mardi 28 avril 2026
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Hugo Becker dans la peau du roi Henri II

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L’acteur français est à l’affiche de la mini-série historique Diane de Poitiers, la presque reine, diffusée les 7 et 14 novembre sur France 2, où il interprète le roi Henri II sous la Renaissance aux côtés d’Isabelle Adjani. Un rôle pour lequel ce grand amateur d’Histoire a dû donner de sa personne, comme il l’a confié à Monaco Hebdo, à l’occasion du dernier festival de télévision de Monte-Carlo, en juin 2022.

Un jour commis de cuisine repris de justice dans Chefs, un autre astronaute dans Le Dernier Voyage. Que ce soit sur les planches ou à l’écran, Hugo Becker ne cesse de se réinventer. Prochainement, c’est dans la peau d’Henri II (1519-1559) que les téléspectateurs pourront voir le natif de Metz donner la réplique à Isabelle Adjani, qui interprète Diane de Poitiers. Cette mini-série (2 épisodes de 90 minutes), consacrée à celle qui fut la maîtresse de l’ancien roi de France sous la Renaissance, sera diffusée les 7 et 14 novembre 2022 sur France 2.

Hugo Becker
© Photo Nicolas Gehin / Monaco Hebdo

De Louis Grimaldi à Henri II

Incarner un personnage historique n’est pas une première pour Hugo Becker. Au début des années 2010, l’acteur français de 35 ans avait en effet déjà campé le rôle du prince Louis Grimaldi dans la série américaine Gossip Girl. Une interprétation alors bien éloignée de ses origines lorraines : « C’était il y a longtemps. Comme pour tous les personnages, je me suis préparé en amont. Je me suis renseigné, j’ai regardé des documentaires. C’était un rôle qui était très loin de moi. Donc il fallait que je me renseigne un petit peu puisque je suis né à Metz, dans l’est de la France, dans une famille qui n’est pas du tout princière », confesse Hugo Becker qui n’avait jamais mis les pieds en principauté avant sa participation au dernier festival de télévision de Monte-Carlo en juin dernier. Depuis Gossip Girl (2007-2012), la carrière d’Hugo Becker a littéralement explosé. Le Lorrain, élu « jeune talent » au festival de Cannes en 2010, puis lauréat du Prix Adami du meilleur espoir masculin au festival de Luchon en 2014, s’est illustré dans de nombreux films comme L’Assaut (2010), La Proie (2011), ou encore Le Dernier Voyage (2021) aux côtés de Jean Reno. Mais aussi dans des séries à succès telles que Baron Noir (2016-2020), Dix pour cent (2015 – en cours de production), Au service de la France (2015-2018) ou plus récemment Leonardo (2022) et Je te promets (2021 – en cours de production), remake français de This is us (2016-2022). Véritable touche-à-tout, celui qui est également scénariste et réalisateur partage cette année l’affiche avec Isabelle Adjani dans Diane de Poitiers, la plus que reine. Hugo Becker y interprète avec brio le roi Henri II, entouré d’un casting de choix avec, outre Isabelle Adjani, Samuel Labarthe dans le rôle de François Ier, Gérard Depardieu dans la peau du mage Nostradamus, Virginie Ledoyen (Anne de Pisseleu), JoeyStarr (le comte de Kervannes) sans oublier Guillaume Gallienne qui campe Ambroise Paré.

« C’était un rôle [Louis Grimaldi dans Gossip Girl – NDLR] qui était très loin de moi. Donc, il fallait que je me renseigne un petit peu, puisque je suis né à Metz, dans l’est de la France, dans une famille qui n’est pas du tout princière »

« La préparation des rôles, c’est ce qui me plaît le plus »

Pour incarner l’ancien roi de France dans cette série, écrite par Didier Decoin et réalisée par Josée Dayan, Hugo Becker n’a pas hésité à donner de sa personne puisque l’acteur français a dû apprendre à monter à cheval en un temps record. « J’ai eu une chance de fou, parce que j’ai pu m’entraîner avec Mario Luraschi, qui est l’un des plus grands voltigeurs et cascadeurs. Il a formé beaucoup de gens avec ses équipes. Tous les dimanches, pendant un mois et demi, j’allais m’exercer avec lui. J’ai aussi eu un entraînement à l’escrime. C’était assez intense, parce qu’on tournait aussi la semaine. Je n’avais pas de jour «off». Mais c’était génial, confie Hugo Becker. J’ai bien conscience de la chance que j’ai. On est payé pour recevoir des cours particuliers où on peut se perfectionner… Ce projet, Diane de Poitiers avec Isabelle Adjani, est une vraie réussite », se félicite-t-il. Cette expérience équestre ne fut pas vaine pour le jeune acteur, qui a récemment pu la mettre à profit pour un autre projet : « Après Diane de Poitiers, on m’a proposé le film Vaincre ou mourir, dont je viens de finir le tournage il y a un mois et demi [l’interview a été réalisée samedi 18 juin 2022 — NDLR]. C’est un film historique sur la guerre de Vendée, qui sera distribué par Studio Canal. C’est un gros projet, avec des scènes qui comptent mille figurants. J’avais pas mal de cascades. Du coup, j’ai eu droit à un deuxième entraînement avec les cavaliers du Puy du Fou. C’était génial ». S’il s’est tantôt rêvé pilote de chasse, tantôt écrivain, Hugo Becker vit aujourd’hui sa carrière d’acteur à fond et aborde chaque rôle avec beaucoup d’envie et d’enthousiasme : « La préparation des rôles, c’est ce qui me plaît le plus car on apprend des choses. J’avais fait une série pour la BBC [Silent Witness (1996 – en cours de production) — NDLR], pour laquelle je m’étais entraîné un mois et demi avec les footballeurs de Charlton. C’était un truc de fou. À la mi-temps d’un match à l’Emirates [le stade d’Arsenal — NDLR], devant 70 000 spectateurs, on avait profité de la pause pour que je mette une lucarne, que je fasse un vol plané et que je donne un coup de tête à un mec. Dans ces conditions réelles, c’était très amusant. Rentrer dans des univers auxquels je n’aurais jamais eu accès me plaît énormément ».

« On ne décide pas tout, on est aussi dépendant des propositions que l’on a. J’ai beaucoup de chance, car les réalisateurs et les producteurs me proposent des rôles très différents »

Bientôt aux côtés de John Malkovich et de Juliette Binoche

Ce sera encore le cas dans sa prochaine série baptisée The New Look, dans laquelle Hugo Becker endossera cette fois le costume de résistant aux côtés de John Malkovich et Juliette Binoche. « Je voulais tourner en anglais, je l’avais fait sur Leonardo récemment. Et puis, j’apprends que le showrunner est le cocréateur de la série Soprano (1999-2007) et de Bloodline (2015-2017), Todd A. Kessler. Il est à la tête de ce projet, rien que ça… Sans parler du casting : Juliette Binoche, John Malkovich, Ben Mendelsohn, Maisie Williams. Difficile de refuser une telle proposition », explique l’acteur. Avant de « pitcher » ladite série : « C’est un thriller qui se passe durant la Seconde Guerre Mondiale, et qui suit le parcours de grands couturiers comme Christian Dior, Coco Chanel, Lucien Lelong et leur rapport au régime nazi, à celui de Vichy et à la Résistance. Il y a beaucoup de zones grises sur cette période ». Dans The New Look diffusée sur Apple TV+, Hugo Becker incarne Hervé des Charbonnieres, un résistant ayant réellement existé et qui est devenu après la guerre le mari de Catherine Dior. Un rôle, qui lui tient particulièrement à cœur : « Mon grand-père était résistant. Il n’est plus là aujourd’hui mais c’est quelqu’un pour qui j’avais une admiration sans commune mesure. J’étais heureux de faire ça pour lui ». Après Leonardo, Diane de Poitiers et Vaincre ou Mourir, le Lorrain confirme une nouvelle fois son goût pour les œuvres historiques : « C’est vrai que c’est souvent revenu dans les projets qui m’ont intéressé ces derniers temps. Quand j’ai fait Henri II, j’ai pu parler pendant des heures avec un mec qui avait un master sur François Ier, son fils ».

Hugo Becker
© Photo Nicolas Gehin / Monaco Hebdo

« [À propos de The New Look] Le showrunner de la série est le cocréateur de la série Soprano et de Bloodline, Todd A. Kessler. Rien que ça… Sans parler du casting : Juliette Binoche, John Malkovich, Ben Mendelsohn, Maisie Williams. Difficile de refuser une telle proposition »

« J’essaie de ne jamais faire deux fois la même chose »

Tour à tour commis de cuisine dans Chefs (2015-2016), militaire pilote de drones dans Pilote (2022), politicien dans Baron Noir, rappeur-voyou dans Paradise Beach (2019) ou encore astronaute dans Le Dernier Voyage (2020), Hugo Becker est un véritable acteur caméléon, capable de s’adapter à n’importe quel rôle et n’importe quel univers. Un don que le comédien tient toutefois à relativiser : « On ne décide pas tout, on est aussi dépendant des propositions que l’on a. J’ai beaucoup de chance car les réalisateurs et les producteurs me proposent des rôles très différents. De Baron Noir à The New Look en passant par Le dernier voyage où je joue un astronaute. Mais très tôt, et très vite, j’ai essayé de ne jamais faire deux fois la même chose. Par exemple, je suis passé rapidement de Chefs où je jouais le rôle d’un homme qui sortait de prison, à la série Au service de la France (2015-2018), qui est une série satirique barrée, avant de devenir un mec avec des dents en fer et des tatouages dans Paradise Beach. C’était un vrai combat de ma part au départ, mais ce n’est plus le cas. On me propose vraiment des choses différentes et ça me plaît. Je vais bientôt faire un film sur les punks, sans doute parce que je suis souvent hors des clous et que ça plaît ». Pourrait-on à l’avenir le voir passer derrière la caméra pour développer ses propres projets ? Après avoir signé quelques courts-métrages et clips vidéo pour Damien Saez ou Marina Kaye, Hugo Becker y pense : « J’ai des choses en tête, oui. Ça me titille. Il est important de proposer des choses. Au fur et à mesure que l’on tourne avec des personnes très différentes, on apprend d’eux et ça donne vraiment envie. Mais il faut avoir une proposition intéressante, car il y a beaucoup de personnes brillantes. Si on veut faire un thriller social, il est difficile de faire mieux que Jacques Audiard. Si on veut faire une comédie dramatique positive, Klapisch et Bezançon sont très bons. Si on veut faire un truc fou, il y a Hazanavicius. Faire mieux que ces mecs-là, c’est compliqué. Mais il faut oser ».

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