
A quand une comédie musicale sur Yves Rocher ou la famille Riboud, propriétaire de Danone?? Le théâtre de la ville de Malmö, en Suède, en consacre une à Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea et icône suédoise. Titre?? La Saga musicale du meuble. Tout y est?: l’enfance pauvre, humiliée, la faillite, l’alcoolisme, les plaintes des clients, etc. Jusqu’aux sympathies nazies de l’entrepreneur. Prolongations prévues. Les locaux vénèrent Monsieur Kampad, symbole du capitalisme à la suédoise. A New York, c’est un procès sur fond de guerre raciale qui fait l’objet d’une comédie musicale. Broadway propose Scottsboro boys, qui raconte l’accusation pour viol de onze écoliers noirs américains, âgés de treize à dix-neuf ans, en 1931, en Alabama. Le New York Times y voit un spectacle indigent. Vous pourrez peut-être lui préférer Le Musée de la mer, pièce de Marie Darrieussecq, montée dans un tunnel de Brooklyn. Pour une fois qu’un auteur français y suscite de l’intérêt hors du théâtre de boulevard?! Enfin, il ne vous reste plus qu’un week-end, avant la tournée française, pour goûter un des spectacles les plus réacs du moment, au théâtre de l’Atelier, à Paris?: celui de Fabrice Luchini lisant Philippe Muray, écrivain catholique décédé en 2006. L’observation des maux de la société française par Monsieur Murray est pertinente. Il moque « l’infantéide », ou la maladie de l’enfant roi, les bobos, le vocabulaire de Martine Aubry quand, ministre, elle baptisa toutes sortes de métiers nouveaux?: développeur du patrimoine, coordinateur de la petite enfance, agent d’ambiance, etc. Tout est juste, mais le spectacle, malgré le génie de Monsieur Luchini, est dans la salle?: toute la droite rassise est là, venue voir les idoles de gauche en prendre plein la figure.



