lundi 16 février 2026
AccueilCultureLe « Cinéam » : ces cinéastes amateurs qui ont raconté Monaco sur pellicule

Le « Cinéam » : ces cinéastes amateurs qui ont raconté Monaco sur pellicule

Publié le

L’Institut audiovisuel de Monaco consacre sa nouvelle exposition, au cabinet des curiosités, à un club pas comme les autres, qui a marqué Monaco par la qualité de ses images : le club des artisans cinéastes de Monaco, dit « Cinéam ». Jusqu’au 30 janvier 2026, le public pourra librement découvrir leurs œuvres.

Cinéam Exposition Institut Audiovisuel Monaco
© Photo Clément Martinet / Monaco Hebdo

C’est un travail de 25 ans. Autant d’années de reconstitution de production cinématographique d’un petit club de cinéastes amateurs, dont le talent était pourtant bien proche de celui des professionnels : le club des artisans cinéastes de Monaco, le Cinéam. Pour rendre hommage à leurs images, l’Institut audiovisuel de Monaco leur consacre une exposition libre jusqu’au 30 janvier 2026 (1) dans laquelle sont présentés des extraits d’époque, de 1951 jusqu’au milieu des années 1980. Des petits bijoux d’histoire de la principauté, reflets d’une époque encore préservée de l’opulence du numérique et enrichie par le charme du cinéma « fait maison ». Ces noms parleront aux Monégasques, à certains résidents et aux amoureux de la principauté, en général : Jean-Claude Torrel, Félix Lavagna, Georges Reinhard, Roger Durand, Jean Musso, José Badia, Georges Giauffrer, Éric Marangoni, Olivier Bonello et quelques autres encore, partagent l’affiche de cette aventure cinématographique, mise en avant dans cette nouvelle exposition de l’Institut audiovisuel de Monaco. Un coup de projecteur met également en avant le cinéaste amateur Roger Durand, figure marquante de ce club, décédé en juillet 2023, membre de 1953 à 2003, qui a formé beaucoup de générations de passionnés. Parmi eux, deux membres sont passés professionnels : Olivier Bonello est devenu cameraman et a monté MCproduction. Quant à Georges Giauffrer, il est devenu réalisateur pour la télévision, et s’est spécialisé dans le sport automobile. Cette exposition met en avant quelques clichés de la collection récupérée au début des années 2000 par l’Institut. Six écrans présentent des extraits de 50 films, dont certains seront projetés sur le grand écran de la Petite Salle de l’Institut, dans le cadre d’une programmation baptisée Le Cinéam, au fil des saisons. Ces programmes de projection seront, le plus souvent, animés par d’anciens membres du club.

Ces noms parleront aux Monégasques, à certains résidents et aux amoureux de la principauté, en général : Jean-Claude Torrel, Félix Lavagna, Georges Reinhard, Roger Durand, Jean Musso, José Badia, Georges Giauffrer, Éric Marangoni, Olivier Bonello et quelques autres encore, partagent l’affiche de cette aventure cinématographique

Une mémoire singulière

Dans cette collection, les films sont très variés : on y retrouve de la fiction, de l’essai et du documentaire. Autant de reflets des ambitions de cette bande de rêveurs qui voulait faire du cinéma comme les grands du septième art, en « format réduit ». Avec de l’imagination, du travail et un peu de culot, ils ont agrandi cette collection, mémoire singulière de Monaco, par des productions artisanales aux titres parfois évocateurs : Altitude moins soixante, Je suis une criminelle, Goutte d’eau, Pourquoi courent-ils ?, ou encore Le Sommeil de la pierre. Découvrir ces œuvres, c’est redonner vie à cette passion collective, qui redonne en même temps la mémoire d’un Monaco différent de celui que l’on connaît maintenant. Les recherches effectuées pendant les préparatifs de cette exposition ont, en effet, permis de dénicher certains documents considérés comme perdus jusqu’alors, et heureusement conservés par la famille des auteurs. Car, à l’instar des grands reporters, les cinéastes amateurs de Monaco avaient la volonté de raconter la principauté. Ils filment la libération de Monaco en 1944, puis le prince Louis II (1870-1949) pour les 25 ans de son règne. Ils filment, des années durant, les fêtes nationales, les événements dynastiques, le sport, la culture. Tout Monaco, en somme.

Cinéam Exposition Institut Audiovisuel Monaco
© Photo Clément Martinet / Monaco Hebdo

Deux membres sont passés professionnels : Olivier Bonello est devenu cameraman et a monté MCproduction. Quant à Georges Giauffrer, il est devenu réalisateur pour la télévision, et s’est spécialisé dans le sport automobile

Cinéam Exposition Institut Audiovisuel Monaco
© Photo Clément Martinet / Monaco Hebdo

Des ambassadeurs

D’autres films ont davantage une ambition artistique. Leurs images ont ainsi servi à faire la promotion touristique de la principauté. Le gouvernement, ayant commis l’intérêt de s’appuyer sur le savoir-faire de ces passionnés, pas vraiment portés par l’argent, leur confie en 1981 la mission de filmer les étapes des grands chantiers du prince Rainier III (1923-2005) : le parking des Pêcheurs, le stade Louis II, l’église Saint-Nicolas, ou encore le tunnel de Serravalle, pour ne citer qu’eux. Ces chantiers ont été immortalisés « avec un soin tel que ces images, parfois spectaculaires et souvent inédites, constituent aujourd’hui un matériau d’archive incomparable pour documenter les changements urbanistiques du Monaco des années 1980 », témoigne Estelle Macé, commissaire de l’exposition. C’était, d’ailleurs, la mission de ce club : « Créer et conserver des archives cinématographiques, caractéristiques des événements de Monaco et de son évolution. » Dans les année 1980, le Cinéam a connu des changements structurants, tournant la page d’une époque révolue. Il existe toujours en effet, mais différemment : le Cinéam s’est émancipé du Studio de Monaco, avec qui il était rattaché en 1951, pour déposer ses propres statuts et s’installer dans un local du stade Louis II. Baptisé aujourd’hui le Club images de Monaco, il se consacre davantage à la photographie, mais l’esprit créatif reste le même.

1) Du 17 mars 2025 au 30 janvier 2026, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30 (16 h 30 le vendredi).

Les cinéastes amateurs de Monaco avaient la volonté de raconter la principauté. Ils filment la libération de Monaco en 1944, puis le prince Louis II (1870-1949) pour les 25 ans de son règne. Ils filment, des années durant, les fêtes nationales, les événements dynastiques, le sport, la culture. Tout Monaco, en somme

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail