Jeep a longtemps a incarné une certaine idée de la liberté motorisée. Des silhouettes anguleuses, des moteurs gourmands, une promesse d’évasion. Mais les temps ont changé. L’Europe aussi, et avec elle, les règles du jeu automobile. Après avoir trouvé un nouveau souffle grâce à l’Avenger, Jeep poursuit sa mue avec le Compass, un modèle charnière entre héritage et adaptation, disponible à partir de 43 890 euros en électrique. Voici le test de Monaco Hebdo, réalisé autour de Turin. Par Jimmy Meloni
Le succès de l’Avenger n’a rien d’anecdotique. En optant pour un SUV compact, au dessin moins radical et aux motorisations électrifiées, Jeep a su élargir son public, sans renier totalement son image. Le nouveau Compass s’inscrit clairement dans cette logique. Plus grand et plus familial, il reprend les codes esthétiques de la marque, tout en les lissant. Les lignes restent robustes, la posture affirmée, mais l’ensemble se veut plus consensuel. Le Compass ne cherche pas à impressionner, mais à convaincre. Le succès de l’Avenger n’a rien d’anecdotique. En optant pour un SUV compact, au dessin moins radical et aux motorisations électrifiées, Jeep a su élargir son public, sans renier totalement son image. Le nouveau Compass s’inscrit clairement dans cette logique. Plus grand et plus familial, il reprend les codes esthétiques de la marque, tout en les lissant. Les lignes restent robustes, la posture affirmée, mais l’ensemble se veut plus consensuel. Le Compass ne cherche pas à impressionner, mais à convaincre.

Cousin du Peugeot 3 008
Cette évolution stylistique accompagne un virage technique assumé. Conçu sur une plateforme partagée du groupe Stellantis, commune notamment au Peugeot 3008, le Compass revendique une conception résolument européenne. Fabriqué en Italie, à Melfi, il n’est plus question ici de folklore ou de nostalgie américaine, mais d’efficacité industrielle et de cohérence technologique. Une base moderne, pensée pour les usages quotidiens, les normes strictes et les attentes d’un marché en pleine mutation. À bord, cette volonté de rationalité se confirme. L’habitacle privilégie la clarté à l’esbroufe. Les matériaux sont bien choisis, l’assemblage est soigné, et l’ergonomie est convaincante. Généreux sans être envahissants, les écrans répondent aux standards actuels. Le Compass ne cherche pas à séduire par des artifices, mais à rassurer : tout est à sa place, rien ne distrait inutilement.
Facile à prendre en main
C’est sur les routes de la région de Turin que Monaco Hebdo a pu tester le Compass électrique. Dès les premiers kilomètres, ce SUV se montre facile à prendre en main. La motorisation électrique apporte une douceur appréciable, des accélérations franches grâce aux 213 chevaux et un silence de fonctionnement qui renforce le sentiment de confort. La direction est précise, le comportement routier sain, la stabilité rassurante. Le tableau est toutefois nuancé par un réglage de suspension plutôt ferme. Sur des chaussées dégradées, le Compass rappelle qu’il n’a pas été conçu uniquement pour le moelleux urbain. Ce choix de compromis privilégie la tenue de route et la rigueur du châssis. Une orientation cohérente avec le discours de la marque, même si cette version électrique se contente de deux roues motrices. Les artifices visuels et le sélecteur de modes de conduite évoquent l’aventure, mais sans transmission intégrale, celle-ci reste avant tout symbolique. Les puristes devront patienter : une déclinaison électrique 4xe de 375 chevaux à quatre roues motrices arrivera dans quelques mois.

Promesse d’évasion
Côté autonomie, le Compass électrique se situe dans la norme du segment. Les chiffres annoncés, c’est-à-dire 500 kilomètres théoriques, autorisent un usage quotidien sans contrainte majeure, qu’il s’agisse des trajets domicile-travail ou des déplacements périurbains. La recharge rapide permet de récupérer une part significative d’énergie en un temps raisonnable. Ici encore, Jeep joue la carte de l’équilibre plutôt que celle de la surenchère technologique. Reste la question du positionnement. Proposé à un tarif comparable à celui de ses principaux concurrents, y compris au sein de la galaxie Stellantis, le Compass devra faire valoir autre chose que ses seules caractéristiques techniques. Son image, son style et la promesse d’évasion constituent ses principaux atouts. Plus qu’un véritable baroudeur, le Compass électrique est avant tout un SUV de son temps : rationnel, bien pensé, et suffisamment évocateur pour continuer à faire rêver.



