoffer. » Une délibération a été soumise au conseil municipal de la ville de Cannes lundi 3 mai. Résultat, vu l’intérêt d’une telle extension et les risques qu’elle pouvait comporter, il a été décidé de geler les travaux d’extension. Ils sont reportés mais pas annulés. Ils pourraient démarrer en fonction de la reprise ou non du marché. Sans qu’une date précise ne soit communiquée.
De plus, il faut savoir que la Semec gère plusieurs missions pour la ville de Cannes, comme la promotion de la ville (tourisme de loisirs, clientèle individuelle et groupes), la commercialisation de la destination affaires (clientèle de congressistes), la gestion de l’office du tourisme, celle du Palais des Festivals et des Congrès et l’animation événementielle de la cité. Or cette délégation de service public se termine fin 2010. Du coup, un appel à candidatures a été lancé en avril. Plusieurs voix demandaient que cette délégation soit portée à 40 ans. Donc allongée en fonction de la durée d’amortissement de travaux éventuels. Or, en juin au moment où la délégation doit être renouvelée, on pourrait revenir à une durée plus classique de 5,10 ou 15 ans.
Fièvre
L’enthousiasme pour le tourisme d’affaires avait aussi gagné d’autres villes de la Côte. Notamment Antibes qui a pour projet de refaire complètement son palais des congrès. Mais les travaux ont pris du retard et devraient finir fin 2012-2013. A noter qu’Antibes se positionne plus sur de petits congrès, autour de 500 personnes. On peut aussi citer Mandelieu qui a refait aussi son palais des congrès inauguré en septembre 2009. « Quand ils se sentiront à l’étroit à Mandelieu, ils viendront chez nous » estime Bertrand Salama.
Officiellement, la fièvre ne retombe pas côté niçois. Avec des ambitions qui restent élevées. Exemple : le lifting d’Acropolis. Un projet lancé en mars 2009, 2 ans après que le groupe lyonnais GL Events dirigé par Olivier Ginon ait décroché la délégation de service public. Le projet est estimé à 25 millions d’euros de rénovations et d’optimisation d’espace. Sachant que la ville finance pour 19 millions, et GL Events pour 6 millions. Et malgré la crise, le programme devrait être respecté et se terminer l’année prochaine.
Mais l’autre grande locomotive pour la relance du tourisme d’affaires niçois, et de la Côte d’Azur, c’est un énorme projet. Nice veut être la rivale de Barcelone. L’établissement public en charge d’Eco-Vallée, qui veut construire une métropole dans la plaine du Var à Nice, a commandé l’étude de faisabilité d’un centre d’exposition de 80 000 à 100 000 m2 qui serait situé à la place de l’actuel marché d’intérêt national (MIN). D’ailleurs, c’est l’étude du dimensionnement qui est réalisée en ce moment. Le centre serait le premier à sortir de terre dans la plaine du Var. Un centre avec des hôtels, des commerces et un super complexe qui accueillerait grands salons et congrès, concerts, spectacles et compétitions sportives internationales. Le tout à côté d’un “centre intermodal” de transports qui regrouperait avions, trains, bus et tramways. Objectif : irriguer l’est et l’ouest de la ville, vers Monaco et Cannes.
« Ma position c’est de défendre les Alpes Maritimes, souligne Lisnard. Si ce projet est centré sur le tourisme de congrès, je n’y crois pas un seul instant. Il serait trop petit. Surtout que déjà Barcelone va très mal. Elle est déjà concurrencée par Vienne et Berlin, et demain par Londres. D’autre part, en l’état actuel, le projet serait trop important pour les infrastructures hôtelières d’aujourd’hui… »
En tout cas, ce projet devrait débuter en 2020. Reste à savoir s’il résistera à la crise. Et à une autre orientation, toujours envisageable, de la politique de tourisme de congrès.
« Il y a une question à poser en ce qui concerne l’évolution du tourisme d’affaires, estime Brusa Priebe. Notamment quelle sera la forme et l’ampleur de l’industrie des rencontres dans le futur ? Aujourd’hui, on travaille avec un secteur tout de même rentable, malgré les difficultés. Mais y aura-t-il toujours, dans les années à venir, des congrès de 30 000 personnes, alors qu’on partage des connaissances par Internet et qu’on s’échange des informations à la vitesse de la lumière ? » Une question que les nouvelles têtes pensantes du tourisme azuréen devront se la poser. Des têtes pensantes qui se renouvellent en ce moment. Denis Zanon a pris ses fonctions seulement en juillet 2008. De plus, Bertrand Salama vient tout juste d’accéder à ses fonctions de directeur de marketing du palais des festivals de Cannes. Et les postes ne sont toujours pas pourvus à la tête du comité régional du tourisme riviera Côte d’Azur et du convention bureau depuis les départs à la retraite de Dominique Charpentier et d’Henri Céran. C’est peut-être le signe d’une mutation dans les perspectives du tourisme en général et du tourisme d’affaires en particulier. « Il n’y a pas de moment de flottement. On est à une conjonction de périodes, juge Zanon. Tout le monde réfléchit à la meilleure façon de gérer pour les années à venir. » Alors que Salama est moins optimiste : « Bien malin celui qui a aujourd’hui une vision claire et assurée de ce que l’avenir sera. Tous les indicateurs indiquent qu’on a touché le fond en termes de fréquentation. Et qu’en 2010 ça se stabilise, pour repartir en 2011. » Mais ensuite ?




