dimanche 26 avril 2026
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Après la grève du 10 avril, d’autres mouvements à prévoir d’ici juin ?

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Entre 750 et un peu plus de 1 000 manifestants ont défilé le 10 avril 2026 en Principauté à l’appel de l’Union des syndicats de Monaco (USM). Derrière la contestation de la réforme des retraites se trouve une accumulation de revendications sociales qui traduit un climat de crispation inédit depuis plusieurs années. Deux cortèges, partis de Fontvieille et de l’église Saint Charles, se sont rejoints place Sainte Dévote, avant de poursuivre leur marche jusqu’aux caisses de compensation des services sociaux. Fonctionnaires, salariés de l’hôtellerie, de la restauration, du spectacle ou encore du bâtiment : la mobilisation du 10 avril a rassemblé des profils variés. Au cœur de la mobilisation, la réforme de la caisse autonome des retraites (CAR), adoptée en 2012. Les syndicats en demandent l’abrogation, estimant qu’elle pénalise les salariés. Selon leurs calculs, elle représenterait, sur l’ensemble d’une carrière, une perte équivalente à huit années de droits. Une lecture contestée par le gouvernement monégasque, qui met en avant une réalité démographique : l’allongement de l’espérance de vie qui fragilise l’équilibre du système. Si les caisses monégasques restent globalement excédentaires, l’exécutif prépare néanmoins une nouvelle réforme [à ce sujet, lire notre dossier spécial Réforme des retraites : ce qui se prépare pour 2026, publié dans Monaco Hebdo n° 1397 — NDLR]. Un groupe de travail doit remettre ses conclusions en juin 2026. Parmi les pistes évoquées : allongement de la durée de cotisation, hausse des contributions ou ajustement des pensions. Autant de scénarios qui inquiètent les syndicats et qui ont contribué à servir de déclencheur à cette mobilisation. Au-delà du seul dossier des retraites, l’USM estime que les salariés ont perdu près de dix points dans la répartition de la richesse produite, en un peu plus d’une décennie. Dans ce contexte, toute nouvelle demande d’effort apparaît, aux yeux des manifestants, difficilement acceptable. Les syndicats plaident pour une contribution accrue des employeurs. Ils réclament également une revalorisation du salaire minimum monégasque (SMIM), porté de 2 000 à 2 620 euros pour 39 heures hebdomadaires, ainsi qu’une indexation généralisée des salaires sur le coût de la vie. Cette mobilisation a également permis de relayer plusieurs revendications sectorielles. Les auxiliaires de puériculture dénoncent des conditions de travail difficiles (pénibilité, manque de personnel, absentéisme, absence de réponses). Les syndicats critiquent aussi le manque de formation professionnelle à Monaco et l’insécurité liée à l’article 6 de la loi de 1963, permettant un licenciement sans motif. L’USM restera mobilisée au moins jusqu’en juin 2026, dans l’attente des conclusions sur la réforme des retraites.

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